LA CRISE DE IHG3-I8GI
uée, et qui consiste à dire que la rareté du numéraire doit amener une hausse de l'intérêt, par cette raison très-simple, que quand l’argent est rare, il ne peut se louer à bon marché. Les faits ne tardèrent pas à confirmer la vérité de ces principes de la façon la plus irréfragable.
Déjà le bilan du 28 octobre signale une diminution de l’encaisse métallique de 207,695 1. st. Le change avec l’Inde devient contraire. Le prix de l’argent, métal dont on a besoin pour payer le coton, s’élève par suite à 61 5/8 pence par once. Beaucoup d’argent part pour l’Inde par Marseille et par les ports anglais.
L’elfet de ces exportations ne tarde pas à se faire sentir. Le bilan du 4 novembre indique une diminution dans le numéraire de 638,146 1. st. , et dans la réserve , de 807,066 1. st.
Plusieurs causes tendent à peser sur le money-market anglais. L’argent s’écoule vers l’Inde ; l’Italie, la Russie , l’Allemagne ont besoin de numéraire, et la Banque de France attire l’or à elle par tous les moyens. Tout celui qui arrive d’Amérique part pour le continent. D’un autre côté, la place de Londres a beaucoup d’engagements, et le commerce qui se réveille absorbe de nombreux capitaux.
Dans la semaine finissant au 7 novembre , l’or arrivant d’Amérique est de nouveau absorbé par le continent, et, en outre, on retire de la Banque 182,000 1. st. en lingots et 183,000 en souverains.
La demande de lingots d’argent pour l'exportation vers
7fi LE MARCHÉ MONÉTAIRE.
l'Orient reste active. C’est la preuve certaine qu’il faudra faire encore de fortes remises à l’Inde.
D’autre part, la situation en France s’est, beaucoup aggravée. Le bilan de novembre montre que l’encaisse a perdu 67,089,611 fr., tandis que le portefeuille a augmenté de 62,351,312 fr., et les dépôts de 4,608,063 fr.
En présence de tant de symptômes, tous menaçants pour son encaisse, la Banque d’Angleterre se décide à élever le taux de l’escompte, d’abord à 3 p. 100, le lundi 2 novembre; puis à 6 p. 100, le jeudi suivant, 3 novembre. Les prédictions de YEconomist se vérifiaient : argent rare, argent cher. Seulement la Banque avait trop tardé; cette double hausse en une seule semaine prouvait qu’elle était en faute.
La cause principale de l’alarme qui avait décidé la Banque à deux hausses de l’escompte coup sur coup, était l’état du change avec l’Inde, qui, devenant de plus en plus favorable à ce pays, indiquait clairement qu’il devait recevoir d’Europe d’importantes remises en numéraire. Afin de contribuer à améliorer le cours du change , le conseil de l’Inde se décida à adopter une mesure qui, quoique insuffisante , eut cependant de bons résultats. Le gouvernement de l’Inde est tenu de payer annuellement -en Angleterre une somme de 3,000,000 1. st., pour pensions, intérêts de la dette, traitements, etc. Afin d’acquitter cette somme, il achetait autrefois sur les marchés de Calcutta et de Bombay des traites payables à Londres, et il les envoyait en Angleterre, afin de satisfaire ses créanciers avec les produits de l’encaissement de ces lettres de change.
Digitiz
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Mais comme ces achats importants d'effets de commerce sur un marché restreint y produisaient toujours une hausse très-sensible et brusque, le conseil de l’Inde a pris l'habitude de tirer de Londres sur le Trésor indien, et de vendre ces traites en adjudication publique. En novembre il avait à émettre pour 7,000,000 1. st. de traites. Mais il tira pour 900,000 1. st., afin que la dette politique de l’Inde envers l'Angleterre compensât un peu plus exactement lu dette commerciale de l’Angleterre envers l’Inde, et permit à celle-ci d’envoyer 200,000 1. st. en moins vers l’Orient.
La mesure était bonne, mais insuffisante ; aussi l’or continua-t-il à s’écouler. Le bilan du il novembre indique une nouvelle réduction de 338,663 1. st. dans l’encaisse, de 277,482 1. st. dans la réserve, et de 667,396 dans la circulation.
