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venir. Nous serions fort bien ici. Je suis renfant chéri de toute la bonne population.
J'espère qu'avec ce beau temps mes avoines se sèment. Recommande à Pedro et Lofèvre mes châtaigniers de bordure. Prière de faire planter des cerisiers aux métayers autour des prairies et des champs, et repiquer des peupliers suisses tout du long de la rivière et ailleurs où ils pourront réussir. Si Ton ne trouve pas à vendre les bœufs avec bénéfico, à Lanouaille le ii, il faut que Pedro en fasse une bande et les conduise î\ Paris. Comment va mon poulain alezan? (1)
Lyon, 12 février 18i9.
Chère amie, j'ai proposé au Gouvernement un changcmcnl pour Tarmée des Alpes suivant lequel, au lieu d*ôtrc établie parallèlement aux montagnes, elle y appuierait sa droite et étendrait son centre et sa gauche au travers de la France par Moulins, Bourges et Tours. Elle serait ainsi en possession de trois tètes de chemins de fer. La cavalerie serait dans le dcpartemcnl du Loiret. Si cettî grande mesure de sécurité publique était admise, j'établirais mon quartier général à Bourges, et tu viendrais immédiatement avec moi, si le cœur t'en disait, comme je le désire.
Au reste, tu peux aussi venir à Lyon ; nous n'y manquons pas de logements; hier encore, on m'en a offert un fort beau.
Au lieu de se ralentir , Tempressement près de moi va
il Après les graves pn'oociipations politiques et militaires qui absorliaient sa grande âme de patriote, d.'ux pensées seules sollicitent le maréchal : sa famille et ses champs. Aussi, ces détails qui peuvent, à quelquf»nns, semhli>r vuI^^1ires ou inutiles, font-ils, «à nos yeux, ressortir tout ce qu'il y avait en lui de tendresse et de simpliei'é.
croissant. Hier , j'ai reçu une réunion do 300 négociants , puis la Société musicale. Aujourd'hui, je reçois la Société d'agriculture. Tout cela est entrcmôlé de visites individuelles qui ne cessent pas.
Lyon, le 15 lévrier 1849.
Chère et bonne amie, ta lettre m'est parvenue en môme temps que celle de Léonic de môme date. Cette chùrc petite m'apprend l'heureuse nouvelle de sa grossesse.
Tu feras bien de dire au nouveau brigadier qu'il ne doit pas souffrir qu'on tienne un club en place publique pour déblatérer contre moi. Il doit en dresser procès verbal et l'envoyer au procureur du roi à Nontron.
Je continue ;\ recevoir de Lyon et d'ailleurs les marques de la plus vive sympathie et dos offres de marcher avec moi. iVla sanlé est bonne, je suis un peu enrhifmé, mais surtout très affairé. Les interpellations de la Chambre ne m'inquiètent pas; c'est une preuve que l'effet a élé bon, et puis il y a eu 112 voix de majorité pour repousser l'ordre du jour motivé. Tu auras vu que la Garde nationale de Nantes m'a envoyé une adresse.
Le mai'échal Bugeatid à la comtesse Ferai/, à Tencs,
Lyon, le 16 février 1349.
Chère Bellonie, je réponds sur-le-champ à ta lettre du 10, qui me comble de joie. Je veux nourrir l'espoir que cette grossesse sera la consolation de tes malheurs précédents et fera notre bonheur à tous. Nous ne pouvons être heureux si ton âme souffre, très chère enfant.
11 s'agit maintenant de ne pas faire d'imprudence. 11 faut partir d'Afrique aussitôt que le médecin dira que tu es arri-
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vée à la période où l'on peut voyager avec moins d'inconvc nients, débarquer à Marseille et venir à petites journées à la Durantie, où ta mère sera bien heureuse de te recevoir. Je le fais, chère amie, le sacrifice de ma femme. Je comptais la faire venir à Lyon ou à Bourges, car peut-être ét^iblirai-jc mon quartier général sur ce dernier point. Je ne veux pas du tout que tu ailles à Essonne, comme le dit ton mari. Dislui cela de ma part. AfTermez votre maison. Le château de la Durantie est assez grand pour vous deux.
