CHAPITRE XI
taire et le drapeau de Tordre. Cet homme, nous n'avons pas besoin de le nommer, c'est le maréchal Bugeaud.
Depuis qu'il le sait atteint de Tépidémie cruelle qui sème la désolation dans nos murs, Paris entier est venu chaque jour, à chaque heure , demander des nouvelles du grand capitaine et du grand citoyen, dont Tcxistence est sérieusement menacée.
Le Président de la République, à peine prévenu de la gravité du mal, a été l'un des premiers à venir porter au maréchal l'expression de l'immense intérêt que sa santé excite dans les rangs de la société sans exception. Peu de paroles et beaucoup d'émotion ont marqué cette visite qui honore également et celui qui Ta faite et celui qui l'a reçue. M. Louis- Napoléon pouvait à peine, en quittant l'appui sur lequel il a tant de raisons de compter, dérober les larmes qui inondaient ses yeux.
Ij' /!!vrncmcnl du mrme jour donne d'autres détails :
Le Président de la République était ce matin, à onze heures au chevet du malade. Le colonel Vaudrey, premier aide de camp du Président, le colonel Feray, aide de camp du maréchal et son gendre, le colonel L*Ueureux, aide de camp du ministre de la guerre, et M. Achille Vigier étaient en ce moment dans la chambre du malade.
« Je suis bien aise de vous voir, Prince, a dit le maréchal dont la main était affectueusement serrée par celle du Président; vous avez une grande mission à remplir. Vous sauverez la France avec l'union et le secours de tous les gens de bien. Dieu ne m'a pas jugé digne de me laisser, ici-bas, pour vous aider. Je me sens mourir. »
— « Tout n'est pas désespéré, a répondu le Président; nous avons besoin de vous et Dieu vous conservera ! »> Les personnes
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prcsenles se sont retirées sur un signe du malade, et un entretien d^environ dix minutes a eu lieu entre le Président do la llépublique et le brave maréchal.
En se retirant, le Président a dit : «Je reviendrai vous voir.»» I-e maréchal a répondu : « Vous avez d'autres devoirs h remplir. Mt'rci ; jo vois que tout est fini pour moi. »
l)H la soinV» du 9, lV;lal du maréchal laissait peu dV*spoir. De dix heures du soir à quatre heures du iiHilin, un assoupissenieiil presque constaiii s'empara de lui. Les souffrances se ralentirent : le calme survint peu h peu.
Le comh» Vi}^ncM\ son hùte, les colonels L*lleureux. Trochu,sesaidesdecamp:MM.GenlydeBussy,Maiguc, le }r«'»néral de Bar, Tabbé SiI)our, vicaire général du <lio(*èse de Paris, vtMllaienI auprès du malade, ainsi qirun jeuni' interne de riloiel-Dieu, M. Blaiii des (lorniicrs, placé près du maréchal pai* M. le docteur tlhomel.
A cinq heures du soir, une agitation fébrile se manifesla. L'abiié Sibour, resté seul avec le maréchal, se disposa à lui administrer les derniers sacrements. L'ancien inlerprèle d'Afrique, M. Léon Roches, les deux aides de camp, <»t tous les amis de la dernière heure étaient agenouillés autour du lit de rillusire malade.
Li» maréchal reçut la communion avec toute la fer><'ur du chrétien et avec li» calme de Thonnéle honime. Avant de lui administrer le viatique, le prêtre lui ayant adrt^ssé ([utdques paroles pour rexiiorler à