‹ Le Marché du Vin à ParisChapitre 12 sur 27 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

L'action collective

Section I

L'action collective ouvrière

L'action collective ouvrière est nulle. L’ouvrier des entrepôts est mal payé depuis la guerre : sa semaine reste autour de 200 fr. alors que certaines corporations en faisait normalement le double !... Mais en contre partie, l’ouvrier est payé à la semaine, et il suit les à-coups de la plus ou moins grande quantité de travail. Cependant, il n’a jamais remué. C’est qu’il doit être content de son sort, et en effet, la vie dans les entrepôts est restéeune viecalme, sans machinisme, sans surmenage chaque fût est à surveiller de très près (mauvais goût, fuite) ce qui exclut les méthodes de travail rapide et à gros rendement. Si nous ajoutons à cela un élément non négligeable, la présence du vin a porté de sa main et dont la consommation a été souvent laissée à son libre arbitre (il doit cependant faire son travail |...) on comprend qu’il y ait un facteur de stabilité. La gaîté que donnelevinà ceux quien usent fait que l’ouvrier des entrepôts n’est pas l’homme mauvais et méchant dont nous parle Proud’hon. Ajoutons qu'avec la petite entreprise, seule forme qui existait, le patron reste en contact plus

ou moins direct avec ses ouvriers. Donc, pas de mouvement ouvrier, ni de concentration, ni de révolution. Cependant je dois mentionner la présence de deux syndicats, l’un rattaché à la C.G.T. et l’autre à la C.G.T.U.

Quant aux maisons à gros machinisme, elles sont presque toutes en banlieue. Et avec ce machinisme naît un travail complètement différent : il tend à devenir un travail d'usine, les ouvriers n’ayant même plus besoin d’être du métier.

Section II L'action collective patronale

Par contre, les négociants en gros se sont groupés, non pas pour résister aux prétentions ouvrières, mais dans un but économique et pour s’occuper du marché. En 1902 ils ont formé la « Chambre syndicale du commerce en gros des vins et spititueux de Paris et du département de la Seine », «Chambre syndicale »et «Union » réunies. Elle ne comprend donc pas que des négociants en vins. Pendant la guerre, elle a atteint le maximum de ses membres ; la crise actuelle semble influer sur le renouvellement des cotisations. Elle possède un comité des mercuriales donnant le cours des vins sur la place de Paris. Elle tient ses adhérents au courant de l’évolution du droit et de la jurisprudence intéressant cette partie, elle centralise les offres et les demandes d'emploi etc.

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