‹ Le marché financier en 1900-1901Chapitre 65 sur 132 · DÉPOTS EN GARDE · texte numérisé non relu

DÉPOTS EN GARDE

(Titres appartenant à des particuliers)

m in

Nombre des livrets

Montants en

milliers de

roubles

Nombre de Caisses

Nombre des livrets

Montants en

milliers de

roubles

Plus value comparativement à la situation du 1"' Janvier

St. Pétersbourg...

Moscou

Succursale de la Banq de Russie

Trésoreries

Douanes

stations de chemin de fer d'Etat. . .

Caisses administrées par les municipalités

Succursales de la Banque Russo- Chinoise et à Port-Arthur . . .

lie

Fabriques et usines

Caisses d'épargne postales

Total

rareté des Capitaux ont été universels en 1900, le taux d'escompte des principales banques européennes a atteint un niveau élevé et ces faits ont eu aussi leur influence sur les cours et sur les dispositions du public.

L'ensemble de ces circonstances a, d'autre part, produit un état de méfiance, et ce fait d'ordre psychologique a eu aussi sa répercussion sur les cours, en dépréciant les valeurs môme les plus soUdes dont la chute a été absolument injustifiée.

La Bourse de Saint Pétersbourg étant un marché de valeurs

locales, répreuve a été rendue particulièrement dure par quelques banqueroutes d'entreprises de banque et d'entreprises industrielles à Saint-Pétersbourg, à Lodz, à Varsovie, sur la Volga et par Tétat précaire des autres. Seuls les fonds d'Etat, les emprunts à lots et les actions des compagnies de chemins de fer n'ont pas fléchi ou à peine dans le courant de Tannée. Toutes les autres actions des entreprises de banque et industrielles ont baissé et la cote du commencement de 1901 a été au dessous de celle du commencement de l'année précédente. Le mouvement de baisse a été particulièrement rapide pendant la première moitié de 1900. Principalement sous l'influence des nouvelles qui arrivaient de la Chine et qui promettaient une issue pacifique des complications d'Extrême-Orient, les cours se sont relevés dans les premiers jours du mois d'août.

Entre la cote des principales actions du 3 août et la cote du 1" juillet la différence est très sensible. C'est ainsi que les actions de la Banque russe pour le commerce étranger ont monté de 45 roubles (jusqu'à 304), celles de la Banque internationale aussi de 45 roubles (385), celles de la Banque d'escompte de Saint-Pétersbourg de 90 roubles (560) ; parmi les valeurs des entreprises de naphte, les actions de la Société Montacheff ont augementé de 75 roubles (353) et parmi les valeurs des usines métallurgiques les actions de la Société Alexandrovsky ont monté de 49 roubles (147).

Mais ces tendances fermes n'ont pas duré longtemps ; elles ont vite fait place aune nouvelle baisse et comme nous l'avons déjà indiqué, toutes les valeurs, sauf quelques exceptions, ont sensiblement baissé dans le courant de l'année. Ce mouvement a enveloppé même les valeurs les plus solides, comme par exemple, celles des entreprises de naphte.

Nous donnons ci-dessous le tableau des principales actions cotées à la Bourse de Saint-Pétersl)ourg le 31 décembre 1899 et le 30 décembre 1900 (acheteurs) :

Roubles.

31 décembre 30 décembre Différence

r.cQte Russe 4 0/0 99 1/2 96 — 3 1/2

Emprunts intér. à lots:

Il 280 1/2 287 + 6 1/'^

Banque foncière de la noblesse 217 215 — 2

416 LE MAHCIIÉ KINANCIEH EN 1900

Lettres de f/ages des banques foncières :

Moscou - 96 1/1 013/4 - 4 1/2

Toula 96 1/4 911/4 — 5

Kharkoft- 96 1/4 92 1/2 - 3 3/4

Actions des banques de commerce :

Volga-Kama 1215 1150 — 65

Russe pour le commerce étranger 347 268 — 79

Russe du commerce et de

l'industrie 230 195 - 35

D'escompte et de prêta de

Saint-Pétersbourg 672 477 — 195

Internationale de St-Pétersb. 438 326 ^ 112

St-Pétersbourg-Moscou 370 295 — 75

Privée de St-Pétersbourg .... 438 2.«3 — 155

AzowDon 580 523 — 57

Russo-chinoise 250 203 - 47

Internationale de Moscou 317 248 — 69

Actions des banques foncières:

St-Pétersbourg-Toula 409 373 — 36

Kharkoff 490 435 — 55

Moscou 718 665 - 53

Entreprises de naphte :

Nobel (parts) 13.900 10.500 — 3400

Nobel (actions) 695 525 — 170

Bacou 817 690 — 227

Caspienne 7.200 6.900 — 300

Mantacheff 370 279 — 91

Russes (Lianosoff) 275 215 - 60

Entreprises métallurgiques :

Alexandro vsky < . . 163 64 — 99

Briansk 463 225 — 238

Donetz-Youriew.. 475 190 — 285

Sormovo 98 1/2 55 — 43 1/2

Kolomna 425 350 — 75

Maltzeff 600 490 — 110

Poutiloff 108 1/2 81 — 27 1/2

Russo-baltique 1.250 1025 — 225

Métallique de St-Pétersbourg. 220 156 - 61

Hartmann 147 95 — 52

Actions des entreprisés de navigation :

Caucase et Mercure *** 270 115 — 155

Dniepr \^^ 90 75 — 15

Driepr 2 77

Russe de navigation et de commerce 600

Actions dés entreprises iVassurances :

Russe l»r 1.200

Russie 350

Russe d'ass. et de transports. 95

Actions des Sociétés de chemins de fer :

Kiev-Voronège 345

Moscou-Vindava-Ribinsk .... 120

Sud-Est 122

Première Gie des chemins de

fer d'intérêt local 68

Autres entreprises industrielles :

Verreries du Nord 435

Russe des mines d'or ; . . 73

loi

En dehors des événements d'un caractère général qui ont agi sur les marchés étrangers autant que sur le marché russe, les cours de plusieurs sociétés industrielles ont ressenti Finfluence des conditions spéciales du développement de chaque entreprise. En 1000 beaucoup de sociétés industrielles, qui comptaient parmi les plus solides et qui attiraient autrefois ime attention toute spéciale du monde des affaires, se sont trouvées dans une situation précaire. Une impression pénilde a été produite en France par les déconvenues éprouvées par la Société Oural-Volga^ dont les valeurs sont placées en majeure partie sur le marché français. Cette Société occupe 5.000 ouvriers ; son capital actions est de 25 millions de francs et son capital obligations de 81 millions; en outre elle a contracté d'autres dettes pour une somme totale de 15 millions de francs ; les actions, dont le prix nominal est [de 500 francs et qui ont été cotées autrefois à la Bourse de Paris à 700 francs, ont baissé actuellement à 30 francs. Les obligations dont le prix nominal est le même que celui des actions sont cotées à 150 francs. Elle a été mise en liquidation judiciaire.

Le Conseil d'administration de la Société Oural-Volga explique dans les termes suivants les causes des difficultés qu'a éprouvées la société.

« L^espoir que nous vous exprimions, dans notre réunion du 3 avril dernier, de voir s'atténuer la crise générale qui sévissait en Russie, ne s'est malheureusement pas réalisé. Bien au con-

traire, cette crise n'a fait que s'accentuer, et les prix de vente des aciers, déjà bien déprimés, ont continué à baisser dans des proportions inconnues jusqu'à ce jour.

Cet efïbndrement des prix de vente et les retards de plus en plus grands dans les rentrées, conséquence naturelle de cette crise, ont rendu, dès le début de l'exercice 1900-1901, notre trésorerie de nouveau très difficile. Nous avions pu obtenir successivement d'importantes av^ances, à la garantie desquelles nous avons affecté, soit la presque totalité de notre intérêt dans la Société de Komarowo, soit divers éléments du fonds de roulement ; mais ces avances étant devenues insuffisantes, il ne nous a pas été possible à ce moment de trouver chez nos banquiers les nouveaux concours dont nous avions besoin ».

