‹ Le marché financier en 1900-1901Chapitre 7 sur 132 · L. Wigan Ailey Ir · texte numérisé non relu

L. Wigan Ailey Ir

Pemberton 11 14 17 6 15

Charbon de ménage 10 13.6 14.6 4 6 14 0.6

W. Ch. à vapeur l^e 13.9 24.6 29 15.6 19.6 10

. Montmouth 1^° 13.3 19 24 11 17.6 6.6

Charbon de ménage 13.6 » 26 12.6 20 6

Toutes les espèces de charbon ont haussé, principalement le charbon pour la marine et le charbon pour le ménage. Le maximum de la hausse a été atteint en octobre 1900, depuis lors on a rebaissé. Dans le courant de 1900, la hausse a atteint de 50 à 90 0/0 sur les cours de 1899; vers la fin de 1900 les prix ont fléchi. Cette hausse a affecté presque toutes les classes, aussi bien ceux qui produisent ou transforment le fer, Facier, les Gompagnies des chemins de fer, de gaz, de navigation, que les consommateurs particuhers, ménages et hôtels. Les prix avaient subi un véritable emballement à partir de la dernière quinzaine de 1899.

(1) Les exportations de charbons ont été :

Tonnes

On a recherché les causes de la hausse et on les a réparties entre plusieurs chefs : 1° le mouvement de prospérité industrielle et générale, l'activité plus grande des usines, des manufactures, des transports; 2'' la demande considérable de charl)on à vapeur et de charbon à coke pour le continent ; 3° les achats de l'Amirauté, qui a demandé des quantités énormes pour les arsenaux, les stations à charbon, au moment où l'industrie avait de grands l)esoins; il faut cataloguer sous la même rubrique, les commandes des pays étrangers, rendues nécessaires par les affaires de Chine et qui sont venues se superposer aux effets de la guerre sud-africaine; 4'' la moindre production par les ouvriers, qui extraient moins de houille par tête que dans les années moins prospères ; dans le nord de l'Angleterre, la diminution aurait été de 50 0/0; 5° l'empressement des acheteurs qui, par moment, a approché de la panique ; ()° une exagération dans les exportations (1), des spéculations des propriétaires de mines.

Il y a d'autres raisons encore, la hausse des salaires, le prix de revient pUis élevé par suite des nouvelles charges fiscales, la hausse du bois et du fer, l'élévation des redevances, les primes d'assurance nécessaires pour se garantir contre les accidents, l'ilicapacité des chemins de fer à venir à bout du trafic, le manque de matériel roulant, la défectuosité des expéditions ; on a prétendu aussi que la guerre avait enlevé aux mines un certain nombre d'ouvriers enrôlés dans l'armée. 190.000 hommes de la réserve ou de la milice ont été en effet appelés. Mais miliciens et réservistes se recrutent dans les métiers les moins payés et si quelques mineurs ont pu partir, le nom])re en a été restreint. On a parlé d'un syndicat des propriétaires de mines pour la hausse, mais cela ne paraît pas ôtre exact. Les propriétaires de charbonnage ont traversé de 1801 à 1898 une succession d'années où les l)énéfices ont été médiocres, 3 0/0 sur le capital engagé ; ils ont donc tiré tout le parti possible de la situation (2).

(1) 1897, 30 millions de tonnes au prix moyen de 9 sh. ; 1898 36 millions 1/2 au prix de 10 sh., 1899 43 millions au prix de 10 sh. 10 deniers.

(2) La grande maison Pease a été transformée en compagnie par actions, il y a deux ans, au capital de 1.000.000 £ d'actions; le bénéfice pour 1899-1900 a été de 33 1/2, la Main Colliery a eu un bénéfice de 41 1/2, la Fife Golliery paie 25 0/0 pour un semestre, c'est-à-dire autant que le total des trois années précédentes. En évaluant à 6 shillings la hausse moyenne sur une production de 220.000 tonnes, c'est une plus-value de 66 millions de £, dont les mineurs

Les compagnies de chemins de fer ont été fortement éprouvées parlahausse. Douze compagnies ontpayéle combustible pourle premier semestre de 1899, 1. 743.000 £, pour la même période de 1900 2.250.000, soit 510.000 de plus, soit près de 30 0/0. Les compagnies de gaz consomment 13 millions de tonnes; elles ont dû payer cette année, en mars 1900, IG sh. 6 deniers au lieu de 8 sh. 6 en 1899 et G sh. G il y a quelques années ; pour la Gaz Light and Coke Company, cela fait une perte de 800.000 £. Les compagnies de gaz à Londres se sont entendues pour relever de G pence le prix des 1.000 pieds cubes de gaz. Pour la marine à vapeur, engagée dans le commerce étranger, on estime à 5.000.000 £ l'augmentation des dépenses ; les frets s'en sont ressentis. Les principales compagnies de navigation vers l'Inde, la Chine, le Japon, l'Australie ont majoré temporairement de 10 0/0 le prix des billets.

En 1872-1874, le cours du charbon a été plus élevé qu'en 1900, mais il y a une différence entre les deux époques. En 1900, la hausse du charbon a été plus grande que celle des autres produits, tandis qu'en 1872 tout avait haussé, ce qui permettait aux industriels de se récupérer. En 1900, le renchérissement de la houille et des matières premières a dépassé la hausse des produits achevés.

