‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 185 sur 206 · I/ASSEMBLÉE. — LA MORT · texte numérisé non relu

I/ASSEMBLÉE. — LA MORT

Situation du maréchal Bugeautl vis-à-vis du nouveau gouvernement. — Élections de l'Assemblée législative. — Le député de la Charente-Inférieure. — La séance du 30 mai 18i9. — La maladie. — La mort. 10 juin 1849. — Le Prince-Président. — Oraison funèbre de Louis Veuillot. — Le 13 juin. — Les funérailles aux Invalides. — Discours du comte Mole et du général Bedeau. — Les statues. — Conclusion.

La situation sans égale de Bugeaud, maréchal de France, ancien gouverneur général de TAlgérie, commandant en chef de l'armée des Alpes, eût été de nature à porter ombrage au nouveau chef de l'État, si ce dernier n'avait apprécié le patriotisme et la probité politique du grand soldat. C'était bien sincèrement en effet et sans arrière-pensée que l'ex-candidat à la Présidence de la République s'était rallié, avec les hommes d'ordre et de discipline de tous les partis, à la dictature latente du prince Louis-Napoléon Bonaparte.

Quelles que pussent être ses préférences politiques, le vainqueur d'isly n'avait pas hésité à apporter au nouveau gouvernement le prestige de son nom et de ses services, l'éclat de sa popularité militaire. Et même, faut-il le dire, en présence d'un gouvernement de fait, tel que celui de la RépubHque sous la présidence d'un

4â6 LE MARÉCHAL BlTiEAUD.

Bonaparte, le maroclial Bugoaud, investi d'un grand commandemcnf militaire en France, député au Parlement, avait on quelques sorte ses coudées plus franches et pouvait plus à son aise haranj^uer ses soldats et parler aux ministres, qu'au temps où il se sentait enserré dans les liens étroits du parlementarisme et retenu par son respect pour le Hoi et la tendre alTection qu'il avait vouée au duc d'Aumale.

Le maréchal Bugeaud obtint à Paris 107,437 voîx sur la liste des élections du 20 mai 1849. Vingt-huit députés furent élus; il arrivait le vingt-neuvième. Ce qui démontre bien quels étaient à cette époque, de même qu'aujourd'hui, la confusion, le trouble des esprits : le premii^r élu de Paris était le prince Lucien Murât, avec 13i,825, et le second, Ledru-Rollin, avec 129,068 suflTrages!

L'Assemblée législative, ayant fait place à l'Assemblée nationale ronsfituanle, se réunit au Palais Bourbon, le 28 mai 1819. Le surlendemain, pendant la séance du 30 mai, une scène tumultueuse se produisiL Le bureau provisoire dut se retirer. Il y eut, entre le président d'âge, M. de Kératry, et M. Ledru-RoUin, un échange de paroles des plus acerbes. Le parti modéré était représenté par 505 membres; les ullra démocrates, par 229 voix. Ces derniers remplaçaient par la violence» Tinfériorité du nombre.

Au moment où l'effervescence de l'Assemblée mena- (;ait de passer aux tribunes, Bugeaud, se ralliant h une motion d'ordre de Ledru-RoUin, chef de la Montagne, prononça des paroles célèbres qui, dans sa bouche, plus

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