CHAPITRE PREinER. 3S
stances, peut devenir fort gênante. C'est en se plaçant à ce point de vue que les gouvernements de 1830 à 1881 ont toujours refusé de délimiter la frontière tunisienne. Il est certain que Fautorité française s'est trouvée entravée lors de l'insurrection récente de Bou-Amema en 1881, par ce fait que ce même traité de 1845 mentionne formelljBment l'oasis de Figuig comme marocaine.
Dans une lettre du 12 août 1845 à la maréchale, le gouverneur général fait allusion à la rentrée du général de la Rue ef à l'échange des ratifications du traité avec le Maroc.
Le maréchal à la duchesse (Tlsly, à Bagnères-de-Luchon,
Alger, 12 août 1845.
Le général de la Rue rentrant eu France par Celte et Port- Yendres, je lui donne quelques lignes pour toi, qu'il mettra à la poste à Perpignan. Nos relations de voisinage avec le Maroc sont définitivement réglées; le traité est ratifié. Les dispositions des agents de Tempereur, à Tanger, ont paru excellentes; mais, à la frontière, c'est tout différent.
Le même système d'hostile perfidie n*a cessé d'y régner. Abdel-Kader y fait ce qu'il veut, et y reçoit toute espèce de secours ; et des cavaliers marocains, mêlés aux siens, viennent faire des courses sur notre territoire. Peut-être la ratification et une lettre très énergique de M. de la Rue à l'empereur feront^ls donner des instructions différentes aux chefs de la frontière.
Chère amie, je suis heureux de vous savoir dans un climat plus doux que celui-ci ; la chaleur est accablante ; beaucoup
36 LE MARÉCHAL BUGEAMD.
de gens en souffrent. Tu te rap[>elles le major belge Rinon? Ce pauvre homme est mort hier d'une fièvre contractée dans la dernière expédition. Nous avons aussi perdu le capitaine d'état-major Gonrand.
J'ai reçu des nouvelles de Brun. On levait avec peine notre récolte à cause des pluies; je pense que le temps s'est amélioré avec cette lune. J'ai trouvé dans mes vieux papiers une lettre que je t'écrivais du pays en avant de Dellys; elle n'était plus opportune, je l'ai déchirée. Dans 22 jours, je serai en route pour me rendre près de vous : quelle joie! Demain matin, je pense avoir de vos nouvelles ; j'espère savoir si les eaux te font bien. — Mille amours, mes chères amies.
Maréchal duc d'Isly.
Le 14 août 1845, le premier anniversaire de la bataille dlsly fui fêlé à Alger dans un banquel où le maréchal prononça une courte allocution.
Avant de s'embarquer pour la France, le gouverneur général fit du 19 au 23 par voie maritime une excursion de colonisation à Tenès et Orléansville, en compagnie d'une dizaine de notables personnages de la ville d'Alger. Outre ses collaborateurs immédiats, le directeur des affaires civiles et le procureur général, le maréchal avait cru devoir emmener le président du Tribunal de commerce, le Président de la Chambre de commerce, deux juges au Tribunal de commerce et deux propriétaires (1).
(l) Le colonel Saint- Arnaud cite comme ayant été ses hôtes à cette occasion : le comte Guyot; le général Randon, le procureur (général Du Bodan, M. de Saint-GenièSi directeur des domaines; le comte de Latour-du-PiOi le baron Vialar, le capitaine Féray, le commandant Fourichon, et des négociants d'Alger.