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Chapitre premier

L'intermédiaire entre le négociant de Paris et le producteur

Section I Le courtier

Normalement, le courtier est l’intermédiaire nécessaire entre le marchand en gros et le producteur. Sur la place de Paris, nous le trouvons spécialisé dans le commerce des vins. Cependant, il peut servir aussi à mettre en relation des marchands en gros de la place.

Avant la loi de 1866, le nombre des courtiers était limité ; aujourd’hui, tout le monde peut exercer cette profession. Mais ils n’ont plus de fonctions officielles, sauf les courtiers assermentés, agréés par le tribunal de commerce, qui constituent une petite minorité. Dans le commerce des vins, ces courtiers officiels prennent le nom de « courtiers-gourmets piqueurs de vin », et ont qualité judiciaire et extra-judiciaire : expertise, vente par autorité de justice, warrants, etc...

Les fonctions de courtier libre ayant perdues de leur importance, il ne sert plus qu'à mettre les parties en présence, puis il se désintéresse du marché : les parties débattent le prix et dressent elles-mêmes leurs factures. Cependant, il peut être appelé à jouer le rôle de mandataire, et il représente l’une des parties : le vendeur qui n’est pas sur place pour traiter. Dans ce cas il se rapproche du commissionnaire.

En général, il possède une certaine clientèle, et est en relations suivies avec des courtiers ou des commissionnaires se trouvant à la propriété.

On peut dire que le courtier de Paris, et son correspondant à la propriété constituent le rouage normal entre le producteur et le marchand en gros. Cependant, les grosses sociétés peuvent se passer de ses services en allant acheter sur place.

Section II

Le syndicat des producteurs

« De bonne heure, des syndicats ont été créés entre viticulteurs, d’abord pour l’achat en commun de produits nécessaires à la culture, puis pour faciliter le travail de reconstitution des vignobles après l’invasion du phylloxéra, enfin pour assurer dans de meilleures conditions la vente des vins des adhérents ; mais en dehors de quelques essais infructueux dans la Marne en 1893, la création de coopératives proprement dites de production et de vente en viticulture ne remonte pas à plus de trente ans.

« Ce sont les circonstances économiques qui ont con-

duit les petits et les moyens viticulteurs à créer d’abord des syndicats, ensuite des caves et des distilleries coopératives, la plupart avec l’aide du crédit agricole ».

Ce début du rapport sur la « coopération vinicole en France », présenté au 112 congrès international de la vigne et du vin qui s’est tenu à Barcelone en 1929, par M. Tardy, directeur général de la caisse nationale du crédit agricole, nous parle d’un mouvement de groupement chez le producteur, groupement par lequel il faut passer pour l’achat du vin. Grâce au crédit agricole, les caves coopératives de vinification ont pu se monter, s’outiller, faciliter le logement des vins en attendant leur écoulement afin que les cours sur le marché au moment de la récolte ne soient pas avilis comme cela se passait jadis, lorsque le propriétaire isolé ne possédait pas assez de logement pour rentrer toute sa récolte, surtout les bonnes années. Il était alors obligé d’écouler son excédent à bas prix. Maintenant, avec la capacité des cuves en ciment verré, le vin n’est plus jeté sur le marché d’un seul bloc. Ce qui peut faire dire que c’est à la propriété que se trouve maintenant le stock régulateur : le marchand en gros n’a plus le même intérêt à acheter en début de campagne, comme il le faisait jadis, les cours pouvant descendre dans l’année. A plusieurs point de vue, la cave coopérative présente des avantages pour le producteur : le travail du vin est centralisé, un crédit peut être ouvert sur le vin en attendant sa vente, la récolte ne pèse pas sur le marché dès le début de campagne et les cours sont moins avilis.

Section III L'achat direct par intégration de la propriété.

Il arrive parfois que le marchand en gros s’intègre une ou plusieurs propriétés dont il vend la récolte. En général, il ne le fait que dans un but de réclame, et il est rare qu'elles lui fournissent tout le vin dont il a besoin.

Mais le cas contraire est plus intéressant. Nous assistons à un essai de contact direct entre le producteur et le consommateur. Comme exemple le plus net, nous voyons des producteurs algériens posséder leur maison de vente à Paris. Ce mouvement pourrait fort bien prendre un assez grand développement, si le récoltant veut réagir contre la tendance actuelle vers le « goût standard » avec ce corollaire : la mise à l’index de telle ou telle contrée qui ne voudrait pas se plier aux exigences des marchands en gros de moins en moins nombreux. Nous reviendrons sur cette question. | |

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