RÉSERVE EN BILLETS DANS LE DÉPARTEMENT DE LA BANQUE
23 mars 8.495.190
20 avril 5.5G4.845
Diminution 2,980.345
SR
La Said des messageries françaises emporte 229 , 400 1 . st . en or pour Alexandrie, et 548,000 1. st. en argent, dont la majeure partie est pour la Chine. Pendant la dernière semaine d’avril, l’encaisse de la Banque diminue toujours mais les exportations pour l’Orient sont moins considérables. Néanmoins il faut aviser. Le 30 avril, YEconomist fait un article pour demander que la Banque élève l’escompte. 11 fait remarquer que l’encaisse métallique a perdu depuis le dernier bulletin 175,526 1. st. En outre, si l’on examine la situation du département de la Banque, on remarque que ses obligations exigibles s’élèvent à 19,366,368 liv. st.; soit :
Dépôls de l’État 6.21 7.965
Dépôts des particuliers 12.620.036
Billets à sept jours, [seven daij bills). 528.307
D'autre part, les ressources disponibles de la réserve ne montent qu’à 6,261,341 liv. st., c'est-à-dire à moins du tiers, et le département de la Banque a pour principe de ne pas laisser tomber sa réserve au-dessous du tiers. L’exportation de l’argent vers l’Inde doit continuer, car le ryot ne veut pas recevoir d’autres marchandises. En outre, les exportations augmentent rapidement. En voici le tableau pour les trois premiers mois de l’année :
Janvier. Février. Mars.
Or, ces exportations emportent une partie du capital
anglais et doivent donc tendre à faire monter le taux de l’intérêt.
Enfin, ce qui pourrait amener de sérieuses complications, c’est l'abus du crédit que font les nouvelles banques qui manquent d’expérience et qui cherchent des emprunteurs.
Donc , eu résumé , trois circonstances défavorables pèsent sur le marché monétaire : 1° l'argent s’écoule pour payer le coton; 2° le capital s’en va absorbé par l’accroissement des exportations; 3° le crédit est menacé par les avances peu sages que font les nouvelles compagnies financières.
Le bilan du 4 mai indiquant une nouvelle réduction dans l’encaisse et dans la réserve de la Banque, elle élève le taux de l'escompte d’abord à 8 p. 100 le 2 mai, puis à 9 p. 100 le 3 mai.
C’est la troisième fois, depuis le commencement de la crise, que l'intérêt est ainsi relevé à deux reprises différentes dans la même semaine. Voici le raisonnement appuyé sur l’expérience qui a guidé, dans ces circonstances, les financiers anglais.
En Hollande et en Allemagne, se sont-ils dit, le taux de l’intérêt est encore à 3 p. 100, à Paris il n'est qu'à 7, donc l’argent attiré par un plus haut loyer, doit affluer vers l’Angleterre. Ce pays est maître du marché monétaire : il le commande en raison de son commerce immense et de ses prodigieuses richesses accumulées. 11 est donc en mesure de payer le numéraire dont il a besoin au prix qu’il doit coûter.
Cette fois encore l'effet de l’élévation du taux de l’es-
compte se fait sentir immédiatement. Le bilan de la Banque du 1 1 mai accuse une augmentation dans l’encaisse métallique de 251,007 1. st. et dans la réserve de 776,407 1. st. Le portefeuille s’est encore élevé de 455,783 1. st., mais , par contre , les dépôts privés se sont accrus de 622,257 1. st., dépassant ainsi l’accroissement du portefeuille de 170,000 1. st.
La circulation a diminué aussi de 566,805 1. st.
L’or afflue vers la Banque. Il en arrive beaucoup d’Amérique. Dans la semaine finissant le 1 1 mai on importe pour 573,216 1. st. d’or et pour 33,028 1. st. d’argent, tandis que les exportations se sont élevées seulement à 144,812 1. st. pour l’or et à 211,743 I. st. pour l’argent.
L’or est, d’après le taux du change, plus cher à Londres qu’à Hambourg et à New-York.
La Banque de France, pour défendre son encaisse contre la puissance d’appel du marché monétaire anglais, élève aussi le taux de l’intérêt de 7 à 8.
Le bilan du 18 mai continue à révéler l’effet d’attraction qu'un haut prix de location exerce sur l’argent disponible. L’encaisse métallique a augmenté de 562,195 1. st., et la réserve de 701,510 1. st., tandis que la circulation a diminué de 165,635 1. st., et le portefeuille de 383,514. La situation paraît assez améliorée aux directeurs pour abaisser le taux de l’escompte de 9 à 8 p. 100, et la Banque de France le réduit aussi le même jour de 1 p. 100 en le fixant à7. p. 100.
