CHAPITRE IX
les caprices du suffrage universel et la haine que les mauvais philosophes ont soufflée contre les classes riches ou soidisant telles, il peut se trouver (et il se trouve déjà) des conseils municipaux qui deviennent les oppresseurs et les spoliateurs des riches. Beaucoup de communes n'ont voulu nommer pour conseillers municipaux que des hommes des dornières classes et qui, pour la plupart, ne possèdent rien ou presque rien. Si vous leur accordiez toute liberté, n'est-il pas évident qu'ils pourraient voter une foule de centimes additionnels dont la charge pèserait, en très grande partie sur les propriétaires aisés? Il faut donc que ceux-ci aient un recours... Adieu, mille amitiés.
Maréchal Bugeaud d'Isly.
Les hésitations du maréchal au sujet de sa candidature ne devaient point tarder à se traduire en refus. La lettre qu'il adressait peu de temps après à son gendre est explicite. 11 abandonne absolument sa candidature et se rallie au nom sur lequel les adversaires de la République, c'est-à-dire tous les partisans de Tordre, allaient se compter.
Le maréchal Bugeaud au colonel Féray,
La Durantie, le 7 novembre 1848.
Mon cher Feray,
Vos excellentes dispositions et celles de Rivet seront probablement inutiles (1). Il n'y a pas moyen de lutter avec
(1) Les prévisions du maréchal Bugeaud se réalisèrent et le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon fut élu Président de la République. La coalition des royalistes, des partisans de Tordre, de toute couleur et de toute nuance, triompha des adeptes du gouvernement républicain. La France librement
382 LK MAIIÉCUAL ItUGEAUI).
Louis-Napoléon, et j'ai envoyé mon désistement à Paris pour qu'un conseil composé de de Bar, Fouché et Fourichon , décide du moment opportun, pour le publier, si comme je le présume, mon nom nVst pas assez largement adopté par les comités de Paris, et si mon désistement ne sert pas réicclion de Gavaignac.
Outre que je ne crois pas ce dernier Thomme des circonstances, au point de vue des vrais amis de Tordre, je suis personncllementassez mécontcntde sa conduite à mon égard.
Si je n'avais eu que lui pour concurrent h la Présidence, je me serais cru presque sûr du succès. Ma candidature grandissait tous les jours, (Fune manière incroyable, près des amis de Tordre de toutes les nuances, y compris les légitimistes. Je rc(,*ois en témoignages vingt lettres par jour, el surtout de la Bretagne, de la Normandie, du Sud-CKiest, du Sud et un peu du Nord. L'Est ne me dit rien, sauf Lyon. Les hommes les plus influents de la Somme, me garantissaient 100,000 voix dans le département; plusieurs colonels de Tarniée des Alpes, manirmaient que j'aurais la majorité, et que ^i je n'ai pas l'unanimité, ce sera dû à Tinduence du pouvoir sur les ambitieux ; que le cœur des soldats et de la masse des s<.»ldats et de la masse des officiers est pour moi.
J'aurais aussi pour moi SO journaux de province; déjà le Ctturricr (le Lt/on, sans attendre le mot d'ordre du Congres, (le journalistes réunis h Paris, a arboré ma candidature ; plusieurs autres l'avaient préparée par des articles très significatil's.
A Paris^ mes amis «^t partisans sont divisés; les uns veulent
consulii'O rottc foi>, on touh* imlepondaniH', en pleine possession d'eUi^ niênu'. aftimia. par .').43i,:î20 butlVn^'es contre l,iî8,107, hon aversion pour la République, représentée cepeudani parle plus honnête et le pIu:» probe lies citoveuii.