Au début de 1901, on a constaté une détente considérable : le Cardiff de première qualité a valu 20 sh. au lieu de 30 il y a un an et les acheteurs se montrent des plus réservés. Il a été fait des contrats entre les charbonnages et les compagnies de chemins de fer avec une baisse de 3 sh. au-dessous des derniers prix, le prix demeurant cependant supérieur de 3 à 4 sh. à la moyenne habituelle. On prévoit déjà qu'il se reconstituera des stocks. Un élément d'incertitude, c'est l'attitude que pourront prendre les ouvriers.

Le mouvement de concentration des capitaux, le désir de restreindre la concurrence par des ententes entre producteurs, l'intervention du brasseur d'affaires, anxieux de gagner des

recevront 11 millions 1/2, les propriétaires de mines et les intermédiaires 54 millions 1/2. Environ 700.000 ouvriers travaillent dans les charbonnages ; on a estimé que la hausse des salaires, comparativement à 1886, représente 9 sh. par semaine, le salaire moyen actuel pour six jours de travail est entre 28, 34 et 42 sh. Mais il est difficile, parait-il, d'obtenir que le mineur travaille autant avec des salaires élevés qu'avec des salaires médiocres.

commissions, ont amené la constitution en Angleterre de trusts qui ne sont pas aussi fortement constitués que ceux des Etats-Unis ou que les cartels allemands; ces groupements étaient à peu près inconnus, il y a une dizaine d'années; on en rencontre aujourd'hui autant de variétés qu'aux Etats- Unis : des ententes assez lâches pour répartir le commerce dans une branche spéciale, des conventions entre fabricants pour régler les prix, de grandes fusions qui dominent le marché, des trusts locaux, des tentatives internationales.

Cette expansion de combines, d'ententes sous diverses formes, est d'autant plus remarquable que les premiers essais ont été des échecs. Il y a peu d'années encore, l'Angleterre en était libre. La croissance de ces organisations est le résultat nature] de la manie de fusionner ; c'est la conséquence assez compréhensible et le développement de la Compagnie par actions. 11 est plus facile pour des sociétés d'entrer dans des arrangements, sur des bases équitables, que cela n'est le cas pour des particuliers. Les combines anglais diffèrent sous beaucoup de rapports des trusts américains, tout d'abord par suite de la législation sur les sociétés par actions et aussi du libre-échange. La forme anonyme anglaise, fait observer M. Robert Donald, introduit un élément de contrôle démocratique, au lieu de l'autocratie américaine, et le libre-échange sert de soupape de sûreté. Les consommateurs anglais n'ont pas autant à redouter de combines réglementés par les lois sur les compagnies et tenus en échec par le hbre-échange que les consommateurs américains. La tyrannie du gros capital sera limitée et aussi longtemps que toute chance de concurrence n'a pas disparu, le combine trouvera sa sécurité dans une élévation seulement modérée des prix. Au point de vue industriel, ces groupements peuvent exercer une influence stimulante, combattre la ^routine, introduire de nouvelles méthodes, pousser à la spécialisation.

Voici une liste de quelques-uns de ces trusts ou combines, avec la date de leur création et le nombre d'établissements fusionnés :

Nombre des Capital entreprises. liv. sterl.

1888. Sait Union Limited 70 2.000.000

1890. United Alkali G» 43 6.000.000

1896. J. P. Coates 4 5.500.000

1897. English SewingCotlon Gy 15 2.750.000

1898. Fine Gotton Spinn ers et Doublers 31 6.000.00C»

Nomld'c (les Capital

entreprises liv. slcr.

1898. Bradfort Dyers 22 4.500.000

1898. Yorkshire Indigo and Color Dycrs .... 11 600.000

1898. Bradfort CoalMercliants and Gonsiimers. 8 2,250.000

1898. Yorkshire WoolCombers 38 500.000

1898. United Indigo and Chemicals 8 250.000

1898. Calico Printers 60 9.200.000

1900. Wall paper Manufact 28 4.200.000

1900. United Velvet Cutters 4 300.000

1900. British Colton Wool Dyers 46 2.750.000

La liste est certainement incomplète, mais elle montre que 328 compagnies ou entreprises onttrouvé avantage à se fusionner. Le plus ancien est le Sait Union limited, qui a acquis les établissements: salines, mines, fabriques de nombreuses firmes et compagnies ; il fut créé pour régler la production elles prix. Les actions ordinaires ont reçu 10 0/0 pour 1889, 7 pour 1890, 5 pour 1891 et 1892, 3 pour 1893, 2 1/2 pour 1894, 2pour|1895, 1 pour 1896 ; en 1897, les actions privilégiées ont touclié seulement 1 1/4 et rien en 1898. Les actions ordinaires de 10 livres sont cotées entre 1 et 2, les privilégiées entre 2 1/2 et 3. L'United Alkali Company fut établi pour consolider (fusionner) diverses fabriques produisant des matières pour blanchir et apprêter, de la soude, de l'alcali blanc, du sulfate et des cristaux de soude, du chlorate de potasse, de l'acide sullurique, etc. ; Fobjet était de mettre un terme à la concurrence, de réaliser des économies dans la production, de réduire les frais detransport.il a été payé pour 1891 5 0/0, 1893 6 0/0, 1893 5 0/0, 1894 rien, 1895 1 0/0, 1«96 2 0/0, 1897, 1898 et 1899 rien aux actions ordinaires qui sont de 10 £ et valent 2 1/2 à 3.

