CHAPITRE VI
martyrs du devoir, tués à leur poste, au milieu des tribus arabes, au moment d'un de ces soulèvements prévu, annoncé par eux, et le plus souvent fatalement amené par l'ignorance ou les mauvaises passions des ^politiciens de France ou des radicaux d'Algérie !
Supprimée en 1839, la direction des affaires arabes fut rétablie par un arrêté du général Bugeaud en date du 17 août 1841. Un arrêté ministériel du 1°" février 1844 vint donner à ce service spécial son organisation régulière.
Auticle I*^ — 11 y aura dans chaque division militaire do TAlgérie, auprès et sous l'autorité immédiate de rofficier général commandant, une direction des affaires arabes.
Des bureaux désignés sous le nom de Bureaux arabes seront en outre institués dans chaque division et sous les ordres directs du général commandant; subsidiairement sur chacun des autres points occupés par Tarméc où le besoin en sera reconnu, et sous des conditions semblables de subordination à regard des officiers investis du commandement.
Art. II. — Les Bureaux arabes seront de deux classes, savoir : de première classe, ceux établis aux chefs-lieux de subdivision ; de deuxième classe, ceux établis sur les points secondaires. Ces bureaux ressortiront respectivement à chacune des divisions militaires dans la circonscription de laquelle ils se trouveront placés.
Art. III. — Les directions divisionnaires et les bureaux de leur ressort seront spécialement chargés de traductions et de rédactions arabes, de la préparation et de Texpédition des ordres et autres travaux relatifs à la conduite des affaires
â42 L£ MARÉCUAL BUGEAUD.
arabes, de la surveillance des marchés et de rétablissemenl des comptes de toute nature à rendre au gouverneur général sur la situation politique et administrative du pays.
Art. IV. — Indépendamment de ses attributions comme direction divisionnaire , la direction d*AIger centralisera le travail des directeurs d*Oran et de Gonstantine, sera chargée de la réunion et de la conscr>'ation des archives et de la préparation des rapports et comptes généraux à adresser au ministre do la'gucrre, et prendra, en conséquence, le titre de Direction générale des affaires arabes. Elle exercera sous Tautorité immédiate du gouverneur général.
Art. V. — Partout et à tous les degrés, les affaires arabes dépendront du commandant militaire qui aura seul qualité > pour donner et signer des ordres et pour correspondre avec son chef immédiat^ suivant la règle de la hiérarchie.
Les commentaires de cet arrêté sont particulièrement intéressants, et il est curieux de reproduire les instructions données par le maréchal lui-même, pour définir le devoir des officiers chargés de ces importantes fonctions :
Le premier soin de Tofficier de Bureau arabe, qui doit comprendre et parler Tidiome des indigènes, sera de s*appli-
* qucr à acquérir une connaissance approfondie du pays, en étudiant les coutumes qui y sont établies, les lois qui y ont été en vigueur, etc., en recueillant, en un mot, tousles renseignements propres à éclairer Tautorité sur la portée des mesures qu'elle peut avoir à prescrire. 11 va sans dire que, dans cette étude du pays, nous comprenons celle des hommes qui le gouvernent au nom de la France. La surveillance active,
' intelligente, des chefs indigènes, est une tâche délicate, réser-