‹ Le marché monétaire et ses crises depuis cinquante ansChapitre 61 sur 88 · L’ACT UE 1844. SOS · texte numérisé non relu

L’ACT UE 1844. SOS

tombée à 57 millions pour une circulation de plus de 200 millions, et même en 1 864 au mois de janvier, la proportion du tiers était franchie, puisqu'il n'y avait plus que 165 millions de numéraire pour 752 millions de billets 1 . La situation de la banque d’Angleterre en 1847 et 1857, quand ou a dit suspendre l'act était donc encore très-forte ; mais les prescriptions de la loi emprisonnaient les 200 million» de numéraire et interdisaient d’en faire usage. C’était déjà un mal, mais un mal plus grand encore était l’alarme répandue dans le commerce à mesure qu’il voyait approcher, avec la réduction continue de la réserve, le moment fatal où il ne devait plus espérer aucune avance sous n’importe quelle forme de la part de la Banque. Cette appréhension doublait la panique et la transformait en une véritable agonie. Sans les restric-

I. Même dam la dernière crise de 1 803- 1 8C4 , la Banque d'Angleterre n'a pas laissé tomber son encaisse beaucoup au-dessous de la moitié de l'émission. Autrefois, elle n'agissait pas avec autant de prudence, comme le montre le tableau suivant, où les chiffres représentent les millions

sterling.

Emission.

Encaisse.

1825 (août)

1825 (décembre)

1826 (février)

1837 (janvier)

1839 (juillet)

1840 (janvier)

Voyez le .Dictionnaire d'économie politique de Mac Cullocli, et une instructive étude de M. le baron van Hall. Considérations sur les Crises financières. La Hâve, 1858.

tions infranchissables do l'act, ic public aurait suffisamment compris par la réduction des ressources de la Banque que la position était grave et qu’il fallait se soumettre à un escompte très-élevé, mais il n’aurait pas vu arriver le moment précis oii tout crédit devait expirer. Il y a entre les deux systèmes, celui adopté en France et celui suivi en Angleterre, la même différence qu’entre uu obstacle élastique qui arrête peu à peu l’élan des affaires, et un mur d’airain contre lequel tout doit venir se briser.

Eu résumé, l'act de 1844 a eu cet avantage d’assurer à la Banque de forts encaisses et de faire comprendre au commerce la nécessité d’élever à temps le taux de l’escompte. — L’inconvénient qu’on lui reproche n’est pas, comme le croit M. .1. i’éreire, de limiter la circulation fiduciaire dans des bornes trop étroites. Le besoin d’une plus l’orie émission de billets ne se fait pas sentir, puisque l’émission des banques privées n’atteint pas le maximum fixé par la loi. Mais le grief qu’on articule contre la mesure de Robert Peel et que Tooke a longuement développé dans son llistoire des prix, c’est d’aggraver les crises en immobilisant des ressources qui pourraient être si utilement employées dans ces moments critiques, et ce reproche parait assez fondé pour que l’adoption d’une mesure semblable ne soit pas à conseiller.

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