Quant à J. et P. Goates international forporaiion ; de 1891 à 1894, les actionnaires ont reçu 8 0/0, en 1894-1895 10 0/0, 1895-1896 et 1896-1897 20 0/0, 1897-1898 30, 1898-1899 30 0/0 et un boni de 10 0/0. Les actions de 100 £ valent 850. Une des causes du succès de cette entreprise qui fabrique et vend du fil, se trouve dans la rapidité et l'habileté à s'assurer et à conserver les débouchés au dehors ; dans les pays où il n'était pas avantageux d'exporter du fil fabriqué en Angleterre et en Ecosse, on construit des fabriques. Outre ses filatures à l'étranger, la compagnie possède des intérêts dans douze fabriques à l'étranger et une grande partie des bénéfices provient de l'activité hors d'Angleterre.

Dans l'English Sewing Cotton Company, chaque entreprise entrée dans la fusion conduit ses affaires séparément et conserve son caractère individuel, tandis que les actions sont détenues par la compagnie. La proportion de commerce à faire dans les marchés étrangers est répartie. Le marché espagnol avait été attribué à Goates, mais TEnglish Sewing Gotton établit en Espagne une filature pour alimenter Guba. Après la perte de Guba, elle essaya de vendre en Espagne le fil fabriqué. Elle rencontra Fopposition de Goates, avec lesquels elle dut s'entendre. Lors de la création de la Compagnie, il y eut un grand engouement, les actions firent prime de 100 0/0 avant l'émission et le pubhc souscrivit 12 millions de £. Le capital est réparti en 750.000 actions de 1 £, l.OOO.OOO actions privilégiées 5 0/0 de 1 £ et 875.000 £ en obligations 4 0/0. Les filateurs écossais, comme l'expliqua le prospectus, avaient fusionné, avec de bons résultats, et à leur exemple les fdateurs anglais avaient procédé de même ; la nouvelle compagnie s'efforcerait d'être en bons termes avec les autres filateurs et, dans cet ordre d'idées, on s'était entendu avec MM. J. et P. Goates, pour souscrire 200.000 actions. Geux-ci ne prirent pas rengagement de les garder, mais ils eurent une arme formidable entre les mains, ils n'eurent qu'à vendre 100.000 actions pour faire capituler l'English Sewing. L'émission primitive de capital a été de 2.250.000 £, dont 1.281.520 £ ont payé les immeubles, l'outillage, les stocks en magasins, en un mot l'actif des 15 entreprises fusionnées, 1.000.000 £ ont été affectés à payer le fonds de commerce. Depuis lors, on a absorbé deux autres filatures et formé FAmerican Thread Company, ce qui a fait porter le capital à 3.000.000 £. 11 ne semble pas que les résultats commerciaux aient répondu aux espérances, les plus gros bénéfices provenaient des opérations financières; grâce aux primes, on a pu établir un fonds de 200.000 £.

En 1898, le bénéfice brut a été de 74.000 £, net de 26.230, en 1899 de 244.500, net de 178.500 (8 3/4 0/0 de dividende); le bénéfice net en 1900 est 109.105 £ (7 1/2 0/0).

Tous les filateurs anglais de fin furent réunis dans la Fine Cotton Spinners and Doublcrs Association. La première année, ils ont distribué 8 0/0, la seconde 10 0/0 et mis en deux ans 180.000 livres à la réserve. Les actions de 1 £ valent 2 1/2. Les Goates sont de forts actionnaires pour être en mesure de protéger leurs intérêts comme acheteurs de fil de coton fin.

00 LE MAKCIIÉ FINANCIEH EN 1900

La Bradford Dyers Association comprend les neuf dixièmes des maisons de teinture en pièces. Elle teint des marchandises valant 300 à 375 millions de francs, emploie 7.500 ouvriers et consomme 250.000 tonnes de houille par an. Les fondateurs ont mis en avant : l°la cessation d'une concurrence ruineuse, obligeant de travailler au-dessous du prix de revient ; 2° les avantages d'un meilleur outillage, de meilleurs procédés, résultant de la présence de spécialistes au conseil; 3° la centralisation pour l'administration, les achats, les ventes, la distribution. Chaque entreprise est contrôlée autant que possible par ses anciens propriétaires. La compagnie a payé 8 0/0 pour le premier exercice, placé 60.000 £ à la réserve.