Une autre entreprise, où beaucoup de capitaux français sont engagés, est la Société de Volga-Vichera ; elle se recommande d'un haut patronage industriel, le Creusot et MM. de Wendel. La Volga-Vichera souffre du manque de capitaux, de l'absence de voies de communication commodes et de l'éloignement des mines. L'usine, dont la construction a coûté 5 millions de francs, n'a pas encore commencé à travailler. Les actions de 500 francs sont cotées à 75 francs. Même la Société de Briansk, une des plus importantes et plus prospères entreprises russes, dont les fondateurs et actionnaires ont fait des fortunes énormes et qui donnait pendant une certaine période 30 0/0 de dividendes, a éprouvé des difficultés. A. la fm de 1900, les actions dont le prix nominal est de 500 roubles ont baissé de 50 0/0. La Société de Briansk, constituée en 1878, avait tout d'abord fixé son capital à 400.000 roubles divisés en 4.000 actions de 100 roubles entièrement libérées. Ce capital fut immédiatement porté à 2.400.000 roubles (24.000 actions de 100 roubles) puis à 5.400.000 roubles (54.000 actions de 100 roubles), ensuite à 7.087.500 roubles (70.875 actions de 100 roubles), et enfin, en 1897, à 8.087.500 roubles (80.875 actions de 100 roubles). A un moment la Société possédait trois usines : 1*^ celle de Béjitza, près de Briansk (gouvernement d'Orel), où l'on construit le matériel des chemins de fer, ainsi que le fer en tôles et l'acier en feuilles ; 2° celles d'Alexandre, à Ekaterinoslaw, affectée à la fabrication delà fonte et au laminage du fer et de l'acier ; 3° enfin celle de Kertch, dont la construction fut commencée en 1897. En 1896, la Société créa la Société des Houillères de Briansk, pour l'exploitation de ses

charbonnages crEkaterinoslaw, et elle constitua, en 1899, une autre société, la Société des Usines Métallurgiques et des Mines de Kertch pourTexploitation de son domaine minier de Kertcli. En même temps, elle s'occupait de la transformation de ses deux autres usines de Béjitza et d'Ekaterinoslaw, lorsque, soudain éclata en Russie, la crise métallurgique. La Société des usines de Briansk, qui venait de se faire autoriser à créer pour 7.999.875 roubles d'obligations 4 1/2 0/0, ne put procéder à rémission de ces titres, et il s'ensuivit que, malgré la réalisation d'une partie des actions de la Société des Usines Métallurgiques et des Mines de Kertch qui lui avaient été remises en représentation de ses apports, elle fut contrainte de s'adresser à la Banque de Russie pour se faire consentir une avance contre remise en gage des susdites obligations. De plus, et pour la mise en exploitation des nouvelles mines qu'elle avait cru devoir acquérir, la Société avait dû dépenser, à titre extraordinaire, 1.189.145 roubles qu'elle emprunta également. Bien que le Conseil d'administration d'alors ne puisse pas être accusé d'avoir mal géré les affaires de la Société, on ne peut s'empêcher de dire qu'il ne s'est pas tout à fait montré assez prudent, et c'est pourquoi au mois de juin dernier, plusieurs membres démissionnèrent et furent remplacés par les représentants d'un groupe lyonnais puissant. L'exercice de 1899 avait donné comme bénéfice un montant de 2.280.245 roubles. C'était une diminution de 645.748 roubles sur l'exercice 1898, mais l'ancien Conseil d'administration n'en proclama pas moins un dividende de 20 roubles. Ce dividende toutefois ne fut pas payé, la nouvelle administration ayant jugé que la Société devait conserver toutes ses disponibilités.

Cette manière de voir fut approuvée par les actionnaires. Les bénéfices de 1900, d'après les dires du Conseil d'administration, ne seront pas inférieurs à ceux de 1899. Vraisemblablement la Société ne répartira rien pour 1900, ni pour

La Société Sonnovo, qui a donné en 1898-1809 un bénéfice net de 549.-^18 roubles, a conclu l'exercice de 1900 avec une perte de 277.740 roubles. Elle n'a pas réussi à réaliser l'émission projetée des obligations pour une somme de 1 milhon de roubles. On parlait de la fusion de cette Société avec la Société Volga-Vichera, mais cette fusion n'a pas pu avoir lieu, la tentative de l'émission de nouvelles actions ayant éprouvé un échec. Les actions de Sormovo ont, par conséquent, baissé à

55 roubles — un cinquième du cours coté autrefois, à l'époque de la hausse spéculative.

La Société des aciéries Alexandrovsky n'a réparti en 1900 aucun dividende. L'achat des usines de la société « Ladoga » a forcé la société Alexandrovsky à recourir à des emprunts ; le capilal-obhgations a monté jusqu'à 3.278.00) roubles et le compte des créditeurs à 4.771.349 roubles ; seule Tintervention de la Banque de Russie a permis d'éviter une liquidation ; les actions dont le cours nominal est de 250 roubles et qui étaient cotées autrefois à 400 roubles ont baissé jusqu'à 64 roubles.

Triste est aussi la situation de la Société Russe de Donelz à Makéevka (houillères et usines métallurgiques). Depuis trois ans elle ne répartit plus de dividendes : elle a clos l'exercice de 1900 avec une perte de 483.568 roubles. Avec un capitalactions de 4.687.500 roubles elle a émis des obligations pour 4.973.000 roubles. La Société de Poutiloff se plaint dans son rapport annuel de l'insuffisance des commandes. Ses bénéfices ont diminué en 1900 de 232.143 roubles. Le dividende réparti a été de 4 roubles 50 par action.

La Société des usines mécaniques Hartmann^ dont les actions ont été pendant un certain temps la valeur préférée de la spéculation, n'a donné en 1900 (avec un capital-actions de 9 millions de roubles) que 45.550 roubles de bénéfices. Les actions cotées encore, le 2 janvier 1899, 245 ont baissé à la fin de l'année 1900 à 95. La société des aciéries de Volga, fondée en 1896 avec un capital-actions de 1.500.000 roubles et un capital obligations de 750.000 roubles a fait faillite. Les actions cotées encore en 1899 à 220 ne trouvent plus d'acheteurs même à des prix très bas.

La Société S/a/ {Acier) a été obligée de renoncer aux versements complémentaires des factionnaires et a décidé de continuer Taftaire avec le capital versé seulement en partie.

En 1900 ont été établies les bases de la liquidation de la Société des usines Gleboff (capital-actions, 3 millions de roubles) ; les actionnaires de cette société, fondée en 1895 et dont les actions étaient cotées au commencement de 1896 à 216, ne recevront que 2 à 3 roubles par action.

Dans l'Oural un certain nombre d'entreprises se trouvent aussi dans une situation critique, provoquée dans une certaine mesure par la liquidation de la Société Ermah (im projetait rétablissement d'une voie ferrée reliant la rivière Kama avec

le bassin de l'Obi, et la construction d'usines métallurgiques à Verkhotourié.

En dehors de la métallurg-ie plusieurs autres branches des industries russes ont été éprouvées par la crise ; telle l'industrie textile, où on signale la faillite d'un certain nombre d'entreprises comme celle de Bary à Lodz. celle de Ovsiannikoff frères, A. Ganchine et fils à YouriefF, etc.

