‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 186 sur 206 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

que dans celle de tout autre, prenaient une haute importance.

Voici la fin de Tincident (ïàpvh^le Moniteur officiel :

M. Lkdru-Rollin. — Je fais appel à la justice de TAssemblée. L'ancien bureau s*est retiré parce qu'il lui a paru que la tribune n'était pas libre. Les paroles de M. le Président ont effacé toute trace de l'incident. Quant à moi, je crois qu'il est bon que les secrétaires reprennent leurs places. [Non ! non ! Cj'is! Cela eH juste l)

Une voix, — Nous ne voulons pas vous céder.

M. Ledru-Rollin. — L'Assemblée ne peut s'associer à un pareil sentiment. Je crois que si le bureau reprend ses fonctions, ce sera un acte de justice; le bureau s'était associé au sentiment qui m'avait à moi-même fait quitter la tribune. [Humeurs à droite.) Leur démission n'a été que conditionnelle. [Non! non !) Je déclare à mon tour que si l'on persiste à s'y opposer, je renoncerai à la parole parce que je devrais penser que la tribune n'est pas libre. [Mouvements divers.)

M. LE MARÉcuAL BuGEAUD. - Je désirc que dans le courant de cette session je puisse me trouver souvent d'accord avec M. Ledru-Rollin... ou le citoyen Ledru-Rollin, comme vous voudrez. [Rù*e^ et murmures.) Je viens appuyer ses conclusions. [Ti'h bien!) Les majorités, messieurs, sont tenues à plus de modération que les minorités. [Approbation générale,)

Les belles paroles du député-maréchal eurent un grand retentissement. Son généreux appel à la modéralion,àla conciliation, à la justice, fut, sur le moment, accueilli comme il devait Têtre. Malheureusement, les esprits étaient trop surexcités, les haines des vaincus du suffrage universel trop exaspérées pour que Tapai-

428 i>: mauê<:hal bi'gkaud.

spiiKMit n'îrlamr i)nr lo niaiY*clinI pAl (liin»r plus d'iiiu» sriinro. Oiioi qifil <mi soil,rollo praiidc ot noblo piirolc fui prouoncoo par lui; c'était la deriiiiTc qui «lovait sortir d(» sos lî'vros.

Hionqut' les députés sos rollof^Mies Teussont élu Piésidi^nl du t-huirau, le maréchal n'avait pas riidculioii do séjourn(*r lonf^ttMiips h Paris. Il savait que d'impérieux devoirs le rappelaient à Lyon, et il s'apprêtait h reprendre le commandement de son armée des Alpes, lorsque h» mal terrible qui réfçnail alors à Paris h» sur|)ril à Timproviste. Pendant son court séjour, il avait accepté Tliospilalité d'un de ses amis, le comte Vi}^i(»r, ancien pair de France, dont Thotel était situé au numéro i du quai Voltaire.

(l'est en revenant le 6 juin, vers quatre heures du soir, d(» la (niaml)re,-que ce soldai si robuste sentit les premières atteintes du choléra. « J'étais en voilure, et me rendais précisémeid chc^z le maréchal, nous disait M, Léon Hoches, lorsque je l'aperçus se traînant, h pas lents, le Ion;:: du quai, à la hauteur de la caserne du quai d'Orsay. Il était pAle, son front ruisselait de sueur: sa démarche était incertaine; il s'avançait, s'appuyaul contre le parapet du quai. Je descendis précipitamment de mon tiacre, et le reconduisis a son domicile. Il se coucha, pour ne plus se relever. »

\a' Jnunuil firs J)r/ta(s, dans son numéro du 9 juin IHtî), imprimait ceci :

Toulos les pn'orcupations semblent se concentrer en ce niomont sur un seul homme, parce que cet homme est à la fois la porsonnilicalion du patriotisme et. de Thonneur mili-

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