Je ne suis nullement surpris de ce que toi et Henr}' me dites de la nouvelle colonisation : cela ne pouvait tourner autrement avec de tels éléments î Quelle sottise î on n'a pas voulu voter 3 millions pour établir nos braves soldats, cl Ton en donne oO pour ces misérables impuissants !
Je m'attends toujours à une levée de boucliers des Arabes, parce qu'il est dans la coutume que cela soit. On leur apporte graduellement la plus cruelle des révolutions, celle qui doit bouleverser toute leur existence, qui doit les réduire au travail dur et incessant des Européens, avec beaucoup moins d'aisance qu'ils n'en ont; comment le souffriraient-ils paisiblement?
Je suis ici chéri de tout le monde, hors des rouges, Dieu merci!
Le maréchal à la duchesse (VIsly,
Lyon, le 28 févner 1849.
Chère amie,
Ta lettre du !2i m'a un peu rassurée sur ta sauté et aussi sur les dan;j;(Ms qu'auraient pu te faire courir ces indignes meneurs de Lanouaille.
Jesuis rentrébierdeSaint-Ktienne, oùj'aiétéadmirableinent
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accueilli, sauf quelques petites manifestations socialistes. Je t'envoie le Courrier de Lyon, qui donne une relation abrégée (le ce voyage. 11 m'a fallu une verve extraordinaire ; on ne donne pas le quart de mes discours. J'ai laissé les autorités et les honnêtes gens enchantés de moi.
Les dames m'ont offert pour toi un carton de beaux rubans tout nouveaux et qui ne sont point encore dans le conimerrc.Les hommes m'en ont donné trois, en tout quatre.
Je vais en garder un pour Marie, que j'ai invitée à venir me voir; M. le général de Grammont te portera les autres, qui sont le nec plus uitrn de l'art.
Léonie, î\ qui tu feras bien sa part, en sera enchantée. Ouand tu iras à Bordeaux, j(> t'engage à en porter quelquesuns pour offrir en cadeaux aux dames de Festugières, qui ont tant de bontés pour Charles.
Si Léonie ne vient pas, il faut que tu viennes me voir h Lvon, en te rendant ti Alcer.
Lyon, le 8 mars 18i9.
J'ai suspendu mes courses, pour ne pas être toujours en se ^ne; mais on me presse beaucoup de me rendre à Grenoble, îi Villefrancho, Màcon, Ghalon, Dijon; partout! J'irai à Grenobb^ à la fin de la semaine ou bien mardi prochain. Do là, je ferai une excursion en Savoie, sur le théâtre de mes exploits de 1815 ; j'y donnerai une leçon de guerre à un groupe d'officiers.
J'ai des nouvelles de Léonie par Charon. Elle allait bien, dit-il, d'après Feray, car il ne Tavaitpas vue depuis quelques jours. 11 me tarde qu'elle nous dise si elle vient ou si elle reste.
Mon quartier général est fi.xé ici. La division Marey est à Bourges. Fais vite ton voyage à Bordeaux et hâte-toi de mo
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joindre si Léonie n'arrive pas. Tu resterais un mois avec moi, et tu irais en mai près de ta fille. Viens encore, si tu dois aller la prendre à Marseille; cela ne t'allonge pas beaucoup, et tu me donnerais ainsi quelques jours.
Lyou, le 11 mars 1849.
Le bruit d'une tentative d'assassinat contre moi était une erreur. Il a été reconnu que rhommo porteur du pistolet chargé avait depuis longtemps l'habitude de marcher ainsi armé et que c'est un brave homme.
Sois sans inquiétude : il s'opère ici chez les ouvriers une réaction très évidc^nte. Dans les pn^miers jours, on criait avec all'ectation sur mon passage : « Vive la République! >• Plusieurs ajoutaient : « démocratique et sociale ». Eh bien! il y a trois jours qu'ayant jeté un pont sur le Rhône, j'avais autour de moi plus de 50,000 spectateurs et c'est à peine si j'entendis deux ou trois cris de « Vive la Républi(iue! « tout court. Le plus grand nombre des ouvriers et des bourgeois me saluaient et me regardaient avec une phy;>ionomic bienveillanle.
