‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 151 sur 206 · CHAPITRE VUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VUI

les journaux et les feuilles démagogiques, il se décida h adresser au Ministre de la guerre, colonel Charras, celle lellre fière et hautaine dans laquelle il se plaignait d'avoir été indignement calomnié et repoussait, avec les preuves à Tappui, toute participation au prétendu massacre de la rue Transnonain (1).

Los doctrines nouvelles qui s'épanouissaient à Paris (Ml loule licence, les rêves insensés et humanitaires des communistes, socialistes et autres idéologues, avaient le don d'exaspérer l'esprit si lucide de Bugoaud. Aussi ses amis ne furent-ils pas étonnés de le voir partir en guerre et réfuter tous ces principes qui choquaient son admirable bon sens. — Nous trouvons dans un opuscule, sorte de traité publié à Lyon en 18i8, sous ce titre de : les Socialistes et le travail en commun^ dos petits cahiersd'économie politique, chefsd'œuvre de logique el de clarté. — Voulant combattre os théories du travail eu commun, il prend pour oxomple un fait d'économie agricole el en étabht la domonslralion d'une façon pittoresque el saisissante.

On ne se livre avec ardeur, dit-il, aux durs travaux de la terre que lorsqu*^on est stimulé par Tintérèt personnel, par ramoiir de la famille, par le besoin de nourrir sa femme et ses enfants. On ne travaille pas, ou presque pas, pour une communauté universelle et sans Tespoir de recueillir directement les produits de ses sueurs. Chacun s'en rapporte à Ions pour assurer la production nécessaire à tous. On pourra bien faire faire par ordre, par corvées, quelques travaux de

ili Voir tome K', p. 405, la Lettre du maréchal Bugeaud au colonel Charras, daiêe de Paris, 28 mars 1848.

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labours, d'ensemcncemoiits; mais ne sait-on pas comme on travaille pour le public! l/application de la loi sur les chemins vicinaux est là pour l'apprendre.

Voyez ce pauvre maire, zélé par exception. Il convoque cent prestataires à cinq heures du malin pour réparer un chemin impraticable. 11 en vient dix à huit heures; ils travaillent nonchalamment jusqu'à neuf heures. Vient alors le déjeuner qui prend deux heures et ce n'est que sur les instances réitérées du malheureux maire qu'on reprend la pioche pour la laisser tomber avec mollesse jusqu'à l'heure d'une nouvelle collation. L'atelier (mérite-t-il ce nom?) est déserté avant le coucher du soleil: voilà ce qu'est le travail public! — Et vous espérez qu'avec un pareil travail la nation sera nourrie plus abondamment qu'elle ne l'est? Sachez que, pour la faire vivre médiocrement, il y a !2i millions d'individus qui, poussés par la nécessité et l'amour de la famille, travaillent très durement tous les jours de la vie, depuis l'aube jusqu'après le coucher du soleil ! Avec le travail en commun, les récoltes annuelles ne donneraient pas la moitié des produits qu*exigo la subsistance de la France!

Kn préseiKMî de la piopaj^^ando révolulionuaire, des livn^s et des i)amplilels odieux qui, chaque jour, allaquai(Mil la familliN la relij^ion et la propriété, le maréchiil ne pouvait demeurer sileucieux. C'esl alors qu'il eom|)osa sous ce lih'e : Veillées d'une chauinière de lu Vendée, un dt» ces dialo}^u(»s fiuniliers, à la Franklin, oii il (*x|)osa dans une laugm* claire el facile ses préci^ples el st^s saj^rs exhoilulions.

Je ^'émis, dil-il dans ses \'riiii'cs de la l>W<'e, lorsque je vois dans nos grandes villes de si grosses masses de popula-

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