CHAPITRE VII
loin en loin qu'on rencontre quelques vergers plantés de figuiers, d'amandiers et d'abricotiers... Il faudrait, chaque année, plusieurs millions d'arbres... Cette année, l'armée a planté près de 100,000 pieds d'arbres tirés en grande partie du Jardin d'essai à Alger ; le reste a été tiré de France ou des forêts du pays... Chaque année, nous planterons davantage... 11 est donc évident que les pépinières du Gouvernement sont absolument incapables de fournir à des besoins aussi étendus
Quatre ou cinq hectares en pépinière dans les bons terrains qui entourent Médéah, Milianah, peuvent, en très peu d'années, faire la fortune d'une famille^. Cet espace sera concédé gratuitement à la seule condition de le consacrer aux plants et de le bien cultiver.
Le maréchal gouverneur général informe le public qu'il est disposé à faire des concessions de terrain propres à créer des pépinières autour des villes et postes de l'intérieur. Ces terrains seront arrosables et d'excellente nature. Les concessions pourront être de 3 à ff hectares.
Les demandes de concessions devront ôtre adressées, etc.
Des primes seront prochainement instituées.
Le gouverneur général, affligé de voir çà et là de beaux bois d'oliviers qui ne produisent rien ou presque rien parce qu'ils sont sauvages, a envoyé dos greffeurs européens dans les montagnes entre Milianahet Médéah, entre Mostaganem et Mascara. Ces montagnes ayant sur leurs parties élevées un climat analogue à celui de France, le gouverneur général a distribué aux habitants un certain nombre de nos arbres fruitiers, et, en particulier, des châtaigniers. {Moniteur i avrill84 \ .)
Taudis qu'il poursuivait son but sur place et dans
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le beau domaine qu'il était appelé à pouverner, Bugeaud ae se lassait point de tenter de faire triompher à Paris ses idées personnelles sur la colonisation. Ces projets trouvaient dans le ministère de la guerre, dans les Chambres une grande résistance, et c'est en vain que le gouverneur adressait h Paris mémoire sur mémoire (1), et réclamait des subsides pour
(1) u J*ai lu attentivement et avec fruit votre Mémoire au maréchal Soult,** lui écrivait de Paris, le 4 mars 1844, M. de Corcelles, rhonoéte homme par excellence « pour rengager à commencer en grand, dans l'intérieur, Ja co« Ionisation militaire. Jusqu'à présent, je suis le seul de mes collègues qui vous donne complètement raison sur le pied de cette immense question, si ce n'est sur la forme et le procédé que vous laissez vous-même à Tétat d'incertitude. Beaumont doute beaucoup de la possibilité d'établir des colonies militaires et n'admet que des essais en ce genre. Tocqueville
pense de même. Le maréchal Soult n'admet pas même des essais
du moins il m'a témoigné à cet égard une opposition absolue qui n'est peut-être dans sa pensée qu'un ajournement pour des temps, selon lui, plus opportuns. Je dois ajouter que le maréchal a fait distribuer à notre commission d'Afrique des extraits de votre Mémoire et nous a demandé notre avis. Mais la Chambre ne sera nullement saisie de cette aflTaire où l'on peut dire que vous avez contre vous le ministre et ses bureaux. C'est tout à fait confidentiellement que je vous en avertis.
«« J'en suis très fâché parce que j'admets Turgence des colonies militaires comme l'unique moyen d'arriver à une diminution d'effectif, à renseignement de la civilisation dans l'intérieur, au développement d'une grande population européenne et enfin à Tutilisation de la conquête. Je parlerai toujours dans ce sens.
«Cependant je persiste à dire que vous n'avez de chances de succès à cet égard qu'en obtenant fiour quelques centaines de famille un premier succès qui convertirait les plus incrédules. Ce qu'il y a de gigantesque et d'aventureux dans l'établissement annuel de 10,000 colons militaires, pendant dix ans, effraye tout le monde. Cela paraît aventureux par la raison toute simple que vous n'expliquez pas le mode et ne pouvez recommander cette excellente idée par un premier résultat. Voilà pourquoi je désire ardemment que vous trouviez le moyen d'employer les postes inférieurs les mieux placés à défricher, bâtir et préparer des lots de famille pour un commencement de colonisation militaire. Le maréchal Soult estime que pour une opération de ce genre en grand, si Ton voulait compter le service colonial en famille, comme service militaire, il faudrait une loi nouvelle. Malheureusement, le ministère vit au jour le jour sur ces questions et il se laitte