‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 179 sur 206 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le maréchal Bugeaud à la duchesse d'Isly,

Bourges, le 2 février 1849.

Chère amie, j'ai espéré fixer mon quartier général à Bourges, mais une lettre que je reçois du ministre me dit que le Gouvernement persiste et décide que je me rende à Lyon. Je le regrette, car j'ai été parfaitement accueilli dans la capitale du Berri. Tout le monde m'a fait visite, même la Cour royale en corps, ce qui est contraire à ses habitudes. Elle n'accordait cet honneur qu'au Roi et aux princes. Je t'envoie l'allocution que j'ai prononcée devant le corps d'officiers de la Garde nationale, les militaires et les autorités civiles.

Le cardinal Dupont, archevêque de Bourges, m'a reçu délicieusement. C'est un homme vénérable et charmant de manières. Il m'a ofi*ert, de la manière la plus courtoise, la partie de son logement qu'a occupée don Carlos. Si j'avais dû rester à Bourges, je l'aurais acceptée et je l'aurais invitée à venir. C'est auprès de la plus belle cathédrale de France. En la visitant, j'ai été pénétré par le sentiment religieux.

Les habitants de Bourges sont excellents ; ils ont conservé leurs mœurs antiques ; ils sont très peu révolutionnaires. Je suis sur que tu les aimerais beaucoup. Si je reviens à Bourges, tu y viendras, n'est-ce pas? Je pars demain pour Lyon. Donnemoi bien des détails sur la Durantie et des nouvelles de Charles.

Ptulani aux aulorilés civiles de Bourges comme il (lovait s'adrossor à celles de Lyon quelques jours après, 11' Commandaiil de Tarmc^o des Alpes se préoccupe liiiMi davanlage des ennemis k combattre à Tinlériour

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que dos /^lianpers qui n'ont nullo imy'w (Kaltaquor In Franco.

Messieurs, dit-il aux autorités de Bourges, je suis heureux de me trouver au milieu de vous. Je serais ici depuis longtemps si je n'avais été retenu par ma santé et d'autres soin$ importants.

Votre cité est une cité laborieuse, et qui, par conséquent, plus qu'une autre encore, a besoin, de sécurité. Des idées absurdes et déplorables que Ton a cherché depuis quelque temps à inculquer h une foulo d'esprits, ont besoin d*ëtre combattues. Nous ne devons pas nous le dissimuler, messieurs, la situation est grave, elle exige tous nos efforts, et nous devons nous unir tous pour combattre les perturbateurs. La France a une magnifi(|ue armée, et cependant elle ne peut pas l'envoyer au dehors. Il est impossible au Gouvernement de songer à passer les Alpes, alors que l'armée laisserait derrière elle une guerre civile formidable.

11 ne faut pas, messieurs, nous abuser sur les choses. Il est

possible qu'une circonstance se présente, circonstance que

nous ne devons pas désirer, mais qui peut survenir et qui,

survenant, exigerait que nous eussions à combattre les per-

> lurbateurs les armes à la main.

Je ne doute pas, messieurs, que, parmi vous, il n'y en ail beaucoup qui viendraient se joindre à nous. Mais ce n*est pas là seulement (ju'il faut déployer do 1 énergie. II faut que partout, et eu toute occasion, nous ayons le courage de notre opinion. Nous devons, en toute occasion, la manifester et la défendre.

Vous aussi, messieurs les niagistrats, vous avez à combat* (re. à déployer de la fermeté dans l'exercice de vos ronctions. <rest ù vous de prémunir MM. les jurés, de vous prémunir

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