Etant donné les pertes que les capitaux étrangers engagés dans les entreprises russes ont éprouvées en 1900, ainsi que la méfiance générale des marchés de capitaux pour les valeurs industrielles, on peut s'attendre à ce que le flot des capitaux étrangers qui, pendant plusieurs années déjà se dirige vers le marché russe, s'arrête momentanément. Nous avons déjà indiqué l'impression fâcheuse que la situation critique des Sociétés Oural -Volga et Volga- Vichera ont produit sur le marché français.Le secrétaire de l'ambassade russe à Bruxelles, M. le prince KoudachefT, a publié dans le Messager des Financesune étude intéressante sur les capitaux belges en Russie. Il ressort de cette étude que les capitalistes belges commencent à se désintéresser des entreprises russes, par suite de la situation critique où se trouvent certaines sociétés fondées avec des capitaux belges et par suite de la baisse de leurs actions. C'est ainsi que les actions des Ateliers franco-russes, cotées encore au mois d "avril 1900 à 85, ont baissé à 20 ; les actions des Usines à Vyborg ont descendu de 130 à 17,5 ; celles de l'Usine métallique d'Odessa de 230 à 30 ; les actions de l'Usine métallurgique d'Ekatherinoslav de 200 à 53 3/4 ; les actions des chantiers à Nikolaev de 1.490 à 290 ; les actions de la Société d'Olkhov de 575 à 240 ; les actions de la Providence russe de 2.:'<50 à 8'?5 : celles de l'usine métallurgique de Konstantinov de 415 à 107; celles des hauts-fourneaux de Toula de 585 à 112,5; celles de la Société Verkhny-Dnieprovsk de 2Î4 à 10. D'après fétude du prince Koudacheff il existe en Russie environ 150 entreprises fondées par les capitalistes belges et leur capital est de 494,3 millions de francs. La majeure partie de ces entreprises sont des établissements d'une grande importance : chacune d'elles possède en moyenne un capital de 3 1/3 minions de francs. La majeure partie de ces entreprises a éprouvé en 1>99 une diminution très sensible de bénéfices nets. Parmi les 73 sociétés Ijelges possédant un capital de 265 2/'S millions de francs, dont on a publié des comptes rendus sur l'exercice 1890, 50 ont donné des bénéfices

et 17 des pertes. La somme totale des bénéfices nets a été de 17,5 millions de francs et celle des pertes de 4 millions de francs. Le capital total engagé dans ces 73 sociétés a par conséquent donné plus de 5 0/0 de revenu. Ce résultat d'ensemble doit être considéré plutôt comme très satisfaisant.

Parmi les causes qui ont contribué à rendre critique en 1900 la situation d'un certain nombre d'entreprises métallurgiques russes, il y en a qui tiennent aux tendances générales du marcbé universel et du marché russe en particulier ; il y en a d'autres qui tiennent essentiellement aux vices de l'organisation des sociétés anonymes elles-mêmes. La diminution des demandes du marché russe peut être considérée comme un fait passager. Le paysan russe n'emploie encore que très peu de fer dans son ménage et dans son exploitation agricole — le marché russe peut donc être encore beaucoup élargi, si la condition du paysan s'améliore.

La Russie étant un pays agricole, ime suite d'années de bonnes récoltes ramènera la demande à son ancien niveau ou à un niveau plus élevé et enrayera la surproduction qui s'est déclarée en 1900 dans certaines usines et qui a même provoqué de la part de l'Assemblée des propriétaires des mines et d'usines métallurgiques de la Russie méridionale une demande d'établissement de primes pour la sortie des fontes, demande à laquelle le gouvernement s'est refusé. D'autre part le ralentissement des constructions de chemins de fer et la diminution des commandes d'Etat, provoqués par les économies résultant des événements politiques de l'année passée, eux aussi, ne sont que des faits passagers (1). La Russie a encore d'immenses besoins de charbon et de produits métallurgiques; elle fait en<3ore sur une très grande échelle ses achats à l'étranger de machines pour son industrie, de matériel roulant, de matériel de guerre, matériel naval, etc. D'autre part l'Empire russe est loin d'avoir achevé son réseau ferré. Il y a en Russie d'Europe 374 kilom. 4 de voies ferrées par million d'habitants et en Russie d'Asie il y en a 432 par million d'habitants ; en France il existe environ 1.100 kilomètres de chemin de fer par million d habitants; en Suisse 1.228 kilomètres; en Allemagne environ 908; dans les Etats-Unis de

(1) Dans la mesure du po-sible, TEtat a cependant donné des commandes, qui ont été réparties entre les usines, et il a acheté à l'étranger le matériel dont il avait besoin.

rAmérique du Nord, environ 4.720. Le rapport de la longueur du réseau à l'étendue de TEtat prouve ceci d'une manière encore plus saisissante : en France il y a 78 kilom. 5 de chemin de fer par 1.000 kilomètres carrés; en Suisse 91 kilom. 4; en Allemagne 87 kilom. 6; dans les Etats-Unis de l'Amérique du Nord 32 kilom. 8 ; tandis qu'en Russie d'Europe il n'y a que 7 kilom. 7 de chemin de fer par l.OOO kilomètres carrés et en Russie d'Asie 0 kilom. 4 par 1.000 kilomètres carrés.

Nous avons dit qu'à côté des tendances générales du marché, les vices d'organisation de certaines sociétés industrielles russes expliquent la situation critique où elles se sont trouvées en 1900. Des sociétés ont été souvent fondées avec un programme très étendu mais avec des ressources relativement restreintes et basées surtout sur le crédit. M. G. AfanasiefF, directeur du comptoir de la Ranque de Russie à Kief, a donné un exemple typique de sociétés anonymes qui souffrent du manque des capitaux. « J'ai eu occasion, dit M. Afanasieff, d'observer de pareilles sociétés et je peux présenter le schéma de leur formation. Quelques personnes veulent former un capital de 500.000 roubles pour construire une sucrerie, mais elles ne possèdent qu'un capital de 200.000 roubles. Alors on forme le capital de la manière suivante : on élabore les statuts et on les envoie au ministre pour en demander la confirmation. Les statuts sont confirmés, mais la société n'est autorisée à fonctionner qu'après avoir versé le capital-actions dans la Ranque de Russie. Les fondateurs s'adressent alors à une banque quelconque qui leur prête pour quelques jours 300. OOJ francs; de cette manière le capital est formé et la banque qui a prêté les 300.000 francs se charge de verser le capital entier dans la Ranque de Russie. Les fondateurs peuvent alors convoquer l'assemblée générale ; le conseil d'administration est élu et reçoit la mission de retirer le capital de la Ranque de Russie. Le même établissement de crédit qui a prêté les 300.000 roubles est chargé de cette opération ; mais maintenant les fondateurs qui sont les propriétaires des actions peuvent recevoir d'une banque des avances, par exemple de 40 0/0, sur leurs titres. C'est ainsi que sont doublés les premiers 200.000 roubles ; ensuite on commande une partie des machines à crédit, par exemple pour 100.000 roubles ; on peut aussi vendre d'avance 100.000 pouds de sucre de la future production et obtenir par ce procédé 100. OOO roubles qu'on emploie pour faire des R. 29

avances aux producteurs de betteraves. Et c'est de cette manière que les propriétaires d'une usine d'une valeur de 500.000 roubles ne possèdent en réalité qu'un capital de 200.000 roubles. » L'exemple donné par M. Afanasieff peut être considéré comme typique pour un certain nombre de sociétés non pas seulement dans l'industrie sucrière, mais aussi dans les autres branches de la production. Il est évident que des entreprises fondées sur de pareilles bases doivent crouler dans les années de crise comme celle qui a sévi en 1900 sur les marchés européens. Une autre cause de déconvenues éprouvées par certaines sociétés industrielles c'est une trop grande complexité des 'entreprises, un programme trop vaste, le désir d'embrasser trop de choses en même temps. Un exemple frappant de pareilles sociétés c'est la série d'établissements de transport, de banque et industriels fondés par S. Mamontof et dont la liquidation a produit en 1899 une crise à la bourse de Saint-Pétersbourg. Ces sociétés anonymes n'existaient que les unes au moyen des autres et une fois que les rouages des unes se sont arrêtés, les autres ont ressenti le coup ; en faisant des tentatives pour sauver la situation critique des unes on compliquait les affaires des autres.

