I . Le* trois derniers chiffres sont omis
faisant exactement le même office, ils sortent et rentrent en même temps, et ainsi l’encaisse diminue quand la circulation s’accroît, ou s’accroît quand la circulation diminue. Ce phénomène, peu observé, semble-t-il, il y a quelques années, est de nature à imposer aux Banques l'obligation d’avoir de vastes ressources toujours disponibles afin de faire face aux conséquences qui en résultent.
Afin qu’elles puissent mieux consacrer leur activité à l’escompte, qui est la fonction essentielle des Banques d’émission, il serait à désirer qu’elles renonçassent aux avances sur fonds publics. Il y aurait à cette réforme une raison très-solide tirée de la nature même du billet de banque. Ce billet doit remplacer seulement le papier de commerce créé pour opérer l’échange des capitaux circulant et des marchandises; il ne doit jamais servir à représenter le capital engagé d’un pays, ses terres, ses chemins de fer, et ses autres propriétés, sinon la multiplication des billets n’aurait point de limites. Or il n’est pas de capital plus définitivement engagé que celui de la rente, puisqu’il a été consommé par l’État, et que celui-ci ne s’oblige pas à le rembourser. Il n’est donc pas rationnel d’émettre des billets qui tiennent la place des titres de la dette publique. Ces billets sont remboursables h vue ; il est dans la nature des choses qu’ils prennent seulement la place des titres remboursables à brève échéance. Les avances sur fonds publics ont en général peu d'importance ; mais elles devraient être abandonnées aux établissements de crédit mobilier, parce qu’elles sont opposées aux principes sur lesquels sont fondées les Banques d’émission.
En résumé, il n’est point de mesures qui puissent prévenir le retour des crises 1 , parce que celles-ci dépendent des mouvements du commerce du monde qui déplacent le numéraire, et du développement des entreprises de toute nature qui absorbent le capital : mais comme ces perturbations ne sont autre chose qu’un dérangement du système des échanges et une maladie du crédit, la bonne organisation et la bonne administration des Banques en atténuent les fâcheuses conséquences, tandis que leur mauvaise organisation et leur mauvaise administration peuvent les aggraver.