En France aussi, la Banque voit fuir son numéraire, malgré le triage des bordereaux. L’encaisse tombe à 200 millions. En présence de ces chiffres défavorables, l’escompte est porté à 6 p. 100 le 6 novembre, et à 7 p. 100 le 12 du même mois, hausse aussi brusque à peu près et aussi précipitée que celle qui avait eu lieu en Angleterre quelques jours avant. Les deux grands établissements se disputaient ainsi l’argent flottant sur le marché, ou plutôt ils s’efforcaient de rejeter sur le voisin la charge onéreuse de fournir le métal réclamé par l’Orient; car les dernières nouvelles de Bombay faisaient connaître que le change s’était encore élevé de 1 p. 100 en faveur de l’Inde. Aussi de grands envois d’argent ont lieu par Marseille.
En Angleterre, la pression paraît un peu moins forte.
Néanmoins l’encaisse de la Banque se réduit toujours, lentement il est vrai, mais d’une manière continue. Le bilan du 18 novembre constate une perte de 41,163 1. st. ; celui du 25, une réduction de 51,270 1. st., et enfin celui du 2 décembre une diminution plus importante de 319,857 1. st. La réserve qui, dans les deux semaines précédentes, s’était accrue de 827,182, perd en quelques jours une somme à peu près égide, soit 837,272.
L’argent continue à s’écouler vers l’Égypte et l’Inde, mais le numéraire qui vient des provinces suffit en grande partie à faire face à ces remises. La situation parait pourtant assez grave pour que la Banque élève son escompte à 7 p. 100 le 2 décembre, et à 8 p. 100 le lendemain.
Naguère encore , ces hausses subites et si fréquemment répétées auraient produit une panique. Maintenant, elles n’ont plus le même effet, parce que les hommes d’affaires de la Cité en sont arrivés à comprendre que l’élévation du taux de l’intérêt est la seule mesure qui peut ramener sur le marché monétaire l’argent qui fuit. C’est un coup de pompe donné par la Banque afin d’appeler dans ses caisses le numéraire disponible sur le marché de l’univers, h' Economiste d’ailleurs, rassurait le public en montrant que la situation de la Banque ne devait point inspirer d’alarmes sérieuses.
En 1857, M. Weguelin, directeur de la Banque d’Angleterre, estimait qu’avec 3 millions sterling de billets dans la réserve , cet établissement pourrait marcher. Les événements de cette même année 1857 démontrèrent que c’était trop peu; mais alors, au 2 décembre 1863 , la ré-
serve possédait plus du double. Quant au numéraire, la situation comparée aux époques de crises précédentes était aussi très-rassuraute. Voici, en effet, les chiffres :
23 octobre 184* 8.312.691
24 octobre 18S7 9.369.794
24 février 1861 11.571.332
2 décembre 1863 13.048.475
D’ailleurs, la crise actuelle ne provenait pas d’une cause aussi fâcheuse qu’en 1847 ou 1825, d’un déficit de la récolte ou des excès de la spéculation, mais plutôt du développement réel de l’activité industrielle et commerciale. Beaucoup de sociétés sc sont constituées ; il se fait énormément d’affaires; le commerce d’exportation a pris un prodigieux essor. Pour faire face à cette masse d’échanges, il faudrait beaucoup d’agents de la circulation, beaucoup de numéraire , et précisément il se fait qu’il faut expédier d’énormes sommes d’argent à des peuples à moitié civilisés qui ne veulent point d’autre marchandise. Dé là une gène dont on ne peut sortir qu’en attirant le numéraire du monde entier par l’attrait d’un fort loyer.
Pendant la semaine qui fiuit le 5 décembre , peu d'or arrive d’Amérique et beaucoup d’argent part vers l’Inde. Le prix de ce métal monte de nouveau à 61 d. 5/8' par once. Cette hausse est la conséquence de l’élévation du taux du change sur l’Inde, et prouve l’énorme besoin qu’on a de l’argent.
La situation du marché monétaire à Bombay est aussi très-extraordinaire. Quoique l’argent en lingots y soit trèsabondant, la monnaie est rare et chère, parce que tout le
numéraire part pour l'intérieur alin de payer le paysan producteur du coton. L'hôtel de la Monnaie ne peut fabriquer assez de roupies pour répondre à la demande, et ceux qui en possèdent peuvent les prêter à gros intérêt. En Angleterre , semblable phénomène ne peut se produire parce que la Banque est tenue de délivrer des banknotes en échange des lingots, et ainsi le numéraire-papier, le currency , ne peut faire défaut quand il y ’a du métal . même sous forme de marchandise.