Il me survient une idée que je crois heureuse : si I.éonic débarquait i«i? Au li<'u de la recevoir à la Durantic, lu la recevrais dans une jolie maison de campagne, près de Lyon, où j'établirais mon «piartier général, au milieu des troupes cantonnées dans la campagne. 11 y a des propriétés charmantes sur des collines très saines. Ce serait plus économique et plus sain que d'ùtre en ville et surtout d'avoir deux maisons , et puis je serais avec vous pendant avril et mai, peut-être plus longtemps. Dans tous les cas, je viendrais vous voir tous les jours. Ohî penses-y, cela me sourit bien.
Donne- moi des nouvelles de mon veau et de ma génisse normands -limousins. Je parie que lu n'es pas allée les voir.
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As-tu du lait? Les avoines sont-elles nées ? Les trèfles sontils semés ? Travaille-t-on à la bâtisse des maisons ! Lefèvrc a-t-il arrangé le chemin de chez lui à Loujardie, en se faisant aider par les habitants de ce village; si les travaux de mars sont avancés, c'est le moment.
Lyon, le 13 mars 1840.
Je crois qu'il y aurait imprudence à quitter mon armée pour quinze jours. Or il ne faudrait pas moins pour que cela valût la peine d'aller jusqu'à la Durantie, lors môme que j'irais au Puy (1), ce qui est fort incertain. J'aime mieux que Marie et sa famille viennent nous voir quand tu seras ici.
Ainsi donc, chère amie, dans l'incertitude où tu es aujourd'hui sur les décisions de Léonie, fais vite ton voyage à Bordeaux et arrive-moi. Si tu n'avais pas besoin do repasser par la Durantie, tu prendrais àPérigueux le courrier de Lyon; tes gros bagages te devanceraient par la diligence. Tu les ferais partir de Périgucux en te rendant à Bordeaux. Tu resterais avec moi jusqu'à ce qu'il te fallût aller chercher Léonie à Marseille ou la rejoindre à Alger (qu'à Dieu ne plaise!)
Fourichon est nommé commandant de la station des mers du Sud; c'est un beau poste, très lucratif et qui lui assure le grade de contre-amiral dans deux ou trois ans. Mais, hélas! il n'est pas de bonheur parfait. Il faut se séparer d'Anna. Elle est dans le désespoir. Dans la situation très remuante où nous sommes, nous ne pourrons guère lui offrir un asile permanent. En lui répondant, je ne dirai rien, tu feras ce que tu voudras.
C'est bien bon marché, 15 fr. 50 notre froment! Si le blé du
(1) M. Gasson, mari de la fille aînée du maréchal, Marie, venait d'être nommé Receveur général au Puy.
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grenier haut est humide, c'est qu'on ne Ta pas pelleté assez souvent. Dis qu'on le remue.
Je vais à Grenoble lundi prochain. Je continue à ùlre entouré d'hommages et de soins. On dit que je suis le candidat du Rhône le plus sûr de l'élection.
Bourgoio, le 20 mars 18i9.
Je reçois ici, chère amie, ta lettre du 14 et 15, et je veux tout de suite m'indigner de cette horrible accusation que j'aurais donné un carton de rubans à deux beaux j'Bux noirs!
Vous avez formé. Madame, un jugement de ImiamatTe : vous avez été journaliste!
Voici les faits dans leur vérité pure. En rentrant de Saint- Ktienne, je vis sur une console quatre cartons au lieu de trois que je croyais m'avoir été donnés. Je pensai que je m'étais trompé et que j'avais réellement reçu à Saint-Étienne quatn' cartons. Je t'écrivis dans cette illusion. Mais quand je voulus empiler les boîtes, je les ouvris et je trouvai dans Tune mon écharpe qui m'avait été apportée à Lyon par lo maire de Saint-Klienne. C'était Christophe qui avait réuni les cartons sans me \o dire.
Vous voilà honteuse, j'en suis sûr, de m'avoir si mal jugé.
Et pourquoi attendre les fûtes de Pâques pour venir? Est-ce qu'il n'y a pas d'églises et de curés à Lyon? Il y a mém.» un archevêque! Non, non, viens le plus tôt possiblo.
J'ai reçu des nouvelles de Léonie; elle va mieux, mais je ne vois rien d'aussi incertain que son voyage. Viens donc vite!
J'ai été admirablement reçu à Bourgoin. Je pars pour Gre* noble en visitant Voiron.