CHAPITRE U
oubliés dans les éloges, bien que leurs fatigues et leur ardeur ne pussent être comparés aux fatigues des colonnes expéditionnaires.
Au quartier général à Alger, le 3 mars 1846.
Miliciens d'Alger,
Quand Abdcl-Kader parut sur le bas Isser, presque toutes nos forces opéraient loin de la capitale. Cette circonstance et le voisinage de Tennemi pouvaient susciter la révolte dans les plaines qui entourent la Mitidja. Des agents et de nombreuses lettres de Tex-Émir y échauffaient les esprits.
J*ai cru le danger assez grand pour faire un appel à votre patriotisme : vous y répondîtes par Torganisation de deux bataillons mobilisables et pleins d*ardeur.
Bien plus au loin que sur les lieux, quelques intérêts se sont alarmés de cette mesure de prudence ; vous êtes restés étrangers à ces impressions, et j'ai vu, à votre attitude, que Ton pouvait compter sur vous pour la défense de notre établissement.
Je vous félicite et vous remercie de ces nobles dispositions. Vous les conserverez : elles sont indispensables au peuple dominateur des Arabes. Ses premières garanties se trouvent dans le sentiment énergique de sa conservation et du maintien de son autorité sur le peuple vaincu.
Les événements qui avaient provoqué la mesure ont disparu et rien n'annonce qu'ils doivent se reproduire bientôt. Néanmoins je veux essayer de maintenir encore votre organisation et de vous réunir quelquefois le dimanche.
Gela ne doit pas vous empêcher de donner avec confiance cours à vos affaires. On sait qu'au premier signal vous accour rez tous sous le drapeau.
88 LE MARÉCHAL BUGEAUI).
Ce signal ne vous sera donné qu*autant que les circonstances rcxigoraient.
L'autorité connaît les exigences de votre situation aussi bien que votre dévouement à la France et à la colonie.
Le gouverneur général, Le Maréchal duc d*1slt.