‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 195 sur 206 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

la promptitude de la décision. Animé du plus pur patriotisme, il restait calme et maître absolu de sa pensée, quand la responsabilité de ses actes s'accroissait avec la gravité des événements. Il mesurait avec un admirable sens Timportance des difficultés. Habile appréciateur des particularités de la guerre d'Afrique, il nous avait donné à cet égard des principes dont l'application faite par lui-même a toujours été suivie de succès et dont l'imitation, continuée par ses lieutenants, est acceptée par tous en Algérie comme règle de conduite. — Le maréchal avait conquis l'affection de l'armée par les témoignages constants d'une sollicitude intelligente qui comprenait merveilleusement les instincts, les sentiments et les besoins du soldat. — 11 savait allier à l'énergie de la volonté qui commande la bonté communicatrice du cœur qui fait aimer le commandement. L'union de ces qualités a donné à l'illustre maréchal une popularité qui ne sera pas éphémère. Cent mille soldats ont pris part sous ses ordres à la conquête de l'Algérie. Ils vivront longtemps après lui pour répéter partout et glorifier avant l'histoire le nom du chef qui savait lier la victoire à leurs drapeaux.

Hier encore, l'armée des Alpes, justement fière et confiante, espérait en lui, attendant que Thonneur de la France lui commandât le dévouement des combats.

Tous aujourd'hui, soumis à la volonté de Dieu qui l'appelle, unanimes dans notre profonde douleur, nous apportons sur sa tombe le tribut de notre admiration et de nos regrets, la promesse de la fidélité au souvenir.

Les assistants se retirèrent profondément émus. Le clergé de Téglise de Saint-Louis conduisit le corps du maréchal dans la chapelle sépulcrale, où il

ropose outre le cercueil de rainiral Duperré cl celui du général Duvivier.

Le ininisfre de la {ijuerre, le lendemain de la mort du marécliul, avait adressé au général commandant par intérim Farmée des Alpes, la lettre suivante :

Paris, 13 juin 1849.

Général, le maréchal Bugeaud dlsly a été enlevé, le 10 de ce mois, h Tarmée et à la France.

La perte si regrettable que le pays vient de faire dans la pcrsoime de ce grand homme de guerre, qui fut aussi un grand citoyen, sera profondément sentie par Tarmée dont il avait été le commandant en chef.

Vous annoncerez aux troupes celte douloureuse nouvelle, et, suivant Tesprit du règlement en vigueur, vous ordonnerez les dispositions suivantes :

I/armée des Alpes prendra immédiatement le deuil du maréchal Bugeaud d'Isly, son commandant en chef. Les drapeaux et étendards resteront voilés de crôpe jusqu*au jour où un nouveau commandant en chef sera reconnu.

Les officiers de tout grade porteront le crêpe au bras gauche pendant un mois, jusqu'au iO juillet inclusivement.

Recevez, général, lassurance de ma considération la plus distinguée.

/ji ministre de la guerre.

Signé : Rulhières.

A Tannonro du fatal événement, l'Algérie fut eu deuil. Dès le 19 juin 1849, TA/'/z^^r prenait Tinilialive pour élever un monument à Bugeaud rAfricain.

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