‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 65 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

comme accessoire. On ne. Tappuie par aucune des grandes considérations; on lui donne la plus petite portée possible, on l'excuse bien plus qu*on ne le recommande et qu'on n'en démontre Futilité. Je compte infiniment sur la vôtre. C'est maintenant l'œuvre du ministère; vous ne voudrez pas lui faire éprouver un échec. Pour mon compte^ je n'y attache qu'un intérêt patriotique ; mon intérêt personnel s'accommoderait fort bien de l'insuccès. Je suis déjà un peu vieux pour la rude besogne d'Afrique, et vous savez que si je tiens à conserver le gouvernement après avoir résolu les questions de guerre et de domination des Arabes, c'est uniquement pour faire entrer le pays, avant de mè retirer, dans une voie de colonisation qui puisse perpétuer notre conquête et délivrer la France du grand fardeau qu'elle supporte. Il y a de l'amélioration dans ma santé; j'espère que je pourrai partir.

Le maréchal Bugeaud à Monsieur Guizol.

Alger, le 15 mars 1847.

C'est encore de mon lit de douleur que je vous écris. Ayant besoin de guérir vite, j'ai supplié le docteur de m'appliquer

Ja froide et précautionneuse colonisation militaire. — Ce système, nous le répétons, séduirait beaucoup de monde ; mais il était basé sur une question préjudicielle : appeler le capital. — Appeler le capital quelque part, n'est pas chose facile. Il faut lui offrir de grands avantages et une grande sécurité. Les grands avantages, le général de Lamoricière les trouvait dans des terres considérables, concédées au plus bas prix et qui, avec une mise de fonds relativement peu élevée, donneraient les produits les plus riches et des produits croissant d'année en année. La sécurité, il la promettait par l'application d'un autre système de gouvernement : ce système, depuis longtemps conçu par le général de Lamoricière, comme nous l'avons vu lors de la création des Bureaux arabes, était l'assimilation réciproque des deux nations. Faire cesser l'antagonisme, voilà quel était, suivant lui, le problème à résoudre. Il le résolvait par l'assimilation et la civilisation. »

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les remèdes les plus énergiques pour dissiper ma Tiolente maladie de poitrine : les pommades révulsives, les vésicatoires. les purgations, les compresses camphrées, Teau sédative, rien n'a été négligé. On m'a martyrisé ; ma poitrine n'est qu'une plaie, et cependant il n'y a pas d'amélioration dans mon état intérieur. Je commence à craindre sérieusement de n*ètre pas en état de me rendre à Paris avant la fin du mois, et. dés lors, qu'irais-jc y faire? Le parti sera pris ; s'il est favorable . la chose ira probablement bien : s'il no l'était pas, ce ne serait pas moi qui ferais changer le résultat.

J'apprends, par une lettre particulière, les noms des commissaires de sept bureaux de la Chambre pour les crédits d'Afrique. Je crois la majorité d'entre eux très peu favorable. Le Gouvernement, qui est si fort dans tous les bureaux, n'a donc pas cherché à faire prévaloir les candidats de son choix.

Tout ceci est d'un bien mauvais augure.

Devant Téchoc qu'il subit au Parlement, le maréchal malade, découragé, prit la résolution définitive de quitter TAfrique : il Tannonça ainsi au premiermim'stre :

Le mnri^chnl fiiigenud i) Monnietir Guizot.

Al^r. 21 mare 1847.

M. le Ministre de la (îuerre a sans doute déjà fait connaître an Conseil ma détermination de me retirer devant Taccueil (fuc la Chambre a fait au projet de loi sur les colonies militaires. Je suis sûr que, ht petto, vous approuverez ma résolution. De même (pie vous ne voudriez pas, en gouvernement, défendre des idées qui ne seraient pas les vôtres, vous penserez que je ne dois pas plus vouloir appliquer en Afrique des systèmes de colonisation et de gouvernement qui répugnent

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