Quelques-unes des sociétés ont eu, en outre, le tort d'avoir trop négligé les enquêtes préalables et les renseignements sur la valeur de leurs établissements ou concessions.

La crise des sociétés métallurgiques a influencé aussi le cours des actions des banques de commerce, dont les portefeuilles étaient en partie composés des titres ayant 50 0/0 et plus de leur valeur. Plus les banques s'occupciient du lancement des affaires industrielles et du patronage des sociétés industrielles, plus Jeur situation s'est compliquée en 1900; au contraire, les banques qui se sont occupées surtout de l'escompte, comme par exemple la Banque de Volga-Kama ou celle des Marchands de Moscou, ont vu le cours de leurs actions tomber très peu dans le courant de l'année.

Une mention toute spéciale doit être faite pour les lettres de gages des banques foncières (ainsi que des sociétés de crédit mutuel urbain) qui ont baissé bien que leur situation ait été prospère en 1900. Gela tient à ce que le public ne se contentait plus, étant donné la cherté des capitaux en 1900, du taux d'intérêt de ces titres; d'autre part les banques foncières russes ne voulaient pas s'adapter aux conditions du marché, comme le faisaient les établissements analogues en Allemagne,

mais continuaient à émettre les lettres de gages au même cours que dans les années de la plus grande abondance des capitaux.

Par conséquent, môme les mesures prises dans le courant de Tannée pour restreindre les émissions, n'ont pas pu arrêter la baisse de ces valeurs.

La Bourse de Saint-Pétersbourg est le centre des opérations financières en Russie et elle règle jusqu'à un certain point, sous rinfluence des autres bourses étrangères le cours des principales valeurs du marché russe. Jusqu'à présent c'était une bourse mixte où les transactions sur les marchandises se faisaient à côté des opérations sur des valeurs. Le 21 février 1901 a été publiée une loi (sanctionnée le 21 juin 1900) et des règlements élaborés par le ministre des Finances réorganisant le marché fmancier de Saint-Pétersbourg et créant à côté de la bourse de commerce une section spéciale pour les opérations sur les valeurs.

Cette nouvelle bourse de valeurs offre le caractère d'une corporation isolée. Elle est sévèrement réglementée quant au contingent de ses membres, quant à la corporation des agents de change, quant à l'admission à la cote, etc. Dorénavant on ne se contentera pas de demander aux personnes qui veulent faire partie de la bourse la simple justification du paiement d'une patente correspondante aux opérations de bourse et d'un billet d'entrée; mais on exigera aussi des garanties morales. Notamment le candidat à la section de valeurs devra être préalablemen recommandé par plusieurs membres de la corporation et sa nomination soumise au scrutin. Pour régler les affaires intérieures, surveiller les membres de la corporation et, avant tout, assurer l'exécution des opérations de bourse, il a été créé un conseil de la section comprenant un président et quinze membres. Le ministre des Finances exerce un contrôle sur les principaux actes du conseil et confirme ces décisions. Des fonctionnaires du ministère des Finances prennent part à la délibération des questions relatives à l'admission à la cote et collaborent à la confection du bulletin de la Bourse. Aucune transaction ne peut être conclue à la section de valeurs (sur commande faite par les membres effectifs ou libres), si ce n'est par l'entremise des agents de change. Ces derniers ont droit de faire des opérations de bourse non pas seulement pour le compte des membres de la section, mais aussi pour le compte de toute autre personne.

Ils sont nommés par le ministre des Finances sur la proposition du Conseil de la section. Les agents de change sont tenus de déposer une caution de 15.000 roubles à la Banque de Russie. Les membres de la section sont soit membres effectifs, soit membres libres. Les premiers ne peuvent être élus que parmi les personnes se livrant aux opérations de banque et ils ont le droit de conclure des transactions soit personnellement, soit par l'intermédiaire de leurs représentants. Toute personne ayant payé la patente de première guilde a droit de devenir membre libre de la section ; les membres libres ne peuvent conclure des transactions que par Tentremise des agents de change.

Le bulletin de la cote est rédigé par une commission spéciale dont les membres sont élus parmi les agents de change ou à leur défaut parmi les membres effectifs de la section. Ils sont assistés de deux représentants du ministère des Finances. Le ministre des Finances a la droit de nommer tous les premiers membres du Conseil de la section. A l'avenir les membres du Conseil seront élus par l'Assemblée générale des membres effectifs de la section. La loi a aussi réservé au ministre le droit de nommer 60 membres effectifs de la section. Les règles qui régissent actuellement l'admission à la cote et la composition du bulletin de bourse resteront en vigueur, mais en même temps une enquête sera instituée qui aboutira à une réforme dans ce domaine. Le ministre des Finances a le droit d'élaborer des règlements détaillés pour l'admission à la cote. D'autre part, aux termes de la loi, ceux qui émettent des titres sont responsables de l'exactitude des renseignements fournis.

La nouvelle loi sera mise en vigueur lorsque le ministre des Finances le jugera opportun et après que la nouvelle section sera constituée conformément aux prescriptions que nous avons indiquées (1).

Comme on le voit, la nouvelle loi n'a pas l'intention de restreindre les opérations de bourse. Au moins pour le

(1) Le ministre des Finances a nommé les personnes suivantes membres eft'ectifs de la section de fonds de la Bourse de Saint-Pétersbourg :

M. Kostyiev, directeur de la Banque de Volga-Rama; M. Isaev, directeur de la Banque des marchands de Moscou ; M. Roistein, directeur de la Banque russo-chinoise ; M. Podmener, directeur de la Banque de commerce et d'industrie; M. Soloveitchik, directeur de la Banque de Sibérie; M. Guinguer, directeur de la Banque de Saint-Pétersbourg-Moscou ; M.Mourany,directeurde laBanque

moment rien ne sera changé quant à l'admission à la cote et une réforme dans cet ordre d'idées ne sera entreprise qu'après une enquête préalable. La loi tend seulement à assurer une plus grande sincérité de la cote et à défendre le public contre les abus qui se commettaient à la bourse dans les années de spéculation effrénée.

Les données sur les récoltes des céréales sont recueillies et publiées en Russie par deux institutions : parle Comité central de statistique du ministère de l'Intérieur et par le ministère de l'Agriculture.

Nous donnons d'abord, comme nous l'avons fait dans les volumes précédents, les renseignments provisoires publiés par le ministère de l'Agriculture et des Domaines.

Les résultats de la récolte de l'année 1900 se présentent comme suit :

Milliers de pouds Seigle Froment Froment Avoine Orge Millet d'hiver d'été

50 gouvernemenls de la

Russie d'Europe 1.192.338 106.041 337.838 632.800 241.184 77.314

Provinces de la Vistule... 90.640 25.802 — 43.365 21.100 — Caucase :

Région du Kouban 5.635 31.639 17.640 9.603 15.984 4.230

Région du Slravropol.... 2.305 4.125 310 714 1.286 —

Région de Terck 975 12.805 3.514 3.940 6.605 3 375

Total..... 1.291.893 539.714 690.422 286.159 64.919

Ces données sont pourtant sensiblement au-dessous des données recueillies (avec des procédés beaucoup plus exacts) par le Comité central de statistique.

privée; M. Koho, directeur de la Banque de Saint-Pétersbourg-Azof ;M. Raffalovich, directeur de la Banque russe pour le commerce étranger ; M. Passega, du Crédit Lyonnais; M. Wawelberg, de la maison de banque E. M. Meyer et Cie ; M. Schwartz, de la maison de banque J. V. Younker et Cie; MM.Bargold, Bourgeois, Villié, liaveman, IIelmke,Gitchof, Groube, Demidoff, Iwanoff, Karr, Kerner, Kern, Klykoir, Krasinikolï", Kouming, Makferson, Malchevsky, Ortmann, Peske, Sevier, Oulman, Feleisen, Franzeo, KhviousofF, Chameau, Schreter, Stankovsky, Fridlandsky et Schereschevsky.

