CHAPITRE VI
troupes, et à plus forle raison obtenir d'elles, ce que le maréchal Bugeaud trouvait simple et naturel d'exiger et ce qu'il obtenait. »
Diminuez le nombre des sentinelles ; substituez à cet effet, à plusieurs des postes permanents, quelques patrouilles de nuit, à heures bien calculées.
C'est surtout dans les factions, par un soleil brûlant ou une nuit humide que nos soldats contractent des maladies. Ne leur demander à cet égard que l'indispensable est une mesure paternelle qui contribuera à diminuer les entrées dans
les hôpitaux Avoir soin de ne demander du travail qu'aux
heures les plus fraîches du matin et du soir.
Que nos soldats ne dépassent jamais les avantpostes qu'en armes et en détachements respectables; ayez toujours dans les camps ou dans la ville un piquet prêt à marcher... ne souffrez pas que les Arabes viennent en armes dans les marchés ou dans vos quartiers ; surveillez-les sans cesse et tâchez d'avoir parmi eux quelques amis qui vous préviennent des complots
Ne faites de détachements que lorsqu'ils seront indispensables; j'aime mieux que le service de courriers et d'ordonnances se fasse par les Arabes que par les détachements français ; vous ménagerez ainsi la santé de vos soldats, et vous ne serez pas exposés à de funestes accidents. [Circulaire du 19 juillet \U^.)
Voici un ordre général daté de TOued Tirouel, qui fut, nous ne saurions en douter, mieux accueilli par les soldats que par les officiers d'infanterie :
de biscuit et boire par dessus un coup d'eau! 0i\ quand le bon Dieu u'a rieOf que veux-tu qu'aient ses saints? » — « H a raison, rancien! s'écria rescouade. Tais-toi, conscrit; à bas le conscrit! » Kn rapportant ce petit fait, le maréchal avouait avoir éprouvé une des plus délicieuses joies de sa vie.
Le gouverneur général a remarqué que, contrairement au règlement et aux ordres donnés à diverses reprises, beaucoup des officiers de compagnie ont des chevaux de selle dans le rang. Cet abus doit cesser immédiatement. MM. les officiers d'infanterie ne doivent pas perdre de vue que le plus sûr moyen d'obtenir de leur troupe la résignation et l'énergie dont elle a besoin pour supporter les marches pénibles sous un soleil ardent, est de lui donner l'exemple, en étant à pied comme elle.
Dans la circulaire suivante adressée aux commissaires civils et aux maires, il prend encore la défense du faible contre le fort, de F Arabe contre le colon :
Il arrive assez fréquemment que des colons saisissent euxmômes sur le terrain des animaux appartenant à des Arabes, lors môme que ces terrains sont en friche ou non ensemencés. Ces colons, se faisant justice eux-mêmes, exigent des amendes qui seraient exorbitantes, lors môme qu'il leur aurait été fait un dommage réel.
Cette pratique injuste et contraire à nos lois présente de grands inconvénients politiques. Quelle idée les Arabes peuvent-ils se faire de notre justice, de nos mœurs, de notre hospitalité, quand ils voient qu'un simple individu ne craint pas de les rançonner à son gré, pour des faits dont ils ne saisissent pas encore bien la portée, et qui ne sont, d'après nos lois, que de simples contraventions?
L'intention de M, le gouverneur général est que les Arabes soient partout traités avec justice et humanité. Vous tiendrez donc la main, Monsieur le commissaire civil, à ce que l'abus que j'ai signalé plus haut, ou tout autre de môme nature, ne se renouvelle plus, ou, du moins, qu'il soit puni sévèrement