Le bilan du 25 mai montre que la situation de la Banque
continue à s’améliorer et qu’on est entré dans une nouvelle période d’abondance relative.
La réserve s’est accrue de 849,227 1. st. et l’encaisse de 446,497 1. st., tandis que la circulation a diminué de 443,305 et le portefeuille de 358,514 1. st.
Les bâtiments arrivés d’Amérique apportent des sommes considérables en or. La Banque en achète pour 440,000 1. st.
Les exportations pour l'Orient sont peu importantes, aussi l’escompte est-il abaissé à 7 p. 100 et à Paris à 6 p. 100.
On signale pendant cette semaine un fait remarquable.
La plus puissante des Joint-stock banks d’Angleterre, la National provincial bank renonce à une circulation autorisée de 442,371 1. st. pour ne plus se servir désormais que des billets de la Banque d’Angleterre, et cela se fait au moment où l’escompte est encore à 8 p. 100.
Au 1" juin, l’encaisse métallique a augmenté de 338,818 et la circulation de 478,793, la réserve a diminué de 131, 812 fr., et le portefeuille de 255,061 1. st.
Les métaux précieux affluent toujours d’Amérique. La Banque en achète encore pour 219,000 1. st., mais les demandes pour l’exportation recommencent. L’Espagne enlève la plus grande partie du métal arrivé sur le marché.
Le bilan du 8 juin indique une nouvelle amélioration dans la situation de la Banque, malgré une insignifiante réduction dans le numéraire de 9,632 1. st. La réserve a augmenté de 605,6831. st., s’élevant ainsià8, 421,009 1. st. en face d’obligations montant à 21,208,999 1. st.
Tout l'or arrivé d’Amérique est absorbé par l’exportation.
Au 15 juin, l’amélioration est notable, il y a augmentation de l’encaisse de 261,076 1. st., de la réserve de 405,346 1. st., du portefeuille de 122,452 1. st., et diminution de la circulation de 168,848 1. st.
L’escompte est réduit à 6 p. 100. Déjà depuis trois semaines, époque de la réduction à 7 p. 100, le marché libre escomptait, au-dessous de ce taux ; une réduction était donc inévitable.
En constatant l’accroissement constant de l’encaisse et de la réserve sous l’influence d’un escompte élevé, Y Economat peut, avec raison, intituler un article The power of the serein, la puissance de l'écrou , c’est-à-dire du jeu de la hausse de l’intérêt. Sur le continent, le monde commercial avait d’abord blâmé très-vivement les décisions de la Banque d'Angleterre, parce qu’elles avaient eu pour effet, de produire une tension sur le marché européen tout entier et d’enrayer partout le mouvement des affaires; mais quand on vit les conséquences favorables qu’elles avaient amenées en si peu de temps, la majorité des hommes compétents les approuva. Il est facile de retrouver le reflet de cette opinion dans les journaux spéciaux publiés à cette époque. C'est ainsi qu’on peut lire ce qui suit dans le bulletin financier du Moniteur des intérêts matériels du 22 mai 1864 : « En général, on a loué la Banque d'Angleterre d’avoir pris des mesures énergiques et d’avoir ainsi, par une gêne un peu forte, mais de courte durée, fait rentrer le marché monétaire dans une situation moins tendue. En effet, l’encaisse s’est rapidement reconstitué.
LA CH1SK DK I ««3- 1861.
