‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 177 sur 206 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

revue devant avoir lieu au Champ de Mars, le maréchal Bugeaud recevait du nouveau chef de FÉtat la letlre ci-dessous :

S. A . /. le prince Louis-Napoléon, Président de la République,

au maréchal Bugeaud, duc d'Isly.

Paris, 23 décembre 1848.

Monsieur le maréchal,

Je vous remercie de la lettre que vous m'avez écrite, et je suis heureux du concours que vous donnez à mon gouvernement, en acceptant lecommandement de Tarmée des Alpes.

J'espère, comme vous, que nous maintiendrons la paix; mais si jamais Thonneur de la France exigeait la guerre, vous vous souviendrez, maréchal, de votre gloire passée, et vous ramèneriez, je n'en doute pas, la victoire sous nos drapeaux.

J'aurais été bien heureux d'avoir près de moi, demain, à la revue, le vainqueur d'Isly. Si votre santé le permet, soyez, je vous prie, à 9 heures et demie à l'Elysée.

Recevez, Monsieur le maréchal, l'assurance de ma haute

distinction.

Louis-Napoléon Bonaparte.

L'armée des Alpes avait été constituée par le Gouvornemenl provisoire, au lendemain même de la Révolution de février (décret du 7 avril 1848). A peine le bruit de la chute de la dynastie d'Orléans avait-il passé les Alpes, que la Révolution ébranlait Tltalie. Milan insurgé chassait les Autrichiens après quatre jours de lutte; Venise se préparait h en faire autant. Quant aux

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souverains Irgilimos, ils (liaient expulsés de Floronce cl (le Uomo. Le gouvernonieiit populaire du roi de Sardaigric^ sympalliisail ouverlement avec Tinsurrection.

Un retour offensif de la part de rAulriche élaîl facile h prévoir. \)c son côté, le Gouvernement provisoire de France, tout en déclarant h l'Europe, par la plume de M. de Lamartine, ses intentions pacifiques, affirmait, par la création de cette armée des Alpes, qu'il n'élail point indifférent aux révolutions qui venaient de troubler Tltalie et que, le cas échéant, il pourrait tenir TAutriclie en respect.

L'armée fran(;aise se composa de trois divisions d'infanterie et d'une division de cavalerie. Les jrénéraux Bedeau, Baraguay d'Ililliers, Magnan, Oudinot en étaient les chefs. Le ministre de la guerre décida que, provisoinMuent, le commandement supérieur serait confié au plus ancien dt* ces divisionnaires ; ce fut lo général de cavalerie Oudinot.

L'affaire de lihf/uons tout sur la frontière de Belgique, l'état d'isolement absolu dans lequel la forino républicaine nous avait cantonnés, la méfiance manifeste avec laquelle l'Kurope entière nous observait, iio tardèrent pas k étouffer toute velléité d'intervention officielle au delà de nos frontières. D'ailleuis, l'ennemi intérieur était là : les journées de juin ramenèrent le gouvernemeni républicain à la |)rudence. Ace moment l'une des divisions de l'armée des Alpes, celle du panerai Magnan, dut même être rappelée au camp do Saint-Maur pour garder la capitale.

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