Il a été procédé depuis quelques années, en Angleterre, à un nombre croissant de fusions de petits ou de grands magasins, sous prétexte qu'il y avait bénéfice à diminuer les frais généraux, à rendre la concurrence moins intense et qu'on espérait maintenir le niveau des prix. Les résultats ne répondent pas toujours aux promesses des fondateurs, inscrites dans les prospectus. Il est facile d'en trouver des exemples, aussi bien dans la grande industrie que dans le commerce de détail. En 1896, on crée avec 26 magasins d'épicerie, ayant donné de 175.000 à 200.000 francs de bénéfice, une société unique qui a payé un dividende de 7 0/0 en 1897 et qui depuis lors travaille à perte. La gestion a été défectueuse, on a perdu la clientèle en vendant de la marchandise inférieure. Cela confirme lidée que tout ne peut pas être mis en actions.

M. Sauerbeck publie tous les ans ce qu'on appelle des Index numbers, relatifs à un ensemble de 45 articles. Voici le tableau depuis 1880; le point 100 est la moyenne de 1867 à 1877.

Le chiffre de 1900 est supérieur à celui de 1899, de 10 0/0. Voici les fluctuations mensuelles :

Décembre 1899.... 72.3

Janvier 1900 "53.0

Février 75.1

Avrir 75.6

Mai 75.5

Juin 75.7

Juillet 1900..

Août

Septembre..

Octobre

Novembre.. .

Décembre —

D'après l'Index niimber de YEconomisi^ le niveau des prix baisse depuis septembre 1900 :

Décembre 1899.

Mars 1900

Juin

Septembre

Décembre

Voici le prix au commencement de l'année et à la fm du trimestre pour quelques grands articles :

Froment

Orge

Avoine

Farine

Bœuf l'e

Riz

Thé Congo

Café

Pétrole

Fer, fonte, Ecoss.

— barres

— rails acier. .

Houille Walsend.

Cuivre

Etain 111.18.3 136.0.0

Plomb 11.17 6 17.0.0

l" jaav.

£ sh. d.

30 mars £sh.d

30 juin £ sh. d.

30 sept.

£ sh. d.

30 déc.

£ sh. d.

Froment, orge, avoine, par quarter; farine par 280 livres; bœuf par 8 liv., riz par cwt; thé par livre ; café par cwt; pétrole par gallon; houille à Londres par tonne; fer, cuivre, étain, plomb, par tonne.

Le montant total des émissions anglaises pendant Tannée 1900 a été le plus considérable qu'on ait jamais vu, dépassant de 30 millions le chiffre de 1899, de 47 celui de 1898. Si le total est considérable, cela tient aux emprunts que le gouver-

02 LE MARCnÉ FINANCIER EN 1900

nemcnt anglais a dû contracter pour sul)venir aux frais de la guerre sud-africaine et de l'expédition de Chine, à la nouvelle loi sur les sociétés, non applicable aux Compagnies créées avant le P'^ janvier 1001 et enfin à la constitution d'un certain nombre de trusls industriels. Si l'on déduit les 43 millions empruntés pour les besoins de la guerre du chiffre des émissions en 1900, émissions exclusivement faites en Angleterre, le chiffre obtenu de 117 millions est moins important que ceux de 1899, de 1897 et de 1896.

Le tableau suivant donne, en miUiers de livres, le montant du capital nominal créé et les appels effectifs d'argent pour chacune des dix dernières années :

Capital nominal crée Argent appcl<5 effectivement

Années

En En Angleterre Angleterre et ailleurs

Total 169.953

En Angleterre

En Angleterre et ailleurs

Total 131.188

Emprunts du gouvernement britannique.

d'Etats coloniaux....

d'Etats étransrers

municipaux et provinciaux anglais

» et coloniaux étranp'prs -

chemins de fer britanniques. .

» indiens minières australiennes

et coloni

MUX

Sociétés

)» de cuivre. . .

» sud-africaine » diverses ....

ta

d'exploration

Brasseries et distilleries

Sociétés

d'importation et d'exp( manufacturières

}rtalion« .

commerciales

foncières. ,

fers et charbons

reijorter.

AxNGLETERRE 63

Report 128.613.300

Sociétés d'électricité 6.499. 300

> tramways et omnibus 2.089.700

« gaz et eau 1.768.400

» hôtels, théâtres, 561.300

Brevets 1 . 164 . 800

Docks et navigations 5.510.600

Banques et assurances 1.818.600

Divers 6.673.700

Total ,... 154.699.700

Le montant nominal des emprunts mis en souscription publique par le gouvernement anglais est de 48 millions de livres dont 43 millions pour les dépenses de guerre et 5 millions d'emprunts locaux, L importance de ce dernier montant indique la difficulté pour les petites autorités locales de se procurer des ressources directement sur le marché. A trois reprises, en 1900, il a été émis des emprunts pour la guerre ; d'abord, l'emprunt national de guerre de 30 millions, 10 millions de bons de l'Echiquier dont la moitié a été placée aux États-Unis et une seconde tranche de ceux-ci de 3 millions. L'Etat s'est, en outre, créé des ressources en plaçant sur le marché des bons du Trésor à court terme qui ne figurent pas dans la statistique des émissions. Le total des emprunts coloniaux est de 7 millions, dont 3 milhons pour l'Inde et le reste se répartit entre diverses colonies australiennes. Un seul État étranger, la Suède, s'est adressé au marché de Londres pour y placer un emprunt. Les autorités locales, malgré la froideur de Taccueil fait aux nouvelles obligations des comtés et des municipalités, ont émis plus de 11 millions de hvres non plus en 2 1/2 0/0, mais en 3 0/0 au-dessous du pair et, encore, le placement a-t-il été assez médiocre.