Comilà central Ministère de l'Agriculture

Milliers tic pouds

Froment 658 . 513,2 539 .714

Seigle 1.401.686,5 1.291.893

Avoine 721.551,9 690.422

Orge 309.469,6 286.159

Millet ^ 10'). 092,3 84.919

La récolte totale des céréales en 1900 a été de 2 0/0 audessous de celle de 1899 et de 11 0/0 au-dessus de la moyenne de cinq dernières années (1895-1899).

Dans 44 gouvernements, avec une population de 75,5 millions d'habitants la récolte a été au-dessus de la moyenne ; dans 11 gouvernements, avecune population de 17,8 millions d'habitants la récolte a été, moyenne et dans 9 gouvernements avec 20,1 millions d'habitants, elle a été au-dessous de la moyenne.

Le prix du froment, du seigle et de l'avoine a été sur la place de Saint-Pétersbourg (en copecks par poud) :

Fin de Mini-

l'année mum Maximum

( 1898 — 90 (août) 137 1/2 (mai)

Froment } 1899 — 67 (décembre) 115 (avril)

( 1900 72 1/2 72 1/2 (décembre) 93 3/4 (juillet)

t 1898 — 56 1/2 (janvier et février) 85 1/2 (avril)

Seigle } 1899 52-53 52 (décembre) 89 (avril)

( 1900 52 cO 1/2 (novembre) 74 (juin)

( 1898 89 82 (janvier, août et sept.) 100 (mai) Avoine < 1899 55 53 (décembre) 92 (janvier)

( 1900 63 52 (août) 63 (sept., moiiié

oct., fin déc.)

Le Comité des tarifs, sous la présidence du directeur du département des chemins de fer, M. Zeigler de Schafhausen, a étudié la question de la revision des tarifs existants pour le transport des blés. Cette réunion du Comité a été la suite du Congrès des tarifs qui s'est tenu durant l'automne de 1900.

Les tarifs de transport des blés touchent partout les intérêts des grandes masses de la population, le pain étant la base de l'alimentation ; mais en Russie, pays agricole par excellence et occupant un territoire immense, la question des tarifs est d'autant plus importante que, grâce précisément à cette large étendue, non seulement les intérêts du producteur et du con-

sommateiir sont tout difrérents mais encore les intérêts des producteurs, qui diffèrent, selon les contrées, du tout au

tout.

Le moindre changement, aussi insignifiant qu'iJ puisse paraître, dans les tarifs existants, ne peutse produire sans qu'il ne s'ensuive quelques perturbations dans les conditions économiques, conséquences ennuyeuses sur lesquelles il est inutile d'insister. D'autre part, il est hors de doute qu'il est indispensable d'entendre toutes les plaintes qui se produisent à la suite d'un tarif et de vérifier de temps en temps l'exactitude des tarifs en vigueur par rapport aux changements pouvant se produire dans la vie économique du pays. C'est évidemment cette raison qui invite le ministère des Finances à procéder périodiquement à la re vision des tarifs.

Les tarifs actuellement en vigueur datent de 1893 et, depuis, ont déjà été deux fois l'objet d'une revision complète. Vers la fm de 1895, un groupe important d'agriculteurs avait formulé des plaintes au sujet de ces tarifs d'abord au Congrès des Agriculteurs à Moscou, puis au Congrès des tarifs en 1896. Les vœux de ce dernier Congrès ont été examinés en haut lieu, et ayant passé par toutes les instances y compris le Conseil d'Etat, ses résolutions n'eurent aucun résultat ; les tarifs de 1893, sauf quelques petites modifications, sont restés intacts. . De 1897 à 19;X), de temps à autre, on entendait de nouveau quelques plaintes plus ou moins nettement formulées. Enfmle ministre des Finances, désirant de nouveau soumettre ces tarifs à une revision en juin dernier, convoqua les représentants précisément des régions d'où parvenaient les plaintes, à une réunion préparatoire. Après avoir écouté ces doléances, le département des Chemins de fer tenta de leur donner une expression, c'est-à-dire de composer un projet qui, tout en donnant satisfaction aux régions qui réclamaient, soit réalisable au point de vue technique. Ensuite ce projet a formé le programme du Congrès de l'automne dernier, qui se composait des représentants des intérêts agricoles d'après chaque région, des représentants des comités des bourses, des régions de meunerie, des chemins de fer et des administrations de l'Etat qui sont touchées par cette question.

Enfin les résultats de ses délibérations ont été examinés parle Comité des tarifs qui, par cet examen, vs'est convaincu qu'il n'existe pas de raisons pour procéder à un changement fondamental des tarifs actuellement en vigueur et a cru devoir

les laisser intacts, sauf quelques petites modifications. Les résolutions du Comité peuvent être résumées comme suit :

1° Laisser sans changement les tarifs actuels pour le transport des grains, graines oléagineuses et issues, avec cette seule modification que le tarif sur les grains ne soit pas inférieur à l/80copeck par poud et verste, et pas inférieur à 1/75 copeck pour les graines oléagineuses. Prenant la même considération, les prix de transport pour ces produits ne changeront pas comparativement aux tarifs présents jusqu'à une distance de 2.700 verstes, mais ils seront légèrement augmentés pour les distances au-delà, ce qui est d'autant plus insignifiant dans la pratique que le transport des grains à de telles distances ne se fait que rarement.

2° Conserver, pour le transport des grains venant de Sibérie en Russie d'Europe le changement de ^barème à Tscheliabinsk, mais modifier ce changement à Irkoutsk pour les marchandises allant en ïransbaïcalie. En même temps établir pour les grains allant de Sibérie à Archangel par Katlas un tarif exceptionnellement bas, calculé de telle façon que le prix y compris les frais jusqu'à Londres, soit inférieur dans la direction par Archangel de 3 à 4 copecks à celui de Saint-Pétersbourg. Comme corollaire de ce qui précède, le tarif direct de Sibérie, actuellement plus connu sous le nom de tarif Kama- Baltique, sera annulé à la fin de la navigation de 1901. 3° Augmenter le tarif de transport des farines sur les parcours intérieurs, de telle façon qu'il soit de 10 0/0 plus élevé que le tarif pour les grains. Pour l'exportation, le tarif des farines ne subit pas de changement.

4° Il n'y a pas lieu de créer des tarifs de faveur selon les saisons.

5° Les modifications aux tarifs seront applicables à partir du l*^ avril 1901, sauf pour le tarif des grains de Sibérie, faisant route par Katlas, qui sera applicable dès le 1®' janvier 1901.

Nous voyons donc qu'il n'y a pas grand changement dans le tarif de 1891, sauf pour les farines et encore seulement pour les qualités supérieures, qui subiront une augmentation après avoir eu longtemps le même tarif que les grains.

Passant au développement des industries russes en 1900, nous sommes obligés, comme les années précédentes (faute

de données statistiques suffisantes) de nous occuper seulement de quelques branches de ces industries.

Les événements en rExtrême-Oricnt, le ralentissement des constructions des chemins de fer, la pénurie des capitaux disponibles, ont, dans une certaine mesure, influencé le développement de quelques branches d'industrie russe; les industries minières et métallurgiques ont éprouvé des difficultés.

La production de la houille du lignite et de l'anthracite a été en milliers de tonnes métriques :

Angle- Etais- Aile- Auii-ichc-

terre Unis magne Hongrie France Belgique Russie

D'après les données pour les six premiers mois de 1900 la production du charbon fossile se répartissait en Russie comme suit entre différents bassins :

Pouds

Donetz 331.000.000

Royaume de Pologne 121 . 792 . 260

Oural 12.593.452

Russie centrale 9.113.812

Caucase 2.085.043

Total 467.584.567

La consommation du charbon fossile, produit dans le plus important bassin houiller de l'Empire, celui de Donetz, se répartit comme suit entre différentes catégories de consommateurs (d'après les données publiées par le 25" Congres des propriétaires des mines et usines métallurgiques de la Russie méridionale).

