‹ Le Marché Agricole Français Et Les Interventions De L'ÉtatChapitre 7 sur 83 · A. F. E. A., revue L’Expansion agricole · texte numérisé non relu

A. F. E. A., revue L’Expansion agricole

dire que leur objet n’était pas toujours la protection sanitaire du marché qu'elles rendaient inaccessible.

Cette situation du marché français dans l'impossibilité d'exporter, pour les raisons qu’on a vues, obligeait les Pouvoirs publics à intervenir pour limiter le seul facteur de déséquilibre susceptible d’être directement modifié : l'importation. Tel a été le but qu’on s’est proposé en adoptant une politique commerciale protectionniste. Après seulement, on a constaté que cette action des Pouvoirs publics pouvait être un moyen de conquête des marchés étrangers .

Le Gouvernement français, qui avait finalement cédé aux instances des a’ riculteurs réclamant des tarifs protecteurs, était encouragé dans la voie des interventions par deux des aspects de la crise, dont il ne pouvait méconnaître les graves conséquences : la chute des cours et le déficit croissant des exploitations agricoles.

29 Chute des cours.

Lorsqu'on veut se rendre compte de la chute des cours des produits agricoles, il suffit de rapprocher les prix de 1927 et de 1932 pour quelques productions. Par exemple, pour le blé et le bétail.

En 1926, le cours du blé était à 246 fr. le quintal; en 1931, il se stabilisait au cours de 165 fr. ; il y restait jusqu’à juillet 1932, après quoi il tombait verticalement.

Le prix du bétail suivait une marche assez semblable : le kgr. de mouton tombait, en poids net, de 14 fr. 20, pendant le second trimestre 1930, à 10 fr. 41, en 1932. Le bœuf de 1930 à 1931, passait de 12 fr. 45 à 7 fr. 50 environ le Kkgr.

30 Déficit croissant des exploitations agricoles.

On comprend, dès lors, le déficit croissant des exploitations agricoles. Leurs charges, en effet, ne diminuaient pas dans la même proportion, pour les raisons qu’on a étudiées. Elles étaient ou difficiles à réduire, ou totalement incompressibles, telles que le fermage dû aux propriétaires, les intérêts aux créanciers, les transports, les engrais et les impôts.

En conséquence, la marge bénéficiaire est devenue souvent négative.

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