l'argent se montre abondant et ou est actuellement certain de jouir d’un calme réparateur au moins pendant quelque temps. Une autre conséquence des mesures prises parla Banque, conséquence, selon nous, de la première importance, est le temps d’arrêt qui s’est manifesté dans la fièvre d’affaires nouvelles qui avait atteint le marché. »
En juillet, la situation de la Banque d’Angleterre devient moins bonne ; l’encaisse et la réserve diminuent lentement, et, le 25 juillet, l’intérêt est relevé à 7 p. 100. Pendant la semaine précédente, les exportations de numéraire se sont élevées à 267,106 1. st., et les importations à 157,706 seulement, laissant une différence de 109,400 1. st. En août, l’argent reste abondant à Paris , mais il se raréfie à Londres. La Banque d’Angleterre, voyant se réduire constamment son encaisse et sa réserve , porte l’escompte à 8 p. 100. Autrefois, pour une perte d’un million sterling, elle aurait tout au plus décidé une hausse de 1/2 p. 100. Aujourd’hui, elle procède par élévation brusque de 1 et de 2 p. 100, d’abord en raison des immenses besoins d’argent qui pèsent sur le marché, et ensuite à cause des facilités nouvelles acquises au transport du numéraire. L’encaisse, au 10 août, était encore de 12,609,9251. st., contre 13,701,112 au 12 juillet. Entre ces deux dates, le portefeuille s’est élevé de 20,503,000 1. st. à 21, 108,551, et la circulation s’est réduite de 27,648,675 à 26,574,365. Le bilan de la fin d’août montre que la hausse de l’escompte rappelle im peu de numéraire. L’encaisse regagne 105,992 1. st., et les importations dp, métaux précieux dépassent les exportations d’environ 600,000 1. st. pendant
la dernière quinzaine du mois. La situation de Paris reste excellente; mais les effets de la crise commencent à se faire sentir à Amsterdam , cette place si solide où d'ordinaire l’argent aftlue comme vers l’Inde Dans les premiers jours de septembre, c’est le marché de Londres, dont l’aspect devient plus sombre. La diminution de l’encaisse n’est pas inquiétante, 169,666 1. st., mais les faillites commencent à éclater. Les consolidés, par suite de ventes répétées coup sur coup , tombent au taux alarmant de 86 7/8. C’est le signe infaillible des grands besoins d’argent qui se manifestent : pour faire face à des engagements antérieurs, on vend le fonds qui se déprécie le moins. Lors de la formidable crise de 1857, il n'était qu’à 1 p. 100 plus bas, à 85.
La Banque craint de plus graves complications et donne un nouveau coup de pompe pour appeler l’or. L’escompte est porté à 9 p. 100 le 8 septembre, avec un encaisse de 12, 840, « 575 1. st. La Banque de France, dont cependant le numéraire est remonté à 281 millions et le portefeuille descendu à 618 millions , relève aussi l’intérêt de 1 p. 100 et le fixe à 7 le 9 septembre, mais ce n’est qu'une mesure de défense. Toutes les places de l’Europe sont affectées
1. L'argent est toujours très-aliondant en Hollande, parce que, grâce A sa magnifique colonie de Java, dont elle vend les produits, elle se trouve vis-à-vis des autres pays dans la même position que l’Inde. La balance lui est toujours favorable , comme lé prouve le cours habituel du change. A Paris et à Bruxelles , les traites sur Amsterdam se négocient ordinairement sur le pied d'environ 2 M , tandis que le pair est 21 1 , ce qui constitue une avance de plus de 1 p. 100. La Hollande, comme l’Angleterre, possédant beaucoup de fonds des autres lîlats , la remise des intérêts lend aussi à élever le change en sa faveur.
soit par mie gène locale, soit par contre-coup. Le loyer de l’argent est à Francfort à 5 1/2, à Turin à 8, à 7 à Lisbonne et à Madrid, à 6 à Berlin, à S 1/2 à Amsterdam, à 6 3/4 à Hambourg. Vienne seule, grâce au cours forcé des billets, reste invariablement à S. Le bilan de la Banque d'Angleterre du 21 septembre, indique déjà l’effet produit parles 9 p. 100 d’escompte. Le métal revient rapidement; l’encaisse a regagné 265,596 1. st. Au commencement d’octobre, c’est la banque de France qui, à son tour voit fuir son numéraire. Le bilan de ce mois constate une diminution de 30 millions : l’encaisse étant tombé à 230,423,737, l’escompte est fixé à 8 p. 100. La solidarité de toutes les places de l’Europe se manifeste clairement ; une notable différence dans le taux de l’intérêt ne peut être maintenue longtemps. L’escompte est porté à 7 à Berlin, à 6 puis à 7 vers la mi-octobre à Amsterdam; il esta 14 à C.onstantinople où éclate une désastreuse débâcle. La rente française tombe à 64,40. A Londres, après les faillites des banques , entre autres le Leed’s Banking company et le Unity joint stock mutual banking company en septembre, viennent vers la fin d’octobre les faillites du commerce. Celles des grandes maisons grecques fortement engagées dans des spéculations sur le coton, répandent l’inquiétude sur la place. En novembre, la crise sévit avec mie désastreuse intensité en Espagne, où le trésor public est à bout d’expédients et où la gêne est partout au comble 1 ; à Amsterdam et à Rotterdam où de puis-
1. Le bilan du 31 octobre de la l$an<|ue nationale d’Kapagnc constate un portefeuille de 091,914,01.6 léaux, pour un encaisse de 78,260,022.