L’effet ordinaire d'une hausse de l’intérêt est de faire fléchir le prix de toutes les marchandises , y compris les fonds publies, et d’attirer ainsi les capitaux du dehors par l’appât du bon marché. A partir du 3 décembre, on constate une dépréciation de tous les produits, principalement du coton, l’objet des grandes spéculations du moment. L’argent arrive de l’étranger pour se placer dans les valeurs anglaises, et surtout dans l’escompte des effets à trois mois d’échéance.
Déjà le bilan du 9 décembre montre qu'on regagne le terrain perdu. En voici les chiffres principaux :
Diminution dans la circulation. . . . 884.525
— du numéraire 39.858
Augmentation de la réserve 789.727
— du portefeuille 639.770
Ce bilan est relativement assez favorable. L’or reflue des provinces vers la Banque, puisqu il n'y a qu’une diminution insignifiante de l’encaisse, malgré de grandes exportations à l étranger. L’argent part pour Bombay et l’or pour le Brésil. Un seul steamer emporte, le 13 décembre,
527,490 liv. ster. pour l'Orient, dont 429,390 liv. ster. en argent.
Pendant la semaine suivante, l’effet de la hausse de l'escompte se fait sentir de plus en plus. Le bilan du 16 décembre accuse une augmentation de numéraire de 666,837 1. st. , et un accroissement de la réserve de 1,039,192. La circulation a diminué de 418,443, et le portefeuille de 369,610. Beaucoup d’argent est encore arrivé des provinces et aussi d’Allemagne, à la recherche d’un placement avantageux. Mais, d’autre part, la Banque de France voit de nouveau fondre son encaisse; on y puise l’argent nécessaire pour l’Orient, au lieu de le prendre à Londres, où il est plus cher.
L'or importé d’Amérique et d’Australie pendant cette semaine dépasse les quantités exportées, et le surplus va à la Banque ; mais de grandes sommes d’argent partent toujours pour l’Inde de Marseille et des ports anglais. Le Ceylon en emporte pour 430,000 1. st., en destination de Bombay, et le vapeur des Messageries impériales du 20 en prend pour plus de 12,300,000 fr.
Le bilan suivant , celui du 23 décembre, montre encore mieux l’effet vraiment prodigieux produit par les hausses de l’escompte.
Il y a diminution de 108,965 liv. ster. dans la circulation ; de 533,131 liv. ster. dans les dépéts ; de 32,763 liv. ster. dans le portefeuille, contre une augmentation dans le numéraire de 541,593, et dans la réserve de 683,283.
Pendant la semaine , beaucoup d’or devient disponible ,
ut on envoie pour 355,000 1. st. à la Banque L’argent seul continue à s’écouler largement vers l’Orient. Le contre coup de cet écoulement se fait sentir un Espagne, parce que le change entre ce pays et la France lui est presque toujours désavantageux. Un peut donc, en cas de besoin, lui enlever son numéraire, ce qui a lieu depuis le commencement de la crise.
En Angleterre vers la lin de l’année, attiré par un fort loyer et par la baisse des prix, l’argent arrive des provinces et de toutes les parties du continent avec une rapidité qui dépasse toute prévision; au 23 décembre, l’encaisse est à 14,217,047 1. st. contre 13,048,475 au 2 décembre. L’intérêt est réduit 5 7 p. 100. Le coup de pompe a eu son plein effet. Le réservoir du l’or est suffisamment rempli.
Lu 2 janvier 1864, l ’ Economist publie un remarquable article dans lequel il développe et précise son appréciation sur l’avenir du money-market, déjà émise deux mois aupa-
I . Pour comprendre ce mouvement des métaux précieux en Angleterre, il faut se rappeler que la banque est tenue de délivrer des billets contre de l’or sur 1e pied de 3 1. 17 sh. 9 d. par once standard, à 22 carats, c'est-à-dire contenant vingt-deux parties d’or pur sur vingt-quatre. A PhiMcl de la Monnaie, on obtient 3 1. 17 sh. 10 d. 1/2 , ce qui est la valeur pleine, sans déduction aucune; mais comme d’ordinaire il faut attendre, c elui qui a de l’or préfère le vendre à la Banque et recevoir ainsi immédiatement 3 1. 17 sh. 9 d. La Banque revend cet or a 1 1/2 d. (environ 10 centimes) de bénéfice par once, et elle ne l’envole à la Monnaie que quand elle a besoin de souverains .
