CHAPITRE vr
A cet appel « d'union d ont seuls répondu en 1871 les zouaves royalistes qui se sont fait tuer à Patay. Mais combien Tout mal compris les républicains du 4 septembre, dont Tunique souci a été d'essayer de terroriser la province et de disperser les conseils et les municipalités, tandis que les intransigeants, aux émeutes du 31 octobre et du 22 janvier, faisaient, sans le vouloir, le jeu de nos ennemis les Prussiens !
Bugeaud voyait vrai. En 1814 et 1815 Paris a capitulé un mois après Montmirail, quinze jours après Waterloo. En 1870-71 Paris n'a capitulé que six mois après Reiçhshoffen parce que la ville était fortifiée. La preuve que Bugeaud voyait juste, c'est que l'opinion militaire en France a été unanime après la capitulation de 1871 non pas à démanteler Paris, mais à en perfectionner les fortifications, par la constr.uction des redoute'^ de grande ceinture. Bugeaud, certes, les eût demandées lui-même, s'il avait été témoin du perfectionnement de l'artillerie à grande portée. La construction des nouveaux forts de Paris n'est donc que la reproduction des idées du maréchal Bugeaud adaptées à la pratique des circonstances après les événements de 1871.
Pour la défense nationale, Bugeaud ne croyait pas seulement à la nécessité de la substitution de deux ou trois vastes camps retranchés au système de petites forteresses multipliées. Il croit surtout à la nécessité d'une armée solide. Il parle d'un chijBFre d'efiectif auquel les idées de son temps avaient peine à s'habi-
tuer, 200,000 hommes d'abord, 500,000 ensuite. (12 mars 1832 (1).
On i)araît trop généralement croire qu'à la paix nous IK)urrons réduire notre armée et que de simples cadres suffiront. Ce serait là, Messieurs, une erreur très grave, très dangereuse si les Chambres et le Gouvernement pouvaient la partager. Nous n'avons pas le bonheur, conmie l'Angleterre, d'être entourés par la mer ; comme les États-Unis d'être à 2,000 lieues de toutes les puissances qui pourraient nous attaquer. Nous avons d'immenses frontières ; il nous faut une puissante armée pour les garder et pour faire respecter l'indéiyendance du pays. Je ne pense pas que nous puissions, dans aucun cas, réduire notre armée à moins de 250,000 hommes...
Le général Demarçay a dit qu'il fallait une armée de 500,000 hommes. Ici je suis complètement de son avis.
Ojjfiy Messieurs, il faut une armée toujours disponible, toujours prête, toujours bien organisée, qui puisse être portée à 500,000 hommes.
C'est pour la France une nécessité de sa position géographique, de son contact avec des puissances militaires qui, pouvant former une coalition en silence, pourraient l'envahir en peu de temps. Il faudrait bien alors leur opposer des forces sur plusieurs points de nos immenses frontières, et 500,000 hommes ne sont pas trop considérables...
Le 27 mars 1834, au cours de la discussion de la loi sur les pensions militaires, il dit :
(1) Dans le discours de 1840, il parle surtout de Paris et Lyon, mais dans un autre discours il avait parlé auïisi d'un camp retranché sur la Loire.