‹ Le Marché Financier de Paris: Sous le Second EmpireChapitre 10 sur 37 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La Banque de France, pendant le Second Emptre avait consolidé sa situation légale : son monopole de fait, que le gouvernement avait presque consacré, ne devait plus être discuté. Elle avait encore 27 années à jouir de son privilège. Ses opérations tant par l’aug-

7 (1) Enquête. Rapport de LAVENAy résumant les débats.

mentation de ses succursales, que par les emplois nouveaux qu'elle pouvait donner à ses disponibilités infiniment accrues, avaient plus que quintuplé en 18 ans. Elle présidait à de nombreux règlements entre Banquiers, c'était elle qui dirigeait l’activité des affaires. Des critiques dont elle avait été l’objet, elle avait utilisé les unes pour le plus grand profit du pays, elle avait combattu les autres et s’était justifiée. Elle s était montrée plus libérale que jamais dans le choix des papiers escomptables (1), elle avait su, mieux que la Banque d’Angleterre (2), entravée dans des règlements trop étroits, user de l’arme du taux de l’escompte. Elle avait su se montrer digne de son rôle de première Banque française, à une époque où Paris était reconnu universellement pour le premier marché de capitaux. (1) Quand le taux de l’Escompte variait seulement entre

3 et 4 0/0 la Banque rejetait dans une proportion beaucoup plus considérable les demandes d’escompte :

An VIII — 1812 proportion rejetée 30 o/o 1832 14 »:

1841 — 1842 6" Depuis 1857 2 » au maximum

Enquête... Dépos. des délég. de la B. de F.: ROULAND, D )116: :

(2) Comparaison des taux d'escompte de la B. d. F. et de la B. d'Angleterre de 1844 à 1878, soit 12.170 jours :

Taux Angl. France

2 172 174 1/8 dutotal

3 2.682 1,518 jours

6 ; 688 1.170 (guerre 1870-71) 7 577 297

Voy. Bulletin de statistique du Ministère des Finances cité par BOUSQUET, op. cit., p. 229. Voy. aussi sur la supériorité de la politique française : BONNET dans la Rev. 2 Mondes, 1: déc. 1866 et BACEHOT : Lombard street, trad. fr. p. 68.

Page 1