Les Compagnies de chemins de fer anglais ont emprunté largement Tannée dernière. La plupart des titres nouveaux ont été réservés aux actionnaires; le Great Northern a fait exception en offrant au public 3 millions de livres d'actions privilégiées.

Les capitaux demandés par les sociétés minières, en 1900, sont moindres qu'en 1899. Quelques compagnies exploitant des filons à grande profondeur dans la colonie de Victoria ont fait appel au public, pour de nouvelles entreprises. L'Afrique du Sud a été fermée par la guerre, l'Australie occidentale par le dégoût du public. C'est dans le dernier trimestre de l'année

que rémission (rafïaires minières a été surtout considérable, à rapproche de la mise en vigueur de la nouvelle loi, plus gênante pour les brasseurs d'affaires. Il a surgi en 1900 une nouvelle catégorie de mines d'or : celle de FAchanti.

Le mouvement que la hausse du prix du cuivre avait provoqué en 1899 dans le domaine des créations nouvelles s'est à peu près arrêté en 1900; il n'a plus été demandé que 425.000 €, contre 2.423.000 en 1899.

Quant à l'industrie, le public montre moins de goût et le chiffre des émissions s'est réduit, il préfère les entreprises manufacturières dont il a été émis pour 14.762.000 £, provenant principalement de fusions d'entreprises existantes ; mais cette forme est moins en vogue aussi, à la suite de résultats moins brillants que les promesses faites.

L'activité extraordinaire du marché de la houille et du fer, les gros bénéfices obtenus principalement en Ecosse, ont développé la création d'un nombre considérable de nouveaux titres pour un capital de plus de 13 millions de livres ; il faut remarquer enfin l'importance d'émission des valeurs d'électricité.

Jamais Somerset-House, où l'on enregistre les déclarations de naissance des sociétés commerciales par actions, n'a présenté le spectacle d'une foule aussi compacte, aussi agitée et aussi impatiente que celle qui s'y trouvait le 31 décembre 1900. Le coup de cloche annonçant la fermeture des bureaux a jeté la consternation parmi ceux, très nombreux, qui n'avaient pu encore obtenir leur tour. Ce fut avec un sentiment de soulagement que l'on accueillit la nouvelle que l'on accepterait les déclarations de tous ceux qui étaient présents. Il a été enregistré le dernier jour de l'année 150 actes constitutifs de sociétés, alors que la moyenne journalière en temps normal est de 15, mais elle avait été largement dépassée : on était arrivé à 42 le 18 décembre, à 80 le 22, à 132 le 28. Cette hâte fébrHe d'obtenir pour de nouvelles affaires la consécration de l'enregistrement n'a eu d'autre raison d'être que rentrée en vigueur, à partir du 1" janvier 1901, de la nouvelle loi sur les sociétés anonymes.

Le nombre des faillites en 1900 a été de 9.224 (5.008 banqueroutes, 3.633 liquidations par arrangement) dont 868 (459 banqueroutes, 409 arrangements) sont dans la finance, le commerce et l'industrie de gros, 7.773 (4.549, respectivement 3.224) dans le commerce de détail, les professions, les débir tants de boissons,

Le total des compensations effectuées en 1900 au Clearing House de Londres montre que le nombre total des chèques compensés en 1900 a été de 8.960.170.000 £, contre 9.150.269.000 en 1899; c'est une diminution de 190 millions, soit de 2 0/0. La diminution provient principalement de la moindre activité des transactions de bourse ; les compensations, les jours de paiement de liquidation, ont diminué de 204 millions ou plus de 13 0/0. D'autre part, les transactions aux liquidations des Consolidés se sont élevées à 438 millions en 1900, en plus-value de 35 millions ou de 8,7 0/0. Le tableau suivant montre le mouvement de 1891 à 1900. D'une façon générale, on remarque une moindre activité dans les affaires.

Totaux de ramic-e. 4 du mois. Liquidalion du Li((uidatiou Millions de livres Stock Exchaiige des Consolidés

Ic93

Les Clearing-Houses de province montrent, soit un état stationnaire comme celui de Birmingham, soit des augmentations à Manchester, Liverpool et Newcastle. L'absorption des banques de province par des institutions financières de Londres a pour conséquence d'attirer les affaires vers la capitale.

Le marché financier et monétaire de Londres, qui se concentre dans Lombard Street, a été davantage, en 1900, sous l'influence de la guerre du ïransvaal qu'en 1899. Ce n'est pas qu'en 1899 on eût été moins préoccupé, moins anxieux, alors que la rupture des relations entre l'Angleterre et les deux républiques n'avait pas encore eu lieu et pendant les trois premiers d'une campagne, dont les débuts n'étaient pas heureux. En 1900, le marché, sauf quelques journées d'enthousiasme délirant provoqué par la délivrance de Ladysmith, de Mafeking et par le retour des volontaires de la Cité, s'est R. 5

trouvé en face des ditriciiltés financières qu'entraîne une guerre lointaine. J^a répercussion de la guerre sur le money market a été d'autant plus profonde que, pendant une longue période d'années, le gouvernement anglais n'a plus emprunté, qu'il remboursait annuellement 170 millions de francs, et que, devant la nécessite de couvrir d'énormes dépenses, il a préféré ne pas contracter un gros emprunt, mais vivre d'expédients et recourir à la dette flottante.

