RÉVOLUTION DE 1848. — GOUVERNEMENT PROVISOIRE
Les journées de février 1848. — Etat des esprits en France. — Récit des faits par le maréchal. — Le maréchal est appelé au commandement des troupes. — Abdication du Roi. — Résistance de Bugeaud. — Récit de M. (le Lamartine et d'Hippolyte Castille. — La République est proclamée. — Retour à la Durantie. — La démagogie en province. — Les Veillées dune des vhnumières de Vendée, — Le Travail en commun. — Correspondances avec M. Léon Roches et le commandant Trochu. — Le IT) mai.
iNous n'avons point à nous appesantir sur ces journées à jamais néfastes du mois de février 1848, journées fatales qui revêtirent, il faut bien Tavouer, comme un caractère d'expiation. Il s'accomplit alors à Paris la révolution la plus inopportune, la plus inutile, la plus sotte qui ait bouleversé la France. Les terribles conséquences de cette désastreuse folie pèsent bien lourdement encore aujourd'hui sur la France, et lorsque nous nous reportons à ces désordres, nous ne saurions nous empêcher de maudire de toute notre âme et de flétrir la mémoire de ceux qui en furent les auteurs et les complices.
Les premiers jours de l'année 1848 trouvèrent la France non point troublée, mais singulièrement divisée. Les attaques contre le ministère allaient au
delà de toute limite; le but avoué par l'opposition était depuis longtemps dépassé, et les coups arrivaient jusqu'au trône. Le parti conservateur, victorieux dans toutes les élections, affectait, dans la lutte, en soutenant le Roi et le ministère, une hauteur et une amertume qu'il ne cherchait pas à dissimuler. L'opposition, de son côté, même l'opposition dynastique, attaquait avec une passion sans égale le Gouvernement et ne reculait devant aucun moyen, aucun compromis pour combattre et affaiblir ses adversaires politiques.
Les outrages étaient déversés par les journaux d'opposition sur le Roi, la famille royale, et sur tous les défenseurs de l'ordre de choses établi. A entendre ces irréconciliables, il n'y avait d'honneur, de vertu, de patriotisme que dans les rangs d'une opposition intolérante et systématique.
Le Roi, auquel on voulait bien accorder par raillerie d'être... bon père et bon époux, était représenté comme un avare avide et sans conscience qui pillait le domaine de la couronne et faisait des coupes sombres dans les forêts. D'après l'opposition, c'était un homme sans foi ni loi, hypocrite, plein de duplicité, vendant la F'rance à l'étranger, suivant enfin la politique de la paix à tout prix!
Tels étaient, fort adoucis, les traits sous lesquels, chaque jour, dans leurs écrits, dans leurs discours, dans leurs journaux, les membres de l'opposition présentaient à la France le sage Roi qui la gouvernait.
Et cependant la France était prospère, glorieuse, et jamais gouvernement n'avait su donner aux popula-