‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 87 sur 206 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

marchande un avancement à ceux d*Afrique, tout aussi anciens et qui mènent depuis dix ou douze ans la vie la plus dure et la plus laborieuse ! Pour faire justice, il nous faudrait . quatre ou cinq maréchaux de camp.

Je suis bien reconnaissant de Tautorisation que vous mo donnez d*aller tuer vos lièvres de Chantilly. Il est probable que je n'en abuserai pas, car j'aurai beaucoup d'affaires pen-' dant la session. Mais j'irai peut-être deux ou trois fois dans tout l'hiver, si vous avez la bonté de laisser des ordres pour cela à vos gardes.

Si vous me le permettez, mon Prince, je vous communiquerai mes idées sur la manière de compléter la domination de la Grande Kabylie sans aucune occupation nouvelle et seulement par la force morale déjà acquise par nos expéditions de cette année et par celles qu'il me parait encore nécessaire de faire.

Je n'ai pas besoin de vous dire^ mon Prince, que je fais les vœux les plus ardents pour vos succès dans la belle tâche que vous vous imposez avec tant de générosité. Vous voulez, ditesvous, marcher sur mes traces ; moi, je veux que vous les élargissiez, et je serai bien heureux si vous faites mieux que moi; je ne serai pas le dernier à le proclamer.

Agréez , mon Prince, l'assurance de mon respectueux dévouement.

Maréchal duc d'Isly.

S, A, R, le duc (TAumale au maréchal Bugeaud^ au château

de la Durantie,

Palais de Saint-CIoud, 5 septembre 18i7.

Mon cher maréchal,

J'ai reçu vos lettres des 9, 27 et 31 août ; je n'ai pas besoin de vous dire combien j'ai été sensible à tout ce quelles ren-

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ferment de cordial et d'affectueux, et avec quel intérêt j'ai lu ce que vous voulez bien me dire de quelques graves questions. Votre estime me sera toujours précieuse, et je serai toujours heureux de connaître votre opinion sur les difflciles affaires auxquelles je vais me trouver mêlé désormais. Vous ne m'en voudrez pas Je l'espère, de ne pas vous avoir répondu plus exactement ; vous excuserez les préoccupations qui m'absorbent un peu, je l'avoue, en présence de tout ce que je vais quitter.

Avant de connaître vos judicieuses observations, j'avais déjà entretenu M. Guizot de Vacte que l'on imputait au gouverneur de Melilla et qui paraît aujourd'hui avéré. M. Guizot, en ce moment absent de Paris, m'a répondu qu'il donnait à Madrid et à Tanger des instructions pour surveiller Abdel- Kadcr et prévenir les Espagnols. Il m'a annoncé que le gouverneur de Melilla venait d'être changé.

J'ai lu avec un vif intérêt ce que vous me dites des affaires du Maroc et de la manière d'opérer des Bcni-Snassen ; cela m'a rappelé des conversations que nous avons eues l'année dernière à Alger et à Djemàa-Ghazaouat ; je vous, prie de croire que j'en garderai bien bonne note , le cas échéant. Mais j'ignore ce que l'avenir peut nous prescrire de faire pour cette grave question du Maroc, question européenne, et que l'état actuel de nos relations avec l'Angleterre rond encore plus délicate.

Vous me parlez aussi des inconvénients que présentent les postes de Lella-Magrhnia, d'Aïn-Temouchcnt et de l'Oued Hiou. J'avais déjà été frappé de l'insalubrité du premier de ces points. Mais je ne vous cache pas que l'évacuation de trois postes dans une province aussi turbulente me paraît une opération difficile, au moment surtout où le commandement change de main. C'est une question, d'ailleurs, que je compte

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