CHAPITRE III. H
possible chez les Ouled-Naïl et à prendre ensuite pour base d'opérations TOuennougha et le Djurjura, vous pensiez qu'il importait d'agir avec des forces considérables dans le premier de ces groupes de montagnes, parce qu'il vous semblait utile d'enlever à l'ennemi un de ses points d'appui et aussi d'avoir immédiatement des troupes sous la main, pour marcher sur Abdel-Kader, dans le cas d'un mouvement de sa part vers le Nord-Est. Aujourd'hui que l'Émir est en pleine retraite vers l'Ouest, cette opération vous parait moins utile; mais Abdel-Kader peut revenir, sinon immédiatement, du moins l'hiver prochain, lorsque le Tell deviendra à son tour tributaire du Désert. Si donc il n'y a plus la même urgence à tâcher de soumettre l'Oucnnougha, il y a la même utilité pour un avenir qui peut être très prochain. 11 est d'ailleurs pour l'avenir et pour le présent très utile de punir le plus possible les tribus qui ont donné assistance à l'Émir.
La difficulté que vous signalez pour la soumission complète de l'Ouennougha est réelle. Il est certain qu'en totalité ou en partie, les populations se retireront chez les Kabyles des pentes sud du Djurjura. 11 entrerait bien dans mes vues de les y suivre, mais j'ignore jusqu'à quel point cela est possible avec les forces que l'on pourrait réunir, en y comprenant la colonne de Sétif. Je pense qu'il y aurait 3 ou ^,000 baïonnettes ; c'est beaucoup, peut-être n'est-ce pas assez pour pénétrer profondément chez les Beni-Yala et Beni-Madrhous, dont le pays est, dit-on, très difficile, mais avec cette force-là on peut aller détruire les moissons et les vergers que ces tribus possèdent dans la plaine et sur les premières pentes. La destruction de leurs principales richesses de l'année serait toujours un bon châtiment pour l'assistance que ces tribus ont fournie à Abdel-Kader, et nous avons dit combien il était
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important de punir, (i*une manière ou d^uno autre, quiconque avait secouru notre ennemi.
On ferait savoir h ces tribus que Ton ne vient que pour rela. Une conduite pareille vis-à-vis d'une partie des populations qui bordent la vallée de Bo^bni a produit les meilleurs effets. Je pense donc qu'il faut la pratiquer le plus promplement possible vis-à-vis de TOuennougha et des tribus qui les touchent par les pentes sud du Djurjura. Cela me parait plus pressant que toute autre chose. Vous voyez déjà, mon Prince, que c'est votre troisième projet que j'adopte. Je n'y fais qu'une seule modification, c'est qu'au lieu de respecter complètement le Ksenna supérieur et le pays des Bcni-Yala, je voudrais que Ton abordât les parties qui ne seraient pas par trop difficiles. pour en détruire, autant que possible, les récoltes et punir ces tribus dans la mesure de notre puissance du moment, après les avoir prévenues, par dcsieltres qu'il sera toujours facile de leur faire parvenir, du seul motif qui nous amène chei elles.
Je vous le répète, mon Prince^ il y a de cela un précédent favorable sur le revers nord du Djurjura et on ne sera pas obIig:é pour cela de prendre toute la Kabylie.
Sans doute, il faudra t<H ou tard établir un jM$ie'mnga$m dans l'est du Tittery, non pour dominer le pays, car il n'y a (|ue les colonnes suffisantes qui dominent, mais pour avoir des approvisionnements et quelques ressources pour les malades et les blessés plus à portée des colonnes qui opéreront.
Il est trop tard, à présent, pour commencer les conslnictions d'un poste-magasin. On ne pourrait être en mesure d'établir dos baraques en planches que vers la fin de juin, époque à laquelle eoinmonc^nt les maladies. C'est donc l'époque où il faut agir le moins possible, soit en changeant, soit en détruisant, soit en remuant la terre. On n'aurait d*ici à l'hiver que le temps de faire de très mauvais provisoire qui