‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 59 sur 206 · LA KÂBYLIE. — DÉPART DÉFINITIF · texte numérisé non relu

LA KÂBYLIE. — DÉPART DÉFINITIF

L'impôt arabe. — Les déboires. — Soumission de Ben-Salem et Bel-Kassem. — Prise de Bou-Maza. — Campagne en Kabylie. — Adieux à la colonie. — Départ définitif (5 juin 1847). — Proclamations à l'armée, à la marine et aux colons. — Les lieutenants du maréchal jugés par luimême. Changarnier, Bedeau, Lamoricière. — Les jeunes officiers. Le cabinet militaire. — Eynard ; L'Heureux ; Garraube ; Fourichon ; Trochu ; Rivet; Feray.

Rentré en France dans le courant du mois de juillet, le maréchal Bngeaud passa tout son congé en famille, au château de la Durantie. Les élections ayant eu lieu au mois d'août, ses compatriotes d'Excideuil renouvelèrent son mandat, en même temps que le ministère, présidé par M. Guizot, recevait des électeurs de France un nouveau bill d'encouragement. « Toutes les politiques vous promettront le progrès, » avait dit le ministre, au moment des élections, « la politique conservatrice seule vous le donnera. » Malheureusement l'opposition libérale et dynastique, aussi bien en Algérie qu'en France, allait, par ses imprudences et ses intrigues, renverser ces deux grands représentants de l'autorité et du progrès, après avoir lassé leur courage et dénaturé leurs intentions.

Et cependant, quels citoyens, autant que ces deux

hommes au tempérament si divers, se consacrèrent avec plus de dévouement, d'abnégation, on pourrait dire de passion, au service de leur pays?

Le court repos du maréchal à la Durantie était encore employé par lui à s'occuper de l'Algérie, et nous trouvons, à la date du 15 octobre, un rapport sur l'impôt arabe où l'esprit pratique, le bon sens du vieux soldat dut bien étonner les bureaucrates de Paris, qui, du fond de leurs cabinets, avaient préparé un projet de loi sur l'assiette et la perception des impôts arabes. Cette longue dépêche, écrite sous les ombrages de la Durantie, prouve comment les hommes de ce temps envisageaient leurs devoirs et quelle conscience ils apportaient à leur accomplissement.

Voici quelques passages de ce remarquable travail :

Le maréchal Bugeaud au maréchal ministre de la guen^,

La Durantie, le 13 octobre 1846.

Monsieur le Ministre,

J'ai reçu copie de la lettre que vous avez écrite à M. le gouverneur intérimaire en date du 26 septembre relativement à la régularisation de Timpôt arabe. Vous me demandez aussi mon opinion.

J*ai cru, et je crois encore, que Ton se pressait beaucoup trop de vouloir régulariser les impôts arabes d*aprës les idées et les principes de la comptabilité et de la perception française. Régulariser les impôts arabes, sont, à mon avis» deux mots qui jurent de se trouver ensemble à Tépoque actuelle de la conquête.

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