‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 63 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des obstacles et des scrupules qui ont été, sinon suscités, au moins encouragés par l'état de nos finances. Mais vous devez être mieux au courant que moi de toute cette situation, et bientôt, d*ailleurs, vous pourrez en juger par vous-même. J'espère avoir l'occasion d'en causer quelquefois avec vous ; il me tarde aussi de vous entretenir de tout ce qui regarde l'armement de notre infanterie et l'amélioration de notre tir; c'est une haute question et qui mérite, je crois, de fixer la sérieuse attention de tous les hommes de guerre.

Veuillez croire, mon cher maréchal, au bien sincère attachement de votre affectionné

H. D'OftLÉANS.

Je n'ai pas oublié l'appel que vous m'avez fait en faveur de l'église d'Aumale. Nous tenons notre offrande à votre disposition, dès que vous ferez savoir qu'elle peut être utile, et qu'il y a quelque travail de prescrit et d'entrepris.

De la même époque nous trouvons ces deux lettres écrites à la maréchale par le maréchal :

Le maréchal Bugeaud à la duchesse d'Isly,

Alger, 20 février 1847.

C'est vrai, chère amie, je ne t'ai pas encore écrit, cela ne me paraissait pas nécessaire. Il me semblait ne pas t'avoir quittée, tant j'étais près de toi; ton atmosphère m'atteint au loin, et je n'ai pas quitté le Sahel.

I^a mollesse du général *** m'oblige à rentrer un ou deux jours plus tôt que je ne pensais. Il a laissé remettre en

T. Ht. iO

146 L£ MAKÉCUAL UUGEAUD.

question par le conseil décapité la chose que nous avions décidé.

Je serai donc, ce soir, près de toi, chère âme; aime-moi un peu de près comme tu m'aimes de loin, et je serai le plus heureux de la colonie- comme je suis le plus puissant. Ah! tu crois que Trochu et Fourichon savent seuls te dire des tendresses I

BUGEAUD

Aumale, le 26 février 1847.

Chère amie, notre journée d'hier a été très mauvaise, et pourtant ma santé n'en a pas souffert. Quoi qu'il en soit, je suis bien décidé à ne pas partir d'ici avant le retour du beau temps. J'ai pris aussi la résolution de retourner directement à Alger pour ne pas dépenser deux jours de plus en passant par Médéah. La lettre dont tu m'as parlé n'était pas si mauvaise que tu paraissais le croire. Le ministre est embarrassé par l'adoption à la légère du système de M. de Lamoricière et par l'ordonnance qui crée huit communes. Quoi qu'il en soit, j'ai répondu convenablement. J'attends d'un moment à Tautre Ben-Salem, Bôu-Chareb et le frère de Bel-Kassem- Ouled-Kassi. Amour à tous.

BUGEAUD

Dans la lettre qui suit, adressée à son confident Gardera, le maréchal s'épanche à cœur ouvert. Il fait allusion aux critiques et aux attaques de Topposition contre son système de guerre et de colonisation. M. Guizot le pressait, ardemment de venir à cette époque à Paris défendre lui-même ses idées.

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