‹ Le marché monétaire et ses crises depuis cinquante ansChapitre 16 sur 88 · fr. 755.523.216 fr · texte numérisé non relu

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Les ressources métalliques des deux banques étaient donc moindres d’une somme de 117,142,432 fr.

Les hommes clairvoyants et au courant des mouvements du commerce général du monde, ne pouvaient plus se dissimuler l’approche d’une époque de gêne ou peut-être de crise financière. Le 31 octobre Y Economist publia un article significatif intitulé : Probabilité d’une grande hausse

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dans la valeur de l’argent. Cet article prophétique mérite d'être signalé parce qu'il prouve qu'on connaît assez bien maintenant les causes des crises pour pouvoir en prédire d’avance l’approche et les caractères probables. Voici à peu près ce que disait 1 ’Economist.

Lorsqu’on veut se faire une idée de l’avenir du marché monétaire, la première question à examiner est celle-ci : Le capital disponible de la nation est-il absorbé?

Il y a vingt ans, Porter estimait l’augmentation annuelle du capital eu Angleterre à 60,000,0001. st. et aujourd’hui elle doit monter à plus du double. Or ce capital si considérable a-t-il été complètement épuisé par l’extension du commerce ou par les entreprises nouvelles?

Dans les neuf premiers mois de 1861, les importations s’étaient élevées à 93,793,332 1. st., et en 1862 à 93,672,434 1. st. ; en 1863 elles montent à 104,294,713, ce qui constitue une notable augmentation.

Les exportations qui enlèvent aussi du capital national, en attendant les retours, ont moins augmenté : elles ont été :

En 1801 , de.

En 1802, de.

En 1863, de,

En résumé, le commerce avec l’étranger a employé plus de capitaux, mais cet accroissement ne présente rien d'alarmant. Les compagnies fondées hors du pays en ont pris davantage ; il y a surtout beaucoup d’engagements contractés de ce chef sur le marché anglais. Toutefois, là

encore ne peut se trouver la cause des difficultés qui menacent l’avenir.

Mais ce qui produira infailliblement des embarras financiers, ce sera le défaut ou la rareté du numéraire. Les chiffres des comptes courants de dépôt qui figurent au bilan des banquiers ne prouvent rien ; car ce qu’il faut à un moment donné, c’est de l’or. Nous avons un immense système de crédit, mais cela signifie que beaucoup d’entre nous se sont engagés à payer de l’or à la première demande ou à bref délai. Cet or doit se trouver dans le pays ou il y a crise, et malheureusement il est à craindre qu’il ne s’en écoule beaucoup.

Les importations de coton ont doublé et se sont élevées de U, 654,099 1. st. en 1862, à 26,861,993 en 1863; tandis que nos exportations vers l’Inde n'ont augmenté que d’un million sterling. Jusqu’à présent nos remises de métaux précieux n’ont pas augmenté, elles n’ont pas dépassé 7 millions st. pendant les neuf premiers mois de l’année. Il s’ensuit qu’ayant encore à payer nos dettes envers l'Inde, il faudra bientôt lui envoyer beaucoup de numéraire. Ce numéraire, il faut nous le procurer, et à cet effet la Banque ne doit pas tarder à élever le taux de l’escompte. L 'Economiste l’organe du commerce anglais, voulait donc que, suivant la maxime du poète latin : Venienti occurrere morbo , on appliquât préventivement le seul remède efficace, quoique si détesté en France, la hausse du taux de l’intérêt.

L’article que nous venons d’analyser était basé tout entier sur cette doctrine, qu’on prétend fausse et suran-

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