En dehors de la suppression de l'amorlissement, en dehors de nouvelles taxes fort lourdes, le paiement des frais de la guerre a amené l'émission d'emprunts et de bons du Trésor pour près de 50 millions de livres : c'est l'événement principal dans la chronique de Lombard Street, comme le fait observer avec raison le Bankers' Magazine ; ce sont les nécessités du gouvernement, ses besoins, qui ont dicté la conduite de la Banque d'Angleterre, tiraillée comme nous l'avons dit dans notre introduction, entre ses obligations de banquier du gouvernement et ses devoirs envers le pays, devoirs qu'implique la situation de gardienne de la circulation et du stock monétaire. Si le niveau de l'escompte n'a pas dépassé une limite relativement modérée, c'est afin de ne pas gêner les opérations du Chancelier de l'Echiquier. La tâche n'était pas facile : d'une part, ne pas laisser le taux s'affaisser outre mesure et ne pas s'exposer à un drainage; de l'autre, faciliter au gouvernement le placement de ses titres ; il ne faut pas oublier que les paiements du gouvernement pour les fournitures, pour le transport, faits souvent à l'aide d'avances de la Banque, ont contribué à entretenir une abondance factice des capitaux disponibles.

Parmi les nombreux appels au crédit faits par l'État, les deux plus importants ont été l'emprunt de guerre de 30 millions de livres, émis en mars, et les 10 millions iVExchequer Bonds (obligations de l'Echiquier) en août. L'emprunt de guerre fut annoncé officiellement le 9 mars. Le Chancelier de TEchiquier se rendit ce jour-là dans la Cité; une importante réunion des banquiers fut tenue à la Banque, le Chancelier de l'Echiquier expliqua les conditions de l'emprunt : il s'agissait de 30 millions rapportant 2 3/4 0/0 et remboursables au pair en 1910. Le prix d'émission fut fixé à 98 1/2, et, tenant compte du remboursement, l'intérêt obtenu par le public était d'environ 3 0/0. Les versements furent échelonnés jusqu'au 8 novembre. Le public souscrivit 335.500.0u0 £, c'est-à-dire

couvrit plus de 11 fois l'emprunt. Malgré les efforts faits pour assurer le placement dans les mains des rentiers, on s'aperçut assez vite que l'emprunt était mal classé.

Le 3 août, on annonça l'émission de 10 millions en Exchequer Bonds 3 0/0, à 98, avec remboursement en 1903. Le point intéressant a été la prise ferme d'environ la moitié de l'emprunt aux États-Unis. Il ne fut pas fait mention de ce fait dans le prospectus, et lorsque la souscription fut ouverte le mardi après le Bank Holiday d'août, elle fut close avant 11 heures, ne donnant pas au public anglais l'opportunité de souscrire.

Le total emprunté par le Gouvernement a été en 1900 :

Emprunt de guerre 30 million? .

Exchequer Bonds, 3 ans, août 10 —

— 5 ans, novembre 3 —

Bons du Trésor 13 —

56 millions.

Sur ces 13 millions, 8 ont été émis en 1899 et renouvelés

en 1900.

Le tableau ci-dessous donne le détail des opérations du Trésor en 1900 en bons du Trésor, offerts au public par Fin termédiaire de la Banque d'Angleterre :

l'>00 Moulant Durc'c

2 janvier 2.000.000 6 moi>,

janvier l.OCO.OOO 12 —

6 février 2.000.000 12 —

23 mars 1.720.000 12 -

8 mai 1.000.000 3 -

8 mai 1.000. 000 12 —

2 juillet 2 000.000 3 -

24 juillet 1.000.000 9 -

24 juillet 1.000.000 12 -

24 août 1.000.000 G —

24 août 588.000 9 —

24 août 1.000.000 12 —

21 septembre... 1.000.000 6 —

21 septembre.... 1000.000 9 —

2 octobre - 1.000.000 6 -

2 octobre 1.000.000 9 -

12 novembre ... . 1.000.000 3 -

1? novembre 1.500.000 6 —

11 décembre.... 2.000. 000 9 -

Taux d'i

ntércl

£ sh.

