LK MARCHÉ MUNÊTA1RÉ
santés maisons succombent, et, au delà de l’Atlantique, au Brésil, oii cinq fortes maisons de banque suspendent leurs paiements, produisant ainsi une véritable panique. Ou signale aussi des sinistres commerciaux en Australie et aux Indes. Heureusement la situation s'améliore à Londres et à Paris : l’argent devient plus abondant, les caisses des banques se remplissent, et l’escompte est ramené à
7 p. 100 par la Banque de France le 3 novembre, et à
8 p. 100 le 10 novembre par la Banque d’Angleterre. On remarquera qu’à chacune de ces hausses ou baisses simultanées , la Banque de France est la dernière à relever et la première à diminuer le taux de l’intérêt, (l’est qu’en Angleterre l’emploi du crédit étant beaucoup plus répandu , la base métallique de l’échange est toujours réduite au minimum. Le money-market est par suite d’une sensibilité extrême et exige des mesures de conservation beaucoup plus promptes et bien plus énergiques que partout ailleurs.
Après la dernière et rude secousse de la lin d’octobre, on peut considérer la crise de 1864 comme terminée. A Paris et à Londres l’encaisse des banques grossit d’une manière continue ; il est respectivement de 285,086,302 fr. et de 13,649, 270 1. s. en novembre, de 352,120,832 fr. et de 13,840,694 1. s. en décembre. A la tin de décembre l’escompte est|rameué à 4 1/2 en France et à 6 p. 100 en Angleterre *.
Aux violents ébranlements et à la fièvre de cette lon-
1 . Ce sont les emprunts étrangers émis sur le marché de Londres qui contribuent en grande partie & y maintenir le loyer de l'argent beaucoup
gue crise, succède une sorte de torpeur qui pèse sur le marché monétaire au commencement de 1865. Partout on se plaint du marasme où languissent les affaires. Le bilan des banques indique clairement cette situation.
En France, au 1 6 mars , avec un encaisse de 432,756, 1 26 f. le portefeuille est tombé à 5 14, 175,488 fr. et à Londres avec 14,758,607 1. st. de numéraire, le portefeuille est de 19,828,885 1. st. Quoique l’intérêt soit au taux extrêmement réduit de 3 1/2 à Paris et de 4 1/2 à Londres, l’industrie et le commerce n’ont pas encore repris leur essor habituel, et ils ne peuvent profiter des facilités que leur donne l’abondance de l’argent. Cet état du marché monétaire ne doit pas étonner. On a pu le constater après chacune des grandes crises qui ont ébranlé le monde commercial. M. Clément Juglar, dans son livre sur cette matière ', a cité à ce sujet des chiffres tout à fait concluants.
Dans l’exposé que nous venons de faire des principales crises, nous n’avons peut-être pas évité une certaine monotonie ; mais cette monotonie même porte une instruc-
plus liaul qu'en France. En une seule semaine de décembre, 10 millions sterling sont demandés aux capitalistes anglais :
Égypte 4.000.000 1. si.
Danemark 1.000.000
Principautés danubiennes. . . 1. 000. 000
Autriche 2.000.000
Turquie 2.000.000
C'est toujours le capital anglais qui , accumulé par l’épargne annuelle «l'un pays puissamment riche, se répand sur le monde à la recherche de placements avantageux.
I . Des Crises commerciales et île leur retour périodique : Guillaumin .