Si donc celui qui importe de l’or espère bientôt le réexporter, il ne l’envoie pas à la Banque, parce qu’il perdrait 1 1/2 d. par once quand il devrait le racheter.
Les grands commerçants en métaux connaissent les besoins des différentes places et conservent l’or dans leurs caves, en attendant le moment de le vendre avec profil.
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rayant. Cette prophétie économique s'est réalisée si exactement que nous croyons de\ oir en reproduire la substance, et parfois les termes mêmes.
L’année 1864, disait ce journal, se présente sous un aspect remarquable. Trois circonstances commerciales pèsent sur notre marché monétaire :
1° Nous achetons beaucoup de coton à des pays nouveaux; 2° nous fondons un grand nombre de compagnies nouvelles, et 3° nous donnons à notre commerce de vastes proportions, un étonnant essor.
Si on pouvait payer l’importation du milliard de coton qu’il nous faut en produits anglais, il n’y aurait nulle difficulté, car notre puissance de production est énorme ; mais des contrées à demi barbares, comme l’Égypte et l’Inde, veulent avoir du métal et n’ont pas besoin de nos produits.
Quelques personnes croient que les embarras résultant de la nécessité d'exporter de l’or tiennent à Yact de 1844 C’est une erreur. Les effets d'un drainage de métal ne peuvent être combattus parla législation. Nous exprimons nos obligations en numéraire. Beaucoup de personnes et surtout les banques sont tenues de payer en métal des sommes considérables à bref délai ou à vue. Il est donc indispensable de posséder une grande quantité de métaux précieux. Tout le système du crédit repose sur cette base. Si on savait qu’il n’y a plus d’or, le public ne voudrait pas croire, et il aurait raison de douter, qu’on pût tenir ses engagements, et de ta panique, crise et banqueroutes.
Nous ne devons pas nous alarmer après la preuve récente
S4 LF. MARCHÉ MONÉTAIRE,
de lit prodigieuse puissance du remède qui est en nos mains. La Banque d’Angleterre n’a qu’à élever le taux de son escompte, et aussitôt les métaux précieux affluent de toutes parts. Nous obtenons ainsi les moyens de faire face à l’écoulement du numéraire, quoique nous ne puissions pas arrêter cet écoulement lui-même. Les pays lointains veulent avoir de l’argent, il faut qu’ils en aient. C'est pourquoi il est probable que le money-market sera sujet à de continuelles oscillations. Il se peut que maintenant l’argent baisse de prix, que la banque réduise l’escompte et que le marché privé suive cet exemple. Mais bientôt lecoulement du numéraire, un moment suspendu, recommencera. Les approvisionnements métalliques que la banque a l'amassés quand l’argent était cher, s’écouleront dès que l'argent sera à meilleur compte, et en cela il n’y a pas de mal. Nous désirons seulement nous procurer plus de numéraire pour payer le coton que nous avons acheté, et dès que nous axons ce numéraire, nous sommes disposés à l’employer à payer nos dettes envers l’étranger. « Lorsque notre approvisionnement sera trop réduit, il faudra recommencer la même opération. 11 sera nécessaire d’élever le taux de l’escompte et d’attirer plus de métal, et quand nous l’aurons, nous abaisserons l’intérêt, afin que cet argent s’en aille à son tour. Nous n’espérons pas voir de sitôt l’argent à bas prix : mais quoique l’argent doive rester cher pendant des mois encore, il y aura beaucoup de fluctuations dans son prix et nous devons nous attendre à plusieurs périodes de hausse et de baisse, peu importantes peut-être pour la masse de la nation, mais très-gênantes pour ceux
qui sont, engages dans les transactions du marché monétaire. »
Les prédictions de Y Economist ne tardent pas à se réaliser. À peine le taux de l’escompe est-il abaissé à 7 p. 100 que l'écoulement du numéraire, le bullion drain , recommence, parce que les mêmes causes continuent à agir. Au 6 janvier l’encaisse métallique de la banque d'Angleterre s’élevait à 14,196,754, au 20 janvier il n’est plus que de 12,974,109, ce qui constitue une réduction de 1,222,645 pendant la quinzaine. A Paris le même phénomène se produit. Tandis qu'en janvier 1863 la Banque possédait 268,150,220 de numéraire, il ne lui reste plus au 14 janvier 1864 que 169,027,009 fr., en face d’une circulation en billets de 813,490,825 fr. Quoique le grand mouvement d’affaires du commencement de l’année explique en partit; cette situation, elle inspire des inquiétudes au monde commercial, et la directiou veut relever le taux de l’escompte; mais le gouvernement s’y oppose, dit-on, dans l’espoir qu’il pourra fournir du numéraire à la Banque au moyen des fonds de l’emprunt, de 300 millions qui rentrent en ce moment. La Banque puise aussi des ressources sur le marché de Londres. Pour résister à cette pression et aux demandes toujours très-grandes de l’exportation, la Banque d’Angleterre relève le taux de l’escompte 5 8 p. 100 le 22 janvier.
