CHAPITRE VII
eux comme celle de 1844. Mais il faut qu'ils soient aidés, et il ifcst pas possible que les secours leur manquent du côté sur lequel ils devaient le plus compter. CeuxdeTadministration militaire et ci\ile de TAlgérie ne leur manqueront pas.
J'en ai déjà assez dit, Monseigneur, pour émouvoir votre C(rur paternel et changer vos résolutions, en supposant qu'elles aient été telles qu'on le dit.
Je termine en vous assurant de ma haute considération.
Le gouverneur général,
Maréchal duc d'Isly.
L'éveque de Valence céda devant Téloquence persuasive du maréchal, et les fonds promis à la colonie de Slaouëli furent envoyés aux Trappistes (1).
Le maréchal Bugeaud, en écrivant ces lignes, ne pouvait prévoir que, trente-cinq ans plus tard, la presse algérienne, enhardie par le gouvernement athée qui règne provisoirement en France, réclamerait avec violence et dans des articles injurieux Fexpulsion de ces mêmes Trappistes bénis par les colons et par les Arabes.
Le 13 avril J8i5, le maréchal Bugeaud fît, en petit comité, célébrer h la Trappe Tauniversaire de la
(i) La plupart des détails que nous avons reproduits concernant les rapports du maréchal Bugeaud avec les Trappistes de Staouëli nous ont été communiqués par le Frère Antoine, secrétaire du monastère. La correspondance du très regretté R. P. Régis, premier abbé de Staouëli, mort récemment en France général de l'ordre, renferme de précieux documents. Le Père Régis, que nous avons eu jadis le bonheur de connaître intimement à Rome, nous avait souvent parlé avec émotion de son ami le maréchal Bugeaud. Des liens étroits d estime et d'affection unissaient en effet cet deux hommes de bien, dont le nom et le souvenir sont restés inséparables sur la terre d'Afrique.
bataille d'Isly. « Il y avait longtemps, dit-il, qu*il n'avait vu ses amis les Trappistes. » Aussi sa visite fut-elle longue. Il demeura satisfait des changemenls notables qui avaient él6 apportés. Il voulut tout examiner en détail, les ateliers des forgerons, des menuisiers, des boulangers. Il se faisait expliquer par les religieux dans quel but, dans quelle intention avait été disposé tel aménagement. — Le dortoir, en particulier, lui sembla judicieusement distribué. En pénétrant, dans la première cellule, il souleva la couverture, et sentit sa main s'aplatir contre la dureté inflexible d'une petite paillasse piquée. « Pauvres gens, dit-il, ils sont plus mal couchés que nos soldats au quartier ! »
La ferme naturellement devait attirer son attention plus que la chapelle. Kn effet, là, il se livra devant les Pères à une longue dissertation sur l'élevage dos bestiaux; rien ne lui était étranger dans les détails agricoles. Son inspection se termina par le don au monastère de vingt-cinq jeunes vaches prises dans une récente razzia, et par la promesse, pour l'automne, d'un bataillon de défricheurs. Les graves événements qui survinrent en Algérie, vers la fin de l'année 1845, ne lui permirent pas de tenir ses engagements.
Le 10 juillet 1816 est la date de la dernière visite du maréchal à ses amis de Slaouëli. Il y vint accompagné de iP' Pavy, du comte de Salvandy, ministre de rinstruction publique. Les illustres visiteurs furent conduits processionnellement k Téglise, où l'on chanta le Te Dcum. L'évéque donna ensuite la bénédiction^