CHAPITRE VII
arriver à la réalisation de ce qu'il jugeait devoir assurer la possession paisible et durable du territoire arabe.
Son système de colonisation qui, s'il eût été appliqué, aurait pu être couronné du même succès que son système de guerre, consistait à prendre au choix des soldats ayant déjà fait deux ans ou trois ans de service, à les marier, et à les établir militairement dans des villages créés par eux. Pendant cinq ans encore, ils étaient astreints, de par la loi, à servir le pays ; ce temps écoulé, la liberté leur était rendue. Mais combien parmi ces hommes mariés, établis, devenus propriétaires, vivant sur le sol, eussent rompu le pacte? L'idée était grande, simple et fructueuse. Le maréchal, qui avait préparé avec soin tous les calculs, tous les comptes, demandait 60 millions pendant dix ans. Combien de millions gaspillés depuis et jetés au vent avec les essais avortés, les tentatives successives, et les plans chimériques patronnés par le Gouvernement!
Organisé disciplinairemcnt sous les ordres d'un chef, chaque village avait sa vie propre, et travaiUeurs sans relâche, soldats à l'occasion, les hommes deve-
aller timidement au courant qui remporte. Je vous défie de Tentralner autrement qu'en tranchant les questions vous-même sur une petite échelle. »
La proposition de trois millions pour cet essai de colonisation militaire qu'adoptait M. de Corcelles, fut plus tard rejetée par la Chambre. — C'est en grande partie ce refus humiliant et brutal qui détermina le départ définitif de l'Algérie du maréchal Bugeaud.
Ne serait-il point permis, ici, de déplorer l'ingérence parlementaire dans ces grandes questions ? L'histoire des peuples ne nous enseigne-t-eUe pas que, pour accomplir de grandes entreprises, Tautorité, le pouvoir, doit être concentré dans la main d'un seul ?