‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 49 sur 206 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

colonne du général Yusuf, et encore a-t-il été entravé faute de . vivres et d'orge. Que serait-ce donc si nous avions plusieurs colonnes de cavalerie, comme le veulent les grands capitaines de France? Il est vrai que leur cavalerie n'a pas besoin de convoi, elle ne mange pas et elle vole.

Je voudrais bien faire une diversion sérieuse dans le Maroc, mais en vérité je ne sais comment je pourrai réunir les troupes nécessaires en présence de toutes les autres nécessités qui nous assiègent et surtout en laissant la ligne du Sud suffisamment gardée contre les tentatives d'Abdel-Kader.

Toutefois j'y songe sérieusement, et j'envoie dans ces vues un bateau extraordinaire à Oran et à Tanger.

Je pourrais, à la rigueur, réunir 7 ou 8,000 hommes d'infanterie, mais il me faudrait 2,000 chevaux, et comment les trouver, lorsque notre cavalerie est dans ce moment éreintée sur tous les points ?

A la vérité, il va arriver un régiment de chasseurs tout frais en échange du 9® qui nous laisse tous ses chevaux. Peut-être pourrons-nous réunir 1,500 chevaux vers le 15 mai. C'est douteux, et puis, en le faisant, il faudra renoncer à agir contre le Désert, sur trois points comme je l'aurais voulu. C'est tout au plus si nous pourrons agir sur un. Cependant nous pourrons faire venir une colonne de Sétif avec quatre escadrons pour agir dans le sud-est du Tittery. J'attends pour en donner l'ordre que cette nouvelle phase de la guerre soit bien dessinée.

Recevez, mon Prince, l'assurance de mon respectueux

dévouement,

Maréchal duc d'IsLv.

P. S, — Je donne l'ordre au général Marey d'organiser, dès à présent, une colonne en infanterie, cavalerie et trans-

ports pour relever toutes les troupes du général Yusuf, qui, sauf quelques détachements de cavalerie, sont en campagne depuis plus de six mois.

L*escadron de Milianah et un petit escadron que je ramasserai dans les dépôts se rendront vers le 15 à Médéah, afin qu'il y ait environ 500 chevaux à cette seconde colonne.

Je pense, mon Prince, que vous serez de retour à Médéah à cette époque. Il me tarde de vous y voir parce qu'il y a peu d'accord entre les généraux Marey et Yusuf. Hâtez, je vous prieT votre arrivée le plus possible.

Je dois dire que le général Marey a fait tout ce qu*il a pu pour seconder le général Yusuf, et que c'est à tort que celui-ci se plaint.

Vous verrez par mes lettres au général Yusuf que ses plaintes pourraient bien avoir pour objet de couvrir la non-réussite de ce qu'il avait imprudemment annoncé pouvoir faire.

Quoi qu'il en soit, comme il a outillé sa colonne de moyens de transports pour porter les sacs de l'infanterie, les besaces do la cavalerie, que d'ailleurs il est en relations avec plusieurs chefs du Désert et que son genre convient bien, en général, aux Arabes de cette contrée, je crois qu'il est bon de lui confier le commandement de la seconde colonne.

Si le colonel de Noue, qui commande la cavalerie, était fatigué, on pourraitle remplacer par d'Allonville, que je garde tout exprès à Blidah.

Apres de mûres réflexions et effrayé des excentricités de Yusuf, je laisse au général Marey la liberté de prendre le commandement de la colonne qu'il organise.

Maréchal duc d'Isly.

Au printemps de colle même annexe, nos provinces algi'^riennes reçurent la visite de plusieurs 'princes

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