‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 164 sur 206 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Saint-Arntiud conviendrait par son entrain et son intelligence, son courage, sa promptitude de détermination et son aulorilé de commandement. Mais il est trop léger dans sa conduite privée ; il a des dettes, il est toujours disposé à en faire. Il faut donc Técarter, quoique à regret.

Pélissier, qui a beaucoup de qualités, n'a pas assez de largeur d'esprit ; il est très courageux, mais il a peu d'idées sur la guerre. Puis, son caractère cadrerait mal avec le civil. Quoique excellent homme , il est très violent parfois ; il est aussi quelquefois un peu ridicule dans ses manières. Toutefois, c'est un homme énergique, honnête, très discipliné, très exact observateur des ordres. On peut le reprendre si nous ne trouvons pas mieux.

Je ne connais que très peu Mac Mahon. Je sais que c'est un excellent officier de guerre, très militaire, très ferme ; mais je ne sais pas s'il a la portée d'esprit nécessaire pour le gouvernement des Européens et des Arabes; j'en doute.

Pour le peu que je l'ai vu, le général Morris m'a paru plus intelligent, plus capable ; c'est aussi un excellent officier de guerre que je crois très honnête. Mais son alliance avec une juive, quoique terminée d'une manière honorable, rendrait la chose assez difficile. Malgré cela, c'est, je crois, au fond, parmi ceux que je viens d'examiner, celui qui conviendrait le mieux.

Ladmirault est un bon soldat qui mène bien son régiment, qui ne manque pas d'une certaine intelligence, mais qui n'a cependant pas assez d'ampleur, à mon avis, pour faire un bon gouverneur général.

J'ai garde le général Camou pour le dernier, et cependant c'est un homme qui a infiniment plus d'intelligence et d'esprit qu'il n'en montre; il est surtout rempli de bon sens, et en vérité, si j'étais chargé de choisir, c'est lui que je choisi-

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rais^ en définitive, en lui donnant un bon chef d*état-inajor et un bon directeur des affaires civiles (1).

J'adopterais tn'*s fort la combinaison de Canrobert, à Alger; Bosquet, à Oran ; Barrai, à Gonstantine.

Veut-on descendre d'un cran plus bas, je ferais Canrobert, iJosquet ou Barrai gouverneur général, et je mettrais le lieutenant-colonel Feray à Algor, Forton à Oran et Desvaux à Gonstantine, en le faisant lieutenant-colonel, s'il ne Test pas déjà.

Mais je ne comprends pas qu'on puisse adopter celte combinaison. Gomment s'arrangerait-on avec les colonels de régiment? 11 faudrait, dans ce système, n'avoir que des bataillons de France détachés; cela aurait de graves inconvénients. On ne peut donc pas descendre au-dessous du grade de colonel, pour les commandements de province, à moins d'élever tout de suite au grade supérieur, au moins égal h celui de colonel, les officiers que l'on choisirait pour commander les provinces ; cela s'est fait plusieurs fois en Angleterre. Mais comme on y a un très grand respect pour ranciennelé dans les grades supérieurs, on élevait en même temps tous les officiers plus anciens que. celui qu'on avait choisi; cela n'avait d'inconvénient que pour les finances. On ne voudrait pas le faire en France : cela ne pourrait d'ailleurs avoir lieu, à cause de la loi. qui ne veut pas de grade sans emploi.

Je ne puis admettre la division en trois provinces indépendantes Tune de l'autre. S'il ne s'agissait que d*adminis-

,1 A la tin do la jrniiulc oniupairno ilo cinq mois (chap. l\^^ la colonne CaimMi s'oMit. s;«ns s'y n((fn«iiv, lu'iin«' sur l'User à reiiiir Abdel-Kader <Mi pot-soniu'. L:i ]Hnirsuit«> ilu lieuten.uit-coloiiel. quoique demeurée intVuo[uousi\ l'ut ilos (il us ai'ilontos. l\'t inciileiu avait douue au maréchal mw iilro l'.irt exai^*^ee do la poriei^ ivollo de oe hrave et honorable vMtu'ior.

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