Consommateurs 189:i 18'Jfi 1897 1898 1899

Chemins de fer 28,03 29,20 31,23 25,89 22,60

Salines — — — — 0,56

Bateaux à vapeur 8,18 5,88 5,25 6,17 3,97

Usines de gaz 1,47 1,67 0,93 1,02 0,76

Sucreries 8,23 7,78 6,17 6,19 6,68

Usines métall. du Midi.. 23,34 25,70 23,44 27,77 32,50 — — des autres

région? 0,12 0,21 0,94 1,30 1,90

Usines mécaniques — — 2,97 1,10 1,13

Fabriques — — — — —

Municipalités — — — — —

Particuliers .30,53 29,56 29,07 30,55 29,90

Il ressort de ce tableau que 57 0/0 du charbon fossile extrait dans le Midi ont été consommés en 1899 par les chemins de fer et les usines métallurgiques. Malgré la croissance rapide de la production russe, le marché a beaucoup souffert en 1900 de rinsufflsance et de la cherté du combustible minéral. Différentes mesures ont été prises pour subvenir à cet état de choses, il a été autorisée Timportation en franchise des droits de douane du charbon fossile étranger pour les besoins des chemins de fer et de certaines municipalités comme celle de Varsovie, d'Odessa, etc. La consommation du charbon fossile par habitant est encore très petite en Russie comme cela ressort du tableau ci-dessous :

Kilogrammes

Autriche-Hongrie 370

France 980

Allemagne 1.580

Etats-Unis 2.450

Belgique 2.700

Grande-Bretagne 3 . 930

Il a été produit en Russie dans le courant de l'année 1900 174 millions de pouds de fonte de fer, dont 5/6 environ par les usines de l'Oural et du Midi de la Russie.

La production de la fonte par les usines de la Russie rnéridionale ressort du tableau ci-dessous :

Pouds

Par conséquent la production de la fonte par les usines de la Russie méridionale a presque doublé dans le courant des quatre dernières années.La production des usines méridionales en 1900 a surpassé la demande. D'après le calcul de la Gazette du Commerce et de t Industrie^ la surproduction a atteint pour la fonte 9 1/2 millions de pouds.

La production de la fonte de fer par les hauts-fourneaux de l'Oural ressort du tableau ci-dessous :

Pouds

65 usines appartenant 9 usines appartenant Total

aux particuliers à l'Etat pour 74 usine».

Depuis 1896 la production des hauts fourneaux de l'Oural a augmenté de 39 0/0. Les usines de TOural ont souffert, mais moins que celles du Midi, de ]a diminution de la demande.

Cela trouve son exph cation dans le caractère de l'activité des usines métallurgiques de l'Oural : elles produisent surtout pour la consommation courante, tandis que les principales usines de la Russie méridionale consacrent la majeure partie de leur production à l'exécution des commandes de l'Etat.

Voici un tableau très intéressant, élaboré par le bureau statistique des Congrès des propriétaires des mines et usines métallurgiques de la Russie méridionale et qui indique en 0/0 et pour les produits fabriqués la part de chaque catégorie de consommateurs pour lesquels travaillent les usines du Midi :

464 LE MARCUÉ FINANCIKR EN 1900

Total de à l'Etat Pour la Pour les propres

la vonlc et consommation besoins

Usines en aux chemins courante de l'usine

millions de ponds de fer en 0/0 (premiers 6 mois de 1899)

Droujko vsky 1 ,99 77,40 20,40 2,20

Petrokovsky 3,83 70,50 26,50 3,00

Alexandrovsky de la i

Sté Breansk \ 3,38 41,10 52,00 6,90

Sté de la Nouvelle Russie. 7,24 37,30 56,40 ô.30

Dneprovsky 5.12 34,01) 57,30 8,70

Soulinsky(Pastoukho£f).. 0,76 13,20 86,20 0,60

Nikopol-Marioupolsky... 1,54 11,15 78,50 10.35

Gdanzevsky 1,60 3,40 96,40 0,20

Taganrogsky 2,22 3,00 87,00 10,00

Donetz-Yourievsky 4,36 - 96,30 3,70

Olkhovsky 1,20 — 100,00 —

Providence Russe 0,96 — 57,00 43,00

Krementchougsky 0,29 — 99,93 0,07

Total 35,00 30,50 63,00 6,5

Dans le tableau ci-dessous est résumée la production en 1900 du fer, de l'acier et des objets métalliques par les usines de la Russie méridionale :

Pouds Fer et acier : —

Produits demi-ouvrés 66.135.837

— définitifs 49.454.557

Objets métalliques 5.530.492

La hausse des prix et la diminution de la demande ont eu aussi leur répercussion sur les importations de la fonte, du fer, des objets métalliques et des machines provenant de 1 étranger :

Importations en millions de pouds

6 premiers mois de C premiers mois de 1899 1900

Fonte 3,4 • 1,5

Fer 9,2 2,9

Acier 1,2 0,7

Objets métalliques et machines. 6 4;6

La production du naphte sur la presqu'île d'Apcheron (d'où est extraite presque la totalité du naphte produit en Russie) a progressé en 1900 (chiffres provisoires) de 14,3 0/0 comparativement à Tannée précédente et de 100 0/0 comparativement à l'année 1894.

Production du naphtc en millions de pouds

Tandis qu'aux Etats-Unis toute augmentation de la production influence immédiatement le niveau des prix, en Russie cette croissance rapide de la production n'a pas empêché la hausse des prix du naphte et de ses dérivés, comme cela résulte du tableau ci-dessous :

Prix d'un poud Copecks

Du naphte 7,7 9,8 13,94 15,0

Des résidus 8,2 10,7 13,00 16,3

Du pétrole 11,3 14,0 26,8 33,8 .

Depuis le mois de juillet 1899 a commencé une hausse rapide des prix du naphte ; elle a continué durant les 8 premiers mois de 1900.

Depuis le mois d'octobre un mouvement de réaction s'est produit.

Prix d'un poud en copecks Naphte Résidus Pétrole

Janvier 12,6 16,3 11,7 15,3 17,1 51

Février 11,6 15,5 12,4 15,4 22,7 45

Mars 12,1 16,7 12,5 16,4 16,6 51

Avril 12,6 17,8 12,3 17,75 16,8 37

Mai 11,8 17,9 12,2 18 18,9 30,5

Juin 12,8 17,7 12,8 18,6 22,7 30,5

Juillet 14,1 17,1 13,9 18,6 24,8 29,5

Août 14,75 16,45 14,0 17,3 26,5 28,2

Septembre.... 15,6 15 13,7 17,5 28,6 28

Octobre 15,8 12,9 13,6 14,7 33,8 19,5

xNovembre 16,9 12,5 14,1 14,1 42.5 23,5

La récolte de la betterave a été en 1900 de 38.9S9.779 berkovctz (l) contre 44.682.118 berkovetz en 1899 et 34.967.955

(1) Berkovetz = 10 pouds.

berkovctz en 1898. Le nombre des sucreries a augmenté de 8 et a atteint 276.

Le nombre des distilleries n'a pas changé : il a été de 41. La production de l'alcool a augmenté de 431,9 à 454,00 vedros.

Les exportations et les importations de la Russie pendant l'année 1900, par rapport à celles des années précédentes, et aux moyennes des années 1897, 1898, 1899 se présentent comme suit en milliers de roubles :

Années Exportations Importations Total

Il ressort de ce tableau que le commerce global de 1900 a donné en résultat une plus-value des exportations sur les importations très supérieure à celle de l'année précédente et égale à celle de la moyenne.

