CHAPITRE 111. Iâ
les Kabyles de Touest de Sétif et paraissait compter sur le prompt apaisement de la révolte. Nous avons eu dans les deux affaires 9 hommes tués et 97 blessés.
{Confidentiel.) M. le lieutenant-colonel Lheureux est envoyé près du général Bedeau pour lui offrir l'intérim du gouvernement général. M. le général de fiar désire un congé pour se rendre en France avec moi. Vous savez que M. le général d'Arbouville commande la province d*Oran, en intérim, par décision du Conseil.
Nous ne commencerons sérieusement qu'à Tautomne le poste de Sour-Ghozlan. Des maladies s*étant manifestées, les docteurs ont conçu des doutes sur la salubrité ; je fais examiner la question. En attendant la fin de septembre, nous allons nous préparer de tout point, et faire une route muletière à travers les montagnes des Beni-Moussa et Béni- Sliman. Dès qu'elle sera faite, on transportera des matériaux pour le poste. Je vais employer au travail six bataillons qui seront campés dans des lieux très sains, parce qu'ils sont élevés et qu'il y a de bonnes eaux.
Il était difûcile de commencer rétablissement avant d'avoir cette route. Puis, il fallait laisser refaire les mulets du pays qui sont dans un état affreux.
Nous sommes heureux, Monseigneur, que vous emportiez, en quittant TAfrique, une nouvelle sympathie pour son armée. Soyez bien convaincu qu'il y a réciprocité.
Oui, l'armée d'Afrique est digne de vos sentiments et de l'estime de la nation. Depuis huit mois surtout, elle répond à tout ce que la France et le Roi pouvaient attendre d'elle.
J'ai reçu des lettres de Tanger. On n'y avait, avant Tarrivco du bateau, que des nouvelles vagues du massacre de nos prisonniers. Le consul, dans une dépèche digne et ferme, presse de nouveau l'Empereur d'en finir avec Abdcl-Kader
130 Lt: MAUÊCHAL BUGEAUD.
et le reste de la Deïra. Il lui témoigne mon impatience et mon irritation.
Selon M. de Château, les sentiments favorables de TEmpereur auraient fait des progrès depuis le retour de Tambassadeur qui lui a donné des assurances de la sincérité de nos intentions pacifiques et bienveillantes.
M. de Château insiste pour que nous ne fassions aucune opération profonde dans Tempire du Maroc. Tout au plus admettrait-il une course chez les Beni-Snassen de trente-six ou quarante-huit heures, ce qui serait parfaitement nul et même mauvais. Outre qu'on n'aurait le temps d'y rien faire, on s'en reviendrait avec des coups de fusil à l'arrière-garde. Il vaudrait mieux ne pas y aller du tout. Du reste, M. de Château espère, d'après les bonnes paroles qu'on lui a données, que d'ici à deux ou trois mois les choses s'arrangeront sans notre participation.
L'impression qui me reste de cette correspondance et des faits précédents, c'est que la diplomatie est tout à fait impuissante. Toutefois il faut attendre l'automne pour bien juger la situation. Si la Deïra se recompose, si l'Algérie est encore menacée d'une invasion, mon opinion est qu'il faudra frapper sérieusement sur les grandes tribus de la frontière qui entretiennent ce Coblentz menaçant pour le repos de l'Algérie.
Agréez, mon Prince, l'assurance de mon respectueux cl entier dévouement.
Maréchal duc d'Isly.
Co fut le 7 juillet 1846 que débarqua à Alger M. de Salvaiidy, ministre de rinstruclion publique. C/étail le premier ministre qui depuis la conquête louchait la terre d'Algérie. Il était accompagné, indé-