CHAPITRE in
d'Afrique. Ils disent à présent que ce n'était rien ; que cela ne valait pas la peine de s*en occuper et qu'avec des moyens aussi grands que ceux que j'avais, j'aurais dû faire bien plus vite et mieux!
Je vais me rendre dans la province d'Oran pour bien juger la situation à la frontière de l'Ouest, et empêcher, s'il y avait lieu, de troubler le cours d'affaires qui marchent au gré de nos désirs.
Mille amitiés, mon cher Roches, vous ne serez jamais plus heureux que je ne le souhaite.
Présentez mes hommages à M"* Roches. Il serait bien aimable à vous de nous l'amener entre deux bateaux, si les affaires ne réclament pas impérieusement votre présence.
Votre beau-père doit ôlrc bien content de la tournure qu'ont prise les affaires; elles vont à son gré, mais il doit voir qu'il était bon de parler des grosses dents.
Maréchal duc d'Islv.
Le 20 mai, le marochal eut rail dans rOuarensenis pour y poursuivre les populations rassemblées dans les gorpes qui avoisiiieiil le grand pic. C'était déjà dans ces retraites que les Arabes s'étaient réfugiés lors de la première invasion de 1842. Après avoir laissé le colonel Saint-Arnaud occupé h leur couper le passage, U'. maréchal rentra h Alger le 25 mai. Il y avait apaisement général, et les opérations militaires dans la province dWlger avaient pris fin ; rOuarensenis, le Dalira, le Djebel Amour et les Ouled-Naïl ne donnant plus signe de résistance. Le général duc dWumale rentrait à Alger le 2 juin.
Après avoir paciUé l'Ouennougha, disait le gouverneur gêné-
I^H U: 3l\IIEiUAL IIIi.Il.1I h.
rai dan^ ^son ordre du jonr do i join IhMS. organisé le» cootré^ïTi nouvellement i^ouailses dan.s le désert du TiUerj et reliera qui avaient pri? part à la révolte, le prince laisse dan>
Ifî ralme ♦:t rohéi^-anco une profondeur de liO
P»*iHlaril qii^ It* duc d'Aumale s'embarquait le i juin «iir I»* Titan. p«^ur visilf^r les provinces de rOiirst qu'il Ht? ronnai^SfUt piis encore. le maréchal parlait pour Oran. à boni du Catnèlhm^ et renlrail dans >a capitale après avoir visité Djémâa-GhazaouaL Lt^lla-Ma^Tlinia. Mascara et Tlemcen. II revenait si .\l<:cr, appelé par des préoccupations de famille. Le niai'ia^'c de sa seconde lille avt^c un de ses ofiiciers d'ordiirniance . I«* commandant Ferav, venait d'être fixé, et le hcau-frère du fiancé, le comte de Salvandy, ministre de rinstruction publique, était attendu à Al^rr, où il drvail assister à la cérémonie.
C«' fut à la fin de <:e mois de juin que le Moniteur Ahjonon '}() juin IKitii annonça officiellement la Tondation de la ville dWumale, dans les termes suivants :
\a\ ministre de la <iuerre a décidé, par lettre en date du lî) juin, (|ue rétablissement de Sour-Ghozlan s^appellenit .Unnale en commémoration de ce que Son Alt«?sse Royale a \M}Mi la première pierre de re poste-magasin, qui se transformera (Ml un poste permanent d*occupation.
L(>. rulonel Danmas, le khalifa Mahiddin (du Sebaou) et le licntenant-colonol du f^énir Gnyot-Duclos se sont occupé:* de la rerhenhe d'une eommunication directe entre Alger et Sonr-Ghozlan ù travers la chaîne de TAtlas. Deux directions
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étudiées jusqu'à ce jour ont paru tout à fait impraticables, même pour établir une route de mulets. Trois autres doivent être examinées. On commence à craindre d'être obligé d'établir la communication par Médéah, ce qui donnerait d'Alger au nouveau poste une distance de 48 lieues au lieu de 30 (1).