Les exportations se répartissaient comme suit entre les diverses catégories de marchandises :

Matières Objets nécessaires Objets

d'alimentation à l'industrie Animaux fabriqués Total

Entre différents pays de destination les exportations des trois dernières années se répartissent comme suit en milliers de roubles :

milliers de roubles

Allemagne 179.436 163.564 187.515

Grande-Brelagac 139.906 129.162 145.564

Hollande 72.257 48.821 69.192

France 68.594 59.869 57.444

Autriche-Hongrie 42.416 26.637 26.436

Italie 54.608 27.755 36.765

Belgique 28.788 23.532 23.401

Turquie 14.072 12.359 18.322

Danemark 9.857 12.341 18.290

Egypte 6.727 5.588 9.195

Roumanie 12.675 6.588 5.286

Suède 8.316 9.295 12.663

Norvège 4.470 4.948 6.407

Indes 1.856 3.235 3.777

Etats-Unis 3.014 4.388 3.486

Chine 634 1355 1.145

Autres-pays 28.009 27.096 22.614

Finlande 33.264 35.116 41.050

liressortde ce tableau que les exportations ont augmenté pour tous les pays sauf pour la France, rAutriche-Hongrie, la Belgique, laRoumanie, les Etats-Unis. Les exportations en Allemagne et en Grande-Bretagne, qui sont les deux plus grands clients de la Russie, ont môme surpassé celles de 1898. L'article principal des exportations russes, les céréales, a été exporté en plus grande quantité que Tannée passée, mais toujours inféférieure à celle de 1898. En tout on a exporté en 1900 418,8 millions de pouds contre 344,7 en 1899 et 457,1 en 1898. L'exportation du blé a été en 1900 de 116,7 millions de pouds contre 106,9 en 1899 et 176.3 en 1898. Au contraire, l'exportation du seigle et de l'avoine a beaucoup progressé. On a exporté 93.2 millions de pouds de seigle contre 60,7 en 1899 et 66,8 en 1898 et 80 millions de pouds d'avoine contre 28,5 en 1899 et 106,2 en 1898. Le blé continue à garder la première place parmi les céréales exportées. Comme les années précédentes, les principaux clients de la Russie pour les céréales ont été rAllemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas; l'exportations dans ces pays a augmenté en 1900, celle en France est restée au même niveau et celle en Autriche-Hongrie et en Belgique a diminué. Les exportations du beurre ont augmenté de 569.000 pouds, les exportations des œufs ont passé de 1.685.000.000 de pièces en 1899 à 1.780.000.000 en 1900. Une bonne récolte de betteraves a été suivie d'une augmentation de l'exportation du sucre (de 5.125.000 pouds à 9.464.000).

Parmi les matières nécessaires à l'industrie, l'exportation du bois a passé de 53 à 58.000.000 de roubles, celle des graines de lin de 18 h 29.000.000 de roubles. Au contraire la mauvaise récolte du lin a produit une diminution de l'exportation de cet article, 44.000.000 en 1900 et 50.OGO.000 en 1899. La diminution de l'exploitation du naphte en Amérique a provoqué une plus grande demande du naphte russe. On a exporté du naphte et des dérivés du naphte pour 84.000.000 de pouds et 32.000.000 de roubles en 1899 etpour67.000.000depouds et46.003.000de roubles en 1900.

Les importations de la Russie se répartissaient comme suit entre différents groupes de marchandises.

Malicres Objets ncccssaii-es Objets

Âiiuées d'alimentation à rinduslric Animaux fabriqués Total

Par pays de provenance les importations se répartissaient comme suit :

milliers de roul)le9

Allemagne 202.171 230.806 215.416

Grande-Bretagne 114. 0?2 129.403 128.176

France 27.102 28.290 31.228

Autriche-Hongrie 23.922 30.703 27.290

Belgique 23.608 17.976 9.395

Italie 10.169 9.259 9.002

Suisse 5.843 7.011 6.185

Turquie 6.364 6.590 7.247

Hollande 9.777 11.414 8 811

Suède 4.120 6.029 5.069

Norvège 5.394 5.620 5.772

Danemark 5.249 3.061 5.943 ,

Roumanie 1.873 2.061 1.539

Etats-Unis 50.052 43.757 43.615

Egypte 22.636 32.998 11.958

Chine 14.023 13.515 16.278

Indes 4.555 5.270 4.577

Autres pays 11.954 12.226 14.966

Finlande 19.113 18,439 20.029

Parmi les produits d'alimentation il faut noter la diminution des importations du thé par la frontière asiatique (de 18,7 0/0 quant à la quantité et de 22,3 0/0 quant à la valeur) et Taugmentation de l'importation du même article par la frontière européenne. La diminution de l'activité industrielle en Russie dont nous avons parlé plus haut a provoqué, comme nous l'avons indiqué, une certaine surproduction métallurgique et minière, de telle manière que même on exportait de la fonte russe à l'étranger. Par conséquent les importations des métaux et des machines ont diminué comme suit :

En millions.

pouds roubles pouds roubles

Fonte 8,3 4,3 3,2 1,9

Fer 16,2 18,1 5,8 9,1

Acier 2,9 3,0 1,3 1,5

Machines 12,4 99,4 9,6 76,7

L'importation de la houille a augmenté de 238.000.000 de pouds et 24.000.000 de roubles à 240.000.000 de pouds et 34.000.000 de roubles.

L'importation du coton n'a pas augmenté, mais sa valeur a passé de 58 à 68 millions de roubles.

L'importation des autres textiles et des fils a diminué.

La question du renouvellement du traité de commerce avec l'Allemagne, qui expire à la fm de 1903, a été fortement discutée et agitée dans le courant de l'année.

Elle a provoqué des pétitions de zemstvos, la création de commissions spéciales, une discussion dans la presse. On n'a pourtant fait que les premiers pas dans l'étude de la question Plusieurs hypothèses ont été émises sur l'attitude que devrait prendre la Russie dans le cas oii l'Allemagne adopterait la politique du tarif autonome et augmenterait les droits d'entrée sur les céréales. On parlait d'une entente avec les États-Unis d'Amérique qui mettrait le commerce des grains en Allemagne à la merci des deux contractants ; on disait aussi que la Russie pourrait voir avec indifférence l'augmentation des droits d'entrée sur les céréales, si seulement on lui accorde des privilèges spéciaux par rapport aux autres pays. D'autre part différentes régions de la Russie préconisaient des solutions en se préoccupant beaucoup plus des intérêts particuliers de la province que des intérêts généraux du pays. Pour le moment il n'y a qu'à retenir dans cette question les déclarations très fermes du gouvernement russe faites par l'intermédiaire du Messager des finances et en réponse aux tendances agrariennes manifestées en Allemagne par une certaine partie de la presse et du Parlement, soutenue, comme on le sait, par les promesses faites par le chancelier de l'Empire.

Toute action autonome de l'Allemagne, lisons-nous dans le M< ssager des Finances, en vue de changer l'équilibre existant provoquera une action semblable de la part de la Russie. Et cela non pas parce que la Russie éprouve un désir d'entamer une guerre de tarifs, mais seulement pour mettre la balancr en équilibre. La Russie se guidera par les considérations suivantes en déterminant son action en cette occasion : 1° il n'y aura plus lieu d'affaiblir la protection de certaines industries, — mesure prise pour compenser les avantages consentis par l'Allemagne ; 2" il y aura lieu de consentir des avantages aux autres pays pour développer les relations commerciales avec elle et pour trouver de cette manière des compensations aux pertes que la politique douanière allemande fera subir à l'exportation russe.

Nous donnons ci-dessous en extraits une intéressante étude R .30

470 LE MARCnÉ FINANCIER EN 1900

de M. Burgel, relative aux grains russes sur les marchés allemands et parue dans l'annuaire du professeur Schmoller.

L'étude en question a été écrite en vue des pourparlers prochains qui doivent avoir lieu entre la Russie et TAllemagne pour le renouvellement des traités de commerce. L'auteur y pose cette question : l'Allemagne doit-elle donner la préférence, pour l'achat des produits agricoles, à la Russie ou aux États-Unis, et auquel de ces deux pays par conséquent doit-elle faire des concessions lors de l'établissement des nouveaux traités de commerce. A cette question, il répond luimême en concluant que l'Allemagne a beaucoup plus à gagner en développant ses relations d affaires avec la Russie qu'avec les États-Unis, car ii est incontestable que l'Allemagne se trouve en contradiction complète d'intérêts avec la grande République américaine.