Malgré la fréquente apparition du g-ouvernement anglais comme gros emprunteur sur le marché, celui-ci n'a pas subi de perturbation grave, bien qull se trouvât dans un état à peu près continu d'incertitude. La tension qui existait à la fin de 1899 et qui avait fait élever l'escompte à 6 0/0 disparut bientôt et, dès le 18 janvier 1900, la Banque put descendre à 5 0/0, à 4 1/2, pour venir à 4 0/0 le 25 janvier. Les rentrées de taxes et les versements sur l'emprunt de guerre tinrent le marché serré pendant trois mois, le taux hors banque demeurant légèrement au-dessus du taux officiel, si bien que la masse des transactions (avances et escomptes) vint à la Banque d'Angleterre. De grandes rentrées d'or détendirent le marché en mai, si bien que l'escompte fut abaissé de 4 à 3 1/2 le 23 mai, et un mois plus tard à 3 0/0. L'aisance du marché ne dura que quelques semaines, des sorties d'or eurent lieu en juillet et la réserve étant tombée à un niveau très bas, avec des emprunts de l'iitat en perspective, le 19 juillet, le taux officiel fut relevé à 4 0/0. Dès lors, les taux du marché hors banque restèrent légèrement audessous de celui de la Banque, le cours le plus bas pour le papier de premier ordre aj^ant été de 3 1/2 pendant la dernière semaine d'août. En janvier 1901, la Banque procède à une élévation d'escompte à 5 0/0, c'est-à-dire à une date où cette mesure est peu ordinaire, mais cette fois elle n'était pas inattendue, en présence de la baisse de la réserve métallique. Il s'agissait d'infiuer sur le change défavorable, contre leque l'Angleterre a eu à lutter presque toute l'année et auquel ont contribué les dépenses militaires et navales à l'étranger, les grandes importations, l'arrêt dans les importations d'or du Transvaal, les remises pour les voyageurs venant à l'Exposition.

En 190O, la Banque a changé 6 fois le taux d'escompte, le taux moyen a été de 3 liv. 19 sh. 2 pence par 100 £ et celui hors banque de 3,13,3, ce qui montre combien le marché a suivi de près la banque. En 1900, la Banque a reçu comme solde net de l'étranger 4.374.000 £, l'encaisse est de 28 milhons 541.000 contre 29.342.000 £ en 1899.

Changements de taux... six six quatre six trois aucun

Taux le plus haut 6 6 4 4 4 2

jjg^g 3 3 2 1/2 2 2 2

Moyen de la Banque.".*.".'. 3,19,2 3,13.6 3. 4,9 2,12,6 2,10,6 2

L hors hauque 3,13,3 3,5,0 2,11,10 1,15,10 1,7,7 0,15,11

Ecart 0.5,11 0,8,5 0,12,11 1,2,10 1,4,1 1,2,10

Le taux moyen trimestriel a été à Londres, hors banque (1).

Moyenne 1'^'' Irim. 2" trim. 3" Irim. 4" trim. de l'année.

La circulation de la Banque d'Angleterre ne varie jamais beaucoup ; au point de vue de l'encaisse or, elle a été fort attaquée, elle était de 32.126.276 £ le 3 janvier 1900, de 28.541.163 le 26 décembre. Le chiffre le plus élevé du premier semestre a été 35.972.000 £ le 28 février, du second 36.661.444 £ le 19 septembre.

Le portefeuille de la Banque, généralement si calme, a éprouvé le contre-coup des besoins de l'Etat ; au début de Tannée, il était de 50,6 millions, au 14 mars, et atteignait 57,6 pour descendre le 21 à 48,8 millions, puis il s'est affaissé à 44 ou 45 millions dans le courant du premier semestre ; il remonte en juillet à 50 millions, descend à 39 millions en septembre pour fmir Tannée à 45 millions.

La réserve a été de 20,5 millions (38,5/8 0/0) le 3 janvier, de 24,3 millions (47 0/0) le 14 février, de 24,4 millions (38 5/16) le 14 mars, de 21,2 millions (43 5/8) le 27 juin, de 19,5 millions (37 1/2) le 4 juillet, de 17,9 millions (35 3/8) le l^'' août: depuis la fin d'août elle remonte, atteignant 54 0/0 avec 25 millions le 19 septembre, oscille aux environs de 45 à 40 et finit Tannée à 16.5 millions (37 1/2).

Si Ton compare les statistiques anglaises de banques au commencement et à la fin du xix^ siècle, on voit en millions de livres :

(1) De 1878 à 1899, on compte 8.035 jours, durant lesquels le taux de la Banque d'Angleterre a été :]

2 0/0 pendant 2.018 jours, soit 25,2 0/0

Billets de la Banque d'Angleterre 26.9 28.3 30.0

Billots des banques provinciales 22.7 15.9 15.5

En 1814, la circulation fiduciaire était trenviron 50 millions de livres ; en 1900, elle n'est que de 45,5 millions ; mais, actuellement, il y a une circulation métallique de 80 à 100 millions, sans parler de 8 à 9 milliards de livres sterling qui sont compensées par le Clearing House. Les dépôts h la Banque d'Angleterre étaient de 12 millions en 1814, contre 47 millions actuellement. Les dépôts dans les institutions privées ont augmenté dans une proportion plus grande encore.

