CHAPITRE V
examiner sérieusement, surtout après ce que vous m*avez dit.
Quant k la réduction de reffectif, je partage entièrement votre manière de voir; je ne Tai pas caché, et j*ai fait toutes mes réserves sur les conséquences qui en pouvaient résulter. Il m'a été impossible de sauver le bataillon de chasseurs et le 2* hussards, ce qui privera la division d*Oran de quatre escadrons excellents. Les trois régiments d*infanterie désignés pour être relevés le seront successivement. Leur retour sera précédé de l'arrivée des corps destinés à les remplacer. Le mouvement de quatre autres bataillons de chasseurs est retardé. J'ai donc obtenu quelque chose, mais pas tout ce que je désirais.
J*ai encore parlé à M. le ministre de la guerre des avancements à accorder à Tarmée d'Afrique ; je lui en parle sans cesse. J'ai obtenu quelques engagements, mais pas un acte. J'espère cependant que ce mois-ci ne s'écoulera pas sans que cette brave armée obtienne quelques-unes des récompenses qu'elle mérite si bien. Mieux vaut tard que jamais.
Je n'ai pas cru devoir intervenir dans les modifications que des changements d'organisation ou d'autres motifs vont apporter dans la composition du personnel de l'administration civile ; je ne le connaissais pas assez pour éclairer le Gouvernement à cet égard, et j'ai pensé que d'assez lourdes responsabilités pèseraient sur moi quand je serais en fonctions sans les compliquer encore à Tavance. J'ai constamment dit de M. Fouché tout le bien que j'en pensais ; je n'ai pas ignoré que vous étiez satisfait de lui. Je ne connaissais aucunement M. Vaisse qui doit lui être donné comme successeur ; je l'ai vu, pour la première fois, il y a trois ou quatre jours. Du moins ai-je insisté pour qu'aucune nomination ne fût faite avant que M. Fouché ne fût pourvu dans la magistrature d'une position élevée, digne de ses services, et qui ôtât à son rappel
le caractère d'une disgrâce qu'il ne me parait pas mériter. J'ai également obtenu de M. le ministre des finances la promesse que la première recette particulière convenable qui viendrait à vaquer serait réservée au comte Guyot, et qu'il serait pourvu avant la session. M. Fouché ne doit pas ignorer l'intérêt que je lui ai constamment témoigné dans ces circonstances.
Agréez, mon cher maréchal, l'assurance du sincère attachement de votre affectionné
H. d'Orléaus.
Dans le billet suivant adressé à M"' Feray, le maréchal annoDce à sa fille chérie la nomination probable du duc dWumale. II lui parle des évéocmeiils de France, de ses préoccupations pourTavenir.
Le maréchal Bugeaud à la comtesse Feray,
La Durantie, le 3 septembre 1847.
Je te remercie de ta lettre du 8, chère Bellonie, bien qu'elle m'ait donné beaucoup de peine à défricher. Ne peuxtu pas, pour ton père du moins, te décider à écrire plus lisiblement? Ton écriture en pattes de mouche effrayée est peut-être de fort bon ton ; mais le bon ton n'est pas toujours aimable. Tu retardes mon bonheur, tu le môles d^impatience, et avec toi je voudrais toujours être serein.
Tu veux que je t'écrive souvent et longuement parce que tu crois que, n'étant plus gouverneur, je n'ai plus d*affaires. Détrompe-toi. Jamais je ne fus exploité avec plus d'activité. Ma maison ne désemplit pas. Non seulement on me force d'écrire sans cesse, mais encore on me ronge mon temps et