La Russie, d'après Burgel, est pour l'Allemagne un fournisseur pour ses produits agricoles, et de plus elle est un consommateur avantageux des produits fabriqués, tandis que les États-Unis, tout en inondant l'Allemagne de leurs produits agricoles, sont en même temps un concurrent dangereux pour l'industrie et cela non seulement sur tous les marchés étrangers, mais encore sur les marchés intérieurs de l'Allemagne, tandis que, par contre, on est obligé maintenant de renoncer à peu près complètement à exporter des produits allemands sur les marchés américains.

Il est donc évident qu'il n'y a pas de raison pour l'Allemagne d'accorder des avantages aux États-Unis tandis qu'il y aurait intérêt a faire les plus grandes concessions possibles à l'introduction des produits agricoles russes, afin d'obtenir par compensation des avantages pour l'introduction en Russie des marchandises allemandes. Telles sont les conclusions d'un auteur qui, naturellement, considère la chose au point de vue des intérêts allemands.

Mais, en réalité, le travail de Burgel indique assez clairement que, malgré les besoins réciproques que peuvent avoir les deux pays, l'Allemagne a néanmoins davantage besoin de la Russie, que celle-ci de la première.

Mais le travail de M. Burgel n'est pas seulement intéressant par ses conclusions. Ge qui est mieux pour nous, c'est l'étude des raisons pour lesquelles la concurrence avec les blés américains est difficile pour les blés russes. Il classe ces causes en trois groupes :

RUSSÎÊ 41" 1

1" Particularités de rorganisation de l' agriculture en Russie ; 2" De la mauvaise organisation du commerce des grains ; 3" L'insuffisance des voies de communications. L'auteur fait un parallèle entre l'organisation agraire en Russie et en Amérique ; il insiste particulièrement sur rinfluence déprimante qu'exerce la propriété collective sur le développement de Tagriculture qui, sous cette influence, ne peut se porter à une culture plus intense. M. Burgel parle ensuite du peu de capitaux employés dans ragriculture russe. Un point de comparaison rendra la chose plus palpable. Les États-Unis, malgré qu'ils aient une surface emblavée de 1/3 moindre que nous, achètent annuellement pour plus de 149 millions de roubles de machines et d'outillages agricoles, tandis que la Russie n'en achète que pour 7 millions et demi de roubles environ. La conséquence en est que les États-Unis récoltent a peu près deux fois autant que nous, qu'ils retirent d'un hectare quatre fois autant que nous, et produisent par tète d'iial)itant dix à onze fois plus de céréales que la Russie.

En ce qui concerne les conditions dans lesquelles se fait le commerce des grains russes, l'auteur de cette étude indique comme particulièrement défavorables les abus qui se commettent journellement dans ce commerce et qui consistent dans les mélanges que font des négociants peu scrupuleux, avilissant ainsi les pris des grains russes à l'étranger. En outre, il signale l'absence de garanties légales pour que les affaires conclues soient réellement exécutées. L'auteur constate, ce qui est parfaitement vrai, que les désordres qui se produisent dans le commerce des grains russes sont souvent causés par des maisons de commerce qui ne sont pas russes. Curieux pour nous autres Russes, aussi les souhaits que forme M. Burgel pour la formation de tribunaux de commerce dans tous nos ports d'exportation ; ce vœu, sous la plume d'un écrivain allemand, prouve une fois de plus la confiance qu'ont les sphères commerciales étrangères aux tribunaux de commerce russes qui fonctionnent dans quelques-uns de nos ports et cela doit être d'autant plus apprécié qu'il est, depuis longtemps déjà, (jucstion de supprimer les tribunaux de commerce spéciaux.

Au cours de l'année passée les relations commerciales de la Russie avec les États-Unis de l'Amérique du Nord se sont tendues : les États-Unis ont établi des droits de compensation à

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rentrée des sucres russes et la Russie a répondu par le relèvement de certains droits sur les produits importés par les Etats-Unis (instruments et machines en métaux). Ce différend est dû à une interprétation erronée de la législation fiscale des sucres en vigueur en Russie. Les organes spéciaux de la sucrerie à Fétranger ont souvent affirmé que la réglementation officielle du prix du sucre et de la livraison au marché intérieur, en Russie, n'est pas autre chose qu'une prime indirecte allouée aux exportateurs.

On voyait notamment cette prime indirecte dans la combinaison de la surtaxe et de la limitation de l'offre et ce point de vue a été appuyé par certains orateurs pendant la Conférence internationale sur le régime des sucres tenue àRruxelles en 1898. On y a notamment exprimé l'opinion que « des avantages semblables à ceux résultant des primes peuvent découler de la disproportion entre le taux des droits d'entrée et celui des droits de consommation (surtaxes), là surtout où les pouvoirs publics imposent, provoquent ou encouragent les coalitions entre producteurs de sucre ». Le délégué de la Russie, M. Arthur RafFalovich, a alors combattu l'opinion d'après laquelle la législation de l'Empire protège l'exportation du sucre; il a indiqué que l'exportation est une perte pour le fabricant russe et que la législation russe non seulement n'accorde pas de primes d'exportation, mais au contraire met à l'amende les sucres produits en excédent des besoins du marché intérieur. L'exportateur du sucre russe ne reçoit à la sortie que la restitution des droits d'accise.

Voici quel a été le mouvement de la production, de la consommation et des prix du sucre sur le marché russe dans hî courant des années 1895-1900 :

Prix maximum.

Nombres Mis sur lo Jusqu'au A partir du

^Campagnes des sucreries Produit marché intérieur 1" janvier l»' janvier.

Il résulte de ce tableau que, malgré l'augmentation de la consommation, les prix du sucre sur le marché russe baissent. D'autre part, si on considère que l'exportation soutient des prix élevés sur le marché russe et 'que c'est le consommateur qui

paye les primes d'exportation à l'exportateur, il faudra, une fois entré dans cette voie, établir des droits de compensation sur tous les produits dont les prix, sur les marchés étraagers, subissent une hausse par des syndicats au moyen de Fexportation.

Les chemins de fer de l'Empire avaient, au 1'*^ janvier 1901 une longueur de 51.431 verstes, dont 41.781 verstes dans la Russie d'Europe, 2.543 en Finlande et 7.107 verstes dans la Russie d'Asie.

Dans le courant de l'année 19002.532 verstes ont été ouvertes à l'exploitation, dont presque la moitié (1.033 verstes) sur le chemin de fer Transbaikalien. Parmi les autres lignes ouvertes à la circulation, il faut citer la ligne de Petrovsk à Derbent du chemin de fer de Vladicaucase (122 verstes), la ligne de Birulevo du chemin de fer de Riasan à Ouralsk (238 verstes), la ligne de Likhaya à Krivomouzguine du chemin de fer Sud-Est (299 verstes) et la ligne d'intérêt local Kalinovka à Grayvoron (205 verstes).

La circulation des principales marchandises sur les chemms de fer russes en 19C0 a été :

Cér

•([•aies (importées

par

clieniin de fer à

Naphte

Pétrole et autres

la frontièi'c el dans

et résidus

dérivés du napli te Sel

Houille.

les porls)

Ex

portés des stations de chemins

de fer.

Wagons.

Le tableau suivant donne des détails sur les recettes des chemins de fer pendant les onze premiers mois de 1899 et de 1900:

Longuour Kccelles dus 1 1 premiers nioii?

do la lijiiio 189!) cl 1900

oxploiléc ' "^ ^^ ^

au l" décembre Total l'ar versle

18'J9 llXtO 189!) 1900 1899 1900

Verslcs Koublcs Roubles Roubles

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