CHAPITRE II
rants qui nous ont précédés. Mais votre gouverneur est bien averti ; il veille attentivement sur vos destinées, et vos ennemis finiront par se lasser de leurs efforts impuissants devant votre masse, qu'il faut accroître rapidement par tous les moyens possibles.
Continuez donc avec calme vos travaux et vos spéculations de tout genre ; qu'aucune préoccupation ne ralentisse votre activité. Dans la lutte qui va se passer loin de vous, je Tespère, je réclamerai le moins possible votre concours; mais s'il devenait nécessaire, j'ai foi dans votre patriotisme, je l'invoquerais.
Le gotwe7meur général de l'Algérie, Maréchal duc d'Isly.
Le maréchal avait utilisé ses heures, fort agitées celte fois, de la traversée pour donner aussi à ses lieutenants les instructions que comportaient les circonstances (1). Des surprises comme celles de^Sidi-bel- Abhès, au printemps, des imprudences comme celles de Djemâa Ghazaouat et de Sebdou, portaient leur enseignement. On s'était départi des règles de la
(1) Au cours de la campagne, le maréchal eut encore occasion de relever les mômes désobéissance^ :
Ben-Atia sur le Menatfa, le 29 novembre 1845.
Les postes ont été créés sons mon assentiment et même sans que j'en eusse la moindre connaissance.
Dans des postes existants, on a créé des modiâcations, on a construit des locaux sans avoir demandé mon approbation.
Il résulte de cet état de chosesi de graves inconvénients dnanciers et militaires ; il importe au plus haut degré de les faire cesser. En conséquence, etc., etc.
Le gouverneur général de V Algérie,
Maréchal duc d'Isly.
60 LE XARÉCUAL BCGEÂUD.
vigilance dans les postes régulièrement créés; ou avait multiplié sans autorisation des créations de postes, rentrant ainsi dans le système ingrat et dangereux des blockhaus de la Mitidjah si vivement blâmés par le député-général Bugeaud du haut de la tribune.
Une circulaire fut rédigée à l'adresse des généraux commandants de province; nous en relèverons les passages les plus importants.
En mer à bord dn Panama, le 14 octobre 1845.
Vous savez combien souvent je me suis élevé contre la multiplication des postes permanents, vers lesquels la tendance était générale... Les postes permanents qui ne peuvent être que très faibles, en raison de leur multiplicité, n'assurent pas les communications et n*ont aucune action sur le pays« L'action réelle, la véritable puissance est dans les troupes qui tiennent la campagne... les postes qui no sont pas d'une nécessité absolue et parfaitement démontrée doivent être soigneusement évités, car ils sont une source d'embarras, de faiblesse et de danger...
Les postes-magasins ou de ravitaillement qui sont indispensables pour favoriser la mobilité des colonnes n'ayant qu'une faible garnison, ne sont chargés, à proprement parler, que de leur défense ; ils ne doivent pas prétendre à la domination du pays qui les environne, car ils en sont parfaitement inca-* pables. Tant que le pays est calme et obéissant, le chef de ces postes doit, sans doute, surveiller l'action des chefs indigènes, se faire faire des rapports par eux, les faire venir de temps en temps auprès de lui, etc., etc. Mais ce chef ne doit jamais