‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 194 sur 206 · CHAPITRE XI. 44S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 44S

d'un cœur qui ne vous oubliera pas, d'un Français inconsolable pour sa patrie du vide que vous laissez parmi ses défenseurs.

Le général Bedeau, au nom de Tarmée, prit ensuite la parole :

Messieurs,

Les services militaires de M. le maréchal Bugeaud d'Isly appartiennent à deux époques.

L'armée de l'Empire, si noblement représentée dans celte enceinte par les illustrations et les glorieux vétérans qui nous entourent, se rappelle le soldat vélite de i80i, conquérant successivement tous les grades sur les champs de bataille d'Austcrlitz, d'iéna, de Pulstuck, d'Eylau et de Friedland, au prix de son sang généreux.

L'armée de l'Empire a confirmé l'histoire écrite par l'illustre chef de l'armée d'Aragon. Le maréchal Suchet signale presque à chaque page l'intrépidité et la remarquable intelligence de la guerre du chef de bataillon Bugeaud, dont le nom se trouve inscrit sur les mémorables bulletins datés de Tortuse, de Tarragone, de Valence, d'Alicante, d'Ordal et du Llobrégat.

L'armée de l'Empire, enfin, nous a transmis comme un des actes les plus glorieux de nos fastes militaires le dernier combat livré en 1815 pour la défense du territoire français envahi par la coalition de l'étranger. Le colonel Bugeaud, commandant le U'' de ligne, était aux avant-postes de l'armée des Alpes. Il reçut le même jour la nouvelle de la bataille de Waterloo et la députation qui lui apportait l'aigle remise au Champ de Mai. Une division actuellement de

12,000 hommes est en marche pour attaquer les positions occupées par les 1,700 soldats du 1 i*. Le colonel Bugeaud réunit son régiment, lui remet Taigle et termine une allocution chaleureuse par les paroles suivantes : « Vous jurez tous que, tant qu*un soldat du 14^ sera debout, cette position sera défendue; et que pas une main ennemie ne touchera le drapeau sacré de la pairie. »

Le serment est répété avec enthousiasme, et, après dix heures de combat, la division autrichienne, repoussée, laisse !2,000 hommes sur le champ de bataille et 9()0 prisonniers entre les mains des braves soldats qui ont si vaillamment répondu ù rentraiiu'ment patriotique de leur intrépide coloni*!.

Les souvenirs de la seconde époque remontent à I8;)(). i^estdans la province d*Uran que le général Bugeaud vienl, pour la première fois, donner à la jeune armée d'ATrique Tappui de son expiM-ience et de sa valeur. Les troupes qu'il rejoint sont réfugiées sur une plage nue et sablonneuse. Elles viennent d'éprouver un revers. Dés le lendemain de l'arrivée du général, Toffensive est ordonnée, et, quelques jours aprrs, la victoire <le la Sikkak répondit aux espérances «pK» la renommée du nouveau chef avait déjà fait concevoir.

(Juatre ans plus tard, le général Bugeaud fut nommé gouverneur de TAlgérie, au moment où la lutte y était le plus gravement engagée. Je n'entreprendrai pas de reproduire les faits si multipliés de celte guerre contemporaine. La France entière s'est associée au triomphe décerné en i84i au con- ({uérant et au pacificateur de l'Afrique, «lu vainqueur d*lsly.

Mais la France ne saura jamais les causes de la confiance absolue que nous inspirait notre général en chef, les motifs de rafrection respectueuse que nous avions pour lui. Le maréchal Bugeaud possédait au plus haut degré Téncrgiquc résolution qui grandit avec le péril, la sûreté de coup d^œil.

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