CHAPITRE VIII
lions plus de bien-être, plus de sécurité! Jamais gouvcM-nement n'avait pratiqué plus consciencieusement le respect de la liberté, le respect des droits de chacun.
La famille royale offrait à la France et à l'Europe Ti^xemple de toutes les vertus. La Reine et ses filles élaient les femmes les plus accomplies et les plus vertueusea; les princes rivalisaient de patriotisme et do vertus militaires.
De quelle folie était donc atteinte une partie de la France pour oser renverser le trône du plus paternel dos souverains? Pourquoi ce déchaînement de violences et de haine contre un des gouvernements les meilleurs et les plus honnêtes que la France ait jamais possédés?
La criminelle folie que la France commit le jour où elle renversa le roi Louis-Philippe P", elle Fexpie (wicoro h riieure présente. Elle Texpia cruellement (lès le lendemain. Notre pays, si riche la veille, devait connaître les embarras et les angoisses des plus douloureux jours de la première Révolution.
Le maréchal Bugeaud, plus qu'aucun député conservateur, était en butte aux attaques malveillantes et injustes de l'opposition, et le grand citoyen, qui avait donné TAlgérie à la France et ramené la victoire sous nos drapeaux, se voyait presque dédaigné et on suspicion. Lui, dont la haute personnalité devait être Tun des plus fermes appuis du trône, avait été attaqué avec tant de rage et de perfidie qu'il était presque diminué dans l'esprit des populations. Bref, tous los empiriques politiques qui parlaient de secourir le
Irône en recuoillanl TlK'^rilagc do M. Giiizot, repoussaient Tappiii du maréchal comme compromettant et impopulaire.
Quant h lui , fort de sa conscience et du devoir accompli, il (Hait h Paris, remplissant modestement ses fonctions de député lorsqu'éclata la révolution.
La lettre ci-dessous, écrite h Tunde ses î^nciens collègues, M. Léonce de Lavergne, relate, dans les détails les plus circonstanciés, le rôle qu'il fut appelé à jouer pendant ces journées à jamais regretlables. Celte lettre fut écrite au mois d'octobre, au moment des élections présidentielles ; elle devait être communiquée aux personnages qui avaient pensé, à ce moment, h opposer la candidature du maréchal Bugeaud à celle du général Cavaignac.
Le maréchal Bugeaud à M, Léonce de Lavergne.
La Durantie, 19 octobre 1848.
Mon cher et ancien collègue,
Ce fut à deux heures du malin, le î2i février, qu*un aide de camp du Roi vint me dire de me rendre au château. J\v courus. On m'offrit le commandement des troupes et de la Garde nationale. Je comprenais parfaitement qu'il était trop tard; mais je crus qu'il était indigne de moi de refuser. On envoya chercher les anciens ministres Guizot et Duchâtel pour contre-signer les ordonnances qui me nommaient. Tout cela prit beaucoup trop de temps, et ce ne fnt que vers trois heures ot demie du matin que je pus aller me mettre en contact avec les troupes qui se trouvaient sur la place du Carrousel et dans la cour des Tuileries. Je leur fis