CHAPITRE VI
vée à Tofficier chargé des affaires arabes. Pour la remplir avec succès, il ne devra point hésiter à se porter souvent au milieu des populations, à visiter les marchés, les tribus, et à s'arrêter sur les lieux mômes, pour recevoir les réclamations. Il faut que, placée au-dessus de tout soupçon de partialité ou de violence, Tautorité française apparaisse aux Indigènes comme protectrice des opprimés ; il faut que, jusque dans les douars les plus éloignés, son bras vienne suspendre les mauvais traitements et arrêter les factions. C'est ainsi que ces peuples, comparant avec raison la justice que leur rendent les musulmans à la nôtre, seront amenés à reconnaître la supériorité du régime sous lequel ils vivent... D'ailleurs, cette manière de rendre la justice sur les lieux est conforme à Tesprit de tous les peuples primitifs, et elle aura pour nous le double avantage de nous mettre en relation fréquente et certaine avec des populations qui nous connaissent peu et nous jugent mal, et de constituer le seul contrôle réel et efficace du gouvernement des chefs indigènes.
L'officier chargé des affaires arabes devra veiller à la transmission de tous les ordres et à leur traduction. Il devra au besoin en expliquer le sens aux chefs indigènes. Pour atteindre plus sûrement ce résultat^ il devra habituer ces derniers à se mettre fréquemment en rapport avec lui et chercher à connaître leurs pensées en provoquant leurs avis sur telle ou telle mesure qui pourrait être prise. Ces sortes de consultations, qui peuvent éclairer dans un cas donné , mais dont il faut user avec prudence, doivent paraître l'effet d'une condescendance amenée par le vif désir d'être juste, mais jamais faire supposer la moindre renonciation au droit absolu du commandement.
L'officier chargé des affaires arabes ne pourra pas avoir des rapports également suivis avec tous nos agents indigènes ;
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mais il devra s'appliquer particulièrement h appeler souvent auprès de lui ceux des chefs influents qui paraissent vouloir se tenir h Técart, non que nous ayons besoin d'étayer uairc autorité de la leur, mais parce que nous ne voulons ])as laisser prendre racine à des influences en quelque sorte indépendantes de nous.
Il devra faciliter les travaux des commissions administratives en ce qui concerne les contributions; il devra à cet effet réunir toutes les listes relatives à la perce[)tion de Vuachow et de la zekkat et fournir ainsi Tune des bases nécessaires pour la répartition équitable de Timpùt par aghalik, kaïdat ou douar. Il servira d'intermédiaire entre les tribus et les commissions administratives pour le versement de toute espèce d'impôt. 11 tiendra un registre où seront inscrits ces versements, et il veillera à ce que les quittances qui leur sont ducs soient délivrées aux tribus qui ont fait ces versements.
L'officier chargé des affaires arabes veillera au payement régulier des cavaliers auxiliaires. Il devra, comme membre du mag/izen, entendre certaines plaintes s'élevant soit entre indigènes et frani^ais, soit entre indigènes seulement. Sans examiner pour le moment la nature de ces plaintes, nous exigerons que les plus importantes «rentre elles soient inscrites sur des registres particuliers, avec les décisions au.xqucllos elles ont donné lieu. Un registre semblable sera tenu pour les jugements de quelque importance rendus par les chefs indigènes, et soumis tous les mois par le khalîfa à Tofficier chargé des affaires arabes, que le fera traduire. La réunion générale de ces registres permettra de tracer, un jour, des règles invariables pour toutes les questions judiciaires et de jeter ainsi les bases d'un code applicable aux indigènes.
L'oflicier chargé des affaires arabes devra s'attachera réunir peu à peu les éléments d'une bonne statistique dans Taccep-