La Iciire ci-joinle du maréchal au duc d'Aumale fait allusion à ces deux faits, le mariage de mademoiselle Bugeaud et la fondation de la ville d'Aumale.
1a maréchal Bugeaud à S, A, le duc d'Awfiale.
Alger, le 22 juin 1846.
Mon Prince,
Vous m'annoncez dans la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 16, que vous passerez devant Alger sans vous y arrêter. Nous espérons bien qu'il n'en sera pas ainsi et que vous nous ferez, tout au moins, une visite incognito, ne fût-ce que pour signer le contrat de mariage de ma fille, honneur dont nous serions vivement flattés.
Vous espérez trouver sur nos côtes S. A. R. W' le prince de Joinville. Nous apprenons, en effet, que son escadre manœuvre entre les Baléares et Toulon.
(1) Le Moniteur du 5 octobre 1846 disait : « Une colonne d'infanterie, aux ordres du colonel des zouaves de Ladmirault, quittera Blidah le 8 du mois pour se rendre à Sour-Ghozlan et commencer les travaux préparatoires à rétablissement du poste d'Aumaie. — Quatre bataillons, commandés par le général Blangini, seront employés en même temps à ouvrir la route muletière, destinée à établir une communication directe entre Alger et Aumale. « Le journal du 23 octobre ajoutait ceci : « La colonne destinée à jeter les fondements du nouveau poste d'Aumale est arrivée le 15 à sa destination. Les caids des difiFérentes tribus se sont empressés de se rendre au camp du colonel ladmirault. Tous ont donné Tassurance de latranquillité qui règne dans le pays. L'arrivée à Aumale de la colonne d'occupation a augmenté leur confiance et raffeimi leur autorité. »
128> LE MARÉCHAL BUCtEAUD.
Il paraît qu*il n y a pas plus de calme parfait et général en Afrique que de bonheur parfait sur la terre ; pendant que les , provinces d*Oran et d'Aller se sont pacifiées d'une manière inespérée, la province de Gonstantine, jadis si paisible, est hostile sur deux points et légèrement agitée sur d'autres.
M. le général Randon, se trouvant à Tebessa, a voulu évacuer ses malades sur Guelma sans escorte ; un officier de spahis et quatre ou cinq cavaliers indigènes dirigeaient ce petit convoi qui se composait de trente-deux personnes françaises, y compris un capitaine du 5* de hussards et un chirurgien. Arrivé chez les Ouled-Yahia ben Thaleb, il a été assailli par une nuée d'ennemis, et tout a été tué. Je crains bien qu*il n'y ait eu là une imprudence. On dit que les tribus n'avaient pas une attitude satisfaisante ; que la veille, dans le jour, on avait tué un sous-officier, et que, dans la nuit, le camp avait été tiraillé ; que Tofficier de spahis, conducteur du convoi, avait représenté que sa marche sur Guelma était dangereuse, etc., etc. Nous saurons plus tard à quoi nous en tenir.
Le lendemain. M. le général Handon a écrasé une partie des Ouled-Yahia, il leur a pris et tué du monde et a capturé {'i à 15.000 tètes de béttiil. Puis il s'est approché de Guelma pour refaire ses vivres. Le général Bedeau lui a envoyé un bataillon et un escadron de renfort, et il a dû rentrer à Tebessa le 18.
Le colonel Eynard a livré deux combats assez sérieux aux insurgés du nord de Sétif. Le premier s'est livré près du camp, dont les Kabyles s'étaient approchés, et il a été peu décisif. Le jour suivant on a pénétré chez les montagnards; on s'est battu pendant plusieurs heures, et les villages ont été détruits. La tribu des Amoucha a demandé l'aman, ce qui prouve que, ce jour-là, nous avons pris un grand ascendant. M. le colonel Eynard devait marcher le lendemain sur