Les opérations du gouvernement en 1900, a dit M. F. Schuster aux actionnaires de TUnion Bank de Londres, empruntant d'une main et déboursant de l'autre, ont été l'élément principal, la considération dominante dumoney market. A première vue, il paraissait remarquable et satisfaisant que ces opérations aient pu être effectuées avec autant de calme, avec si peu de perturbation, considérant la grandeur et la longueur inattendues de la guerre, et aussi la suppression d'une des principales sources des importations d'or. Il est incontestable qu'une parlie considérable de l'argent obtenu par le gouvernement a été obtenue de sources étrangères, et en ce qui regarde la position monétaire internationale, cette portion des dépenses anglaises n'a pas été payée, mais seulement empruntée. Il ne faut pas négliger le fait que la tenue continuellement défavorable du change a été un facteur dans la situation générale. Il est difficile d'en discerner exactement les causes. Les raisons indiquées sont diverses, et entre autres les grands achats de matériel de guerre au dehors. Toutes ces causes sont insuffisantes à expliquer comment, pendant quelques années, il a été au pouvoir d'autres nations d'intercepter le flot d'or coulant vers FAngleterre, même k rsque la production battait son plein. Les statistiques du commerce peuvent éclairer la question : l'écart entre les importations et les exportations n'a cessé de grandir, 81 millions en 1886, 178 millions l'an dernier. Comment le solde a-t-il été payé ? Si c'est à l'aide des bénéfices du commerce, de la marine marchande, des intérêts sur les placements anglais, ce serait le signe d'une prospérité et d'une force croissante ; mais il est à craindre que cela ne soit pas le cas, et que dans ces dernières

années l'Angleterre se soit défaite d\me grande partie de ses placements à l'étranger, et qu'elle ait payé avec dn capital, non avec les intérêts ou les bénéfices.

Le mouvement des capitaux d'un pays à l'autre est très mystérieux, très difficile à suivre et cependant très important. Il y a deux ans, M. Schuster a indiqué que, pour la première fois, au lieu de recevoir des capitaux d'Europe, les Etats-Unis commenceraient à financer l'Europe. Ce qui était à l'état vague et imminent s'est réalisé. Non seulement le gouvernement anglais, mais encore le gouvernement allemand ont placé un emprunt aux Etats-Unis, qui ont pris une part prépondérante dans les transactions du monde, et dont il faut reconnaître et admettre l'importance industrielle, commerciale et financière. Le pouvoir des nations étrangères de tirer sur nos réserves d'or, par suite des placements effectués par elles en fonds anglais, des achats d'effets sur Londres, et de l'écart croissant des importations en Angleterre est manifeste. Il est heureux que la prospérité croissante des Etats-Unis leur ait permis de donner de l'or, lorsqu'on en a eu besoin, et il en serait venu davantage s'ils y avaient trouvé leur profit. Mais ce n'est pas une source sur laquelle on peut toujours compter. On a été spécialement heureux aussi que le commerce fût actif et sain, qu'il n'y ait pas eu de crise de crédit.

En présence de demandes possibles, il a fallu surveiller avec le plus grand soin la réserve suprême en espèces, l'encaisse métallique de la Banque d'Angleterre ; la coopération cordiale et loyale des banques et des prêteurs d'argent était nécessaire pour rendre efficace le taux de la Banque. La besogne des régents de la Banque d'Angleterre n'était pas facile, fonctionnant comme ils le font en vertu d'une constitution établie il y a cinquante ans, dans des conditions toutes différentes de celles d'aujourd'hui. On a réclamé la revision de l'acte de 1844 ; sans manquer de respect à une législation qui a rendu de si grands services, on peut dire que de nouvelles conditions ont surgi, auxquelles il conviendrait de s'adapter. On a recommandé l'introduction du svstème allemand, la faculté d'émettre des billets sous certaines conditions. Cette faculté serait certainement utile, mais elle présente des dangers, à moins qu'on n'établisse une proportion entre la réserve d'or et les dépôts dans les banques anglaises. Il faut seulement le concours de tous pour aboutir à une situation plus forte et plus saine . On n'a pas besoin d'argent cher ou de fluctuations, mais

il faut empocher la nervosité et le malaise qui nuisent aux affaires, dès qu'il est question cFune sortie d'or.

M. Schuster est d'avis que plus tôt l'on sera fixé sur le nouvel emprunt que le gouvernement doit faire, et plus tôt il sera émis, mieux cela vaudra. Il faut souhaiter que le chancelier de l'Echiquier élabore un plan un peu vaste et qu'on évite de recourir fréquemment et par petits paquets à l'emprunt. Le public prendrait volontiers un gros emprunt, paierait même cher, à condition d'être assuré que pendant quelque temps le marché ne sera pas dérangé par des opérations gouvernementales.

En 1900, dix ans se sont écoulés depuis la crise Baring et depuis que la Banque d'Angleterre a eu recours à l'assistance de la Banque de France et du gouvernement russe pour des prêts d'or. Dans l'intervalle, la question de la réserve métallique et de la nécessité de la renforcer a été souvent discutée ; on trouve dans les précédents volumes du Marché financier l'écho de ces préoccupations, mais en 1900 on n'a pas encore trouvé le loisir de résoudre le problème ; tandis que les banques d'émission des autres pays ont réuni des ressources plus considérables, la situation de la Banque d'Angleterre n'a pas beaucoup changé.

liv. st. liv. st.

Banque d'Angleterre réserve de billets

et encaisse... 19.200.000 19.800.000

Banque de France encaisse totale ^ ^^^ ^ ^ \ or 91.700.000

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