‹ Le marché monétaire et ses crises depuis cinquante ansChapitre 33 sur 88 · ACCKOISSKMF..NT DK LA QUANTITÉ DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

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s'est développée dans des proportions inouïes. Le commerce extérieur des principaux pays, France, Angleterre, États-Unis, s’est beaucoup plus que doublé ; partout la production s’est prodigieusement accrue ; on a construit des chemins de fer pour plus de trente milliards de francs. L'épargne annuelle de l’Angleterre s'est élevée de soixante millions à cent trente millions sterling, celle de la France, de cinq cents millions de francs à plus d’un milliard, et pour placer ces sommes dans des entreprises nouvelles, il a fallu opérer beaucoup de versements exigeant l’emploi d’une quantité croissante d’argent. Les découvertes si multipliées et si merveilleuses de lu science ont ouvert du tous Côtés au capital un large et fructueux champ d’emploi.

Le génie industriel des nations avancées et riches de l’Europe occidentale ne s'est pas contenté d’exploiter le Tonds productif de la patrie, il s’est appliqué à faire valoir les ressources immenses et négligées des pays encore en retard ; il a franchi les mers , emportant le capital avec lui, pour construire des chemins de fer, ouvrir des mines, fonder des banques, améliorer l’agriculture, percer les isthmes, franchir les montagnes, établir des irrigations, en im mot entreprendre les travaux les plus divers, aux Indes, en Australie, en Turquie, en Égypte, au Cap, au Brésil, au Chili, dans les républiques de la Plata, au Canada, etc. Dans les pays ainsi fécondés, la production locale s’est aussitôt développée. Les échanges se sont multipliés et se sont accomplis d’une façon inconnue jusqu’alors.

Les prestations en nature ont fait place aux payements en

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argent. Le flux des métaux précieux, après avoir passé par la France et l’Angleterre, s'est répandu sur le monde entier et a pénétré dans des lieux où les échanges n’en faisaient presque pas usage. Cette diffusion universelle de l'or explique comment le taux de l’intérêt ne s’est pas plus abaissé depuis 1848.

Il est une autre circonstance qui est venue agir dans le même sens. L’argent placé dans des paysdontles ressources étaient encore pour ainsi dire inexploitées devait donner de larges profits, huit, dix, douze pour cent et davantage, bien plus, à coup sûr, que chez les nations où la concurrence avait depuis longtemps réduit les bénéfices au minimum. Dans ces dernières années, les moeurs et la législation des contrées lointaines se sont rapprochées des nôtres, offrant ainsi plus de sécurité à nos capitaux, et comme d’autre part la demande de ces capitaux était à peu près illimitée, parce que le champ d’emploi l’était aussi, il en est résulté qu’ils ont toujours été insuffisants et que par suite ils ont toujours pu se louer très-cher. Sans examiner les revenus qu’ont pu donner les entreprises fondées en Asie ou en Amérique, voyez ce qui se passe en Europe même. La Russie, la Turquie, l’Espagne, et l’Italie ont voulu construire en peu de temps un réseau de chemins de fer. Leurs propres ressources n’étant pas assez grandes, elles se sont adressées aux marchés des pays plus riches et s’y sont fait concurrence. Pour avoir de l’argent immédiatement, elles ont consenti à payer 8 et 9 p. 100 contre de très-bonnes garanties. Il est certain, d’autre part, que les nouvelles voies de communi-

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