‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 48 sur 206 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Adieu, je n'ai que le temps de vous dire que nous vous aimons, tous tant que nous sommes, et que nous aimons et honorons votre femme.

Signé : Bugeaud.

Pour en finir avec celte campagne semestrielle, la plus rude qui ait été accomplie par les Français en Afrique, on doit constater qu'elle priva le maréchal de trois de ses principaux compagnons d'armes. Le général de Bourjolly dut rentrer définitivement en France. Les colonels Korte, Comman et Géry durent résigner leurs commandements pQur raison de santé. Le repos vint trop tard pour les deux derniers, qui moururent peu de temps après, épuisés de fatigue.

Une lettre écrite, à cette époque, par le maréchal Bugeaud au duc d'Aumale nous donne un aperçu très exact de la situation. Comme d'habitude, le maréchal, plein de confiance, ouvre son cœur tout entier au jeune prince, « celui qu'il chérissait à l'égal da ses enfants », nous disait M*"** la comtesse Feray. On jugera les préoccupations que causaient au maréchal ses généraux aussi bien que l'Émir. De l'intéressante correspondance du maréchal Bugeaud avec son lieutenant le duc d'Aumale, trouvée dans les papiers de famille, nous avons cru devoir publier seulement les dépêches militaires, jugeant tout au moins inutile de révéler au public les confidences intimes et quelquefois amères que le vieux soldat ne craignait pas d'adresser au fils du Roi.

102 LE MARÉCHAL BUOEAUD.

Ijt maréchal Bugeaud à S.A. R. le duc d'Aumale,

Alger, 6 avril 1846.

Mon Prince,

J*ai rhonneur de vous adresser copie de quelques-unes de mes lettres au général Marey et au général Yusuf.

Je pense qu*il vous sera utile de les lire. Elles vous feront connaître en grande partie mes idées et me dispenseront de vous écrire aussi longuement.

Je suis effrayé de Tusure rapide de notre cavalerie. Il ne reste à Yusuf que iOO chevaux fatigués sur 800 qu'il a eus à sa disposition depuis le 9 mars.

Il me reste 4 escadrons pour relever les 400 chevaux qui restent au général Yusuf, à savoir : l'escadron du capitaine Talet, sous Milianah; 2 escadrons, l'un du P' chasseurs, l'autre du 5", qui sont à Médéah ; un escadron du 5", qui est avec le colonel Ladmirault à Ghabhounia. Enfin^ je pourrai ramasser une centaine de chevaux dans les dépôts du 1*^ d'Afrique et du 5" chasseurs pour porter cette colonne à .500 chevaux. Mais c est là tout ce qui me reste ; et comme la cavalerie que ramènera le général Yusuf aura besoin de six semaines ou deux mois pour se refaire, vous voyez qu'il arrivera un moment où nous serons réduits à l'impuissance.

Déjà j'ai été obligé d'envoyer dans le Dahra la colonne Blangini avec seulement 20 spahis. Il a dû être rejoint par une partie du goum de Ben Mahiddin.

JYprouve en ce moment une assez grande indisposition, r'onl un gros rhume de poitrine avec fièvre. Ceci et le retour d'AlMl«»l-Kaderchez les Ouled-Naîl ont empêché mon voyage h ih'iin.

NouK avons ou toutes les peines du monde h alimenter la

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