Et en effet, pendant la semaine finissant le 23 janvier, 636,000 1. st. lui sont enlevées, dont 20,000 1. st. pour l’Espagne. L’argent s’écoule toujours vers l’Orient en tant que métal. Le steamer le Ripon en emporte pour
141,000 1. st. et Marseille en expédie pour 300,000 1. st. Le taux du change de Paris sur Londres est à 25, 22 1/2; à ce prix , l’or est plus cher à Taris qu’à Londres, et il y a un léger avantage à en importer sur le marché français.
Mais bientôt l’effet des 8 p. 100 d’intérêt se fait sentir ; l’écoulement de l’or est arrêté et le bilan du 27 janvier montre que l’encaisse métallique de la Banque d’Angleterre s’est accm de 48,111 1. st. A partir de cette époque, commence pour le marché monétaire anglais une période d’abondance relative. Les vapeurs en partance pour l’Inde enlèvent moins d’argent , et ceux d’Amérique continuent à apporter beaucoup d’or. Le 25 février, l’escompte est abaissé à 6 p. 100. C’est un moment de relâche, et l’on espère même voir arriver la fin de la crise ; mais les gens clairvoyants constatent que beaucoup de coton arrive toujours de l’Inde à de hauts prix et qu’il faudra bien le payer. Les bilans successifs de la Banque d’Angleterre depuis le commencement de février jusqu’à la fin de mars indiquent tous, sauf celui du 9 mars, une augmentation dans l’encaisse métallique. A Paris, la Banque regagne aussi du numéraire d’une façon continue. Le bilan de février donne 182,573,888 fr. , celui de mars 195,994,661 fr., et celui d’avril 219,320,720 fr.
Au mois d'avril, la situation en Angleterre est beaucoup moins favorable. Dès la fin de mars l’écoulement de l’or a recommencé. Le courant métallique qui pendant deux mois environ s’était, dirigé vers Londres s’en détourne maintenant d’une manière prononcée et persistante. Le
bilan de la Banque d’Angleterre du 31 mars indique une réduction de l’encaisse de 285,682 1. st. et une diminution de la réserve de 838,267 1. st., et à la fin de chaque semaine on constitue des réductions nouvelles. Au 18 avril, le bilan hebdomadaire donne des chiffres de fâcheuse apparence. L’encaisse métallique a baissé de 536,363 1. st. et la réserve de 789,363 1. st. Sans doute on fait, remarquer qu’à la fin du mois on paye les dividendes, et, qu’ainsi, il faut plus de billets et de numéraire ; mais néanmoins, il est évident que l’écoulement du métal recommence avec une grande intensité.
L’exportation vers le Brésil emporte tout l’or arrivé de Melbourne et des États-Unis, et le Delta enlève 211, 600 1. st. pour Bombay. L’Argent est à 61 5/8 d. par once. L’escompte est relevé à 7 p. 100. Mais ce taux est évidemment insuffisant.
Au 20 avril on constateune nouvelle diminution dans l’encaisse de 337,698 1. st. et dans la réserve de 203,880 1. st.
L’importance de ces réductions successives est surtout remarquable si on remonte à un mois en arrière.
Voici les chiffres comparés, au 23 mars et au 20 avril :