Chapitre Il
Période des achats
Comme nous venons de le voir, avant guerre le marchand en gros avait un certain intérêt à acheter au début de la campagne; cependant il pouvait préférer lPachat d’un vin clarifié, à moins qu’il préfère spéculer et acheter à un moment où la récolte prévisible, n’était pas définitivement connue. Nous avons ainsi trois sortes d’achat :
19 L’achat sur souches : le raisin est encore attaché à la vigne et on ne connaît ni la récolte, ni le prix qu’il y aura au moment des vendanges. Une fois les dernières gelées passées, c’est-à-dire fin avril, la récolte est prévisible, mais court encore de très nombreux aléas : grêle, piuies persistantes, etc. En général les achats sur souches se traitent au beau temps : août et septembre. Ce n’est donc qu’une pure spéculation peu intéressante, car si les prix sont plus haut, le vigneron n’appor-. tera peut être pas tous les soins désirables dans la formation de son vin et si les cours sont plus bas, on perd la différence.
Remarquons qu'avant guerre, le vigneron ayant l’habitude de faire de la bonne qualité, l’achat sur souche, comme l’achat du vin, en général, se traitait à l’hectolitre. Aujourd’hui, il est beaucoup plus prudent de passer son
marché au degré-hectolitre. Sur ce point, mentionnons l’art. 13 de la loi du 4 juillet 1931. « En cas de vente sur souches, sur la base d’un degré déterminé, le prix ne pourra être fixé que sous réserve d'augmentation ou de diminution de ce prix, selon que le vin une fois produit fera apparaître une richesse alcoolique supérieure ou inférieure au degré prévu ».
20 L'achat du vin nouveau : Cet achat se fait aussitôt après les vendanges : dès la fin de septembre Paris reçoit ainsi du vin. Mais le vin n’est pas « fait », il faut le travailler, le soutirer pour le clarifier et pour qu’il soit vendable, aussi pratique-t-on la troisième forme.
3° L'achat du vin dépouillé, clarifié. Il se pratiquait jadis, en décembre. C’est l’achat qui donne le moins de surprise, mais aussi que l’on paye au plus juste prix. Les prix sont stabilisés, la récolte totale étant connue, et si la récolte a été trop abondante, les vins qui ne pouvaient pas être logés ne pèsent plus directement sur le marché, Avant guerre, c'était le procédé d'usage. Aujourd’hui le filtrage assure cette clarification et Paris possède des vins « clairs » dès le début d’octobre !