‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 110 sur 294 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

plus énergîquement le budget du collège militaire de la Flèche, et revient sur cette idée déjà développée par lui :

... En vérité, à voir cette manie de supprimer tout ce qui touche aux intérêts de l'armée, on croirait que Ton n'a plus besoin d'encourager l'esprit militaire, qu'on est arrivé à l'impraticable paix de l'abbé de Saint-Pierre, qui aurait licencié toutes les armées de l'Europe.

ISTous n'en sommes pas là, Messieurs; nous sommes entourés de puissances guerrières; nous les touchons par 400 lieues de frontières ; notre système de gouvernement diffère du leur ; il faut être prêt à tout événement. Il importe donc d'entretenir de fortes armées et d'encourager l'esprit militaire.

Un autre jour il entreprend Téloge de Tttrmée :

Jamais, s'écrie-t-il, elle n'a rendu plus de services. Elle \ r \!y

a fait respecter les lois ; elle a rétabli leur sainte autorité ; ' f

elle a pacifié la Vendée; elle a pris Anvers, et, par son \^ -V attitude imposante, elle a fait respecter la France par l'Eu- c. rope ; car on n'a point osé l'attaquer. (Au centre : Très bien I)

L'industrie, le commerce, les arts ont pu se développer malgré toutes les attaques portées contre l'ordre social. L'armée sait qu'elle rendra plus de services en combattant les factieux que les ennemis à la frontière ; car là, on pourrait perdre une bataille sans compromettre pour toujours l'État ; si l'on perdait une bataille contre les factieux il en résulterait des malheurs d'une grande portée.

Messieurs, ne laissez pas faire brèche à vos institutions militaires ; car elles vous seront longtemps d'une grande uti-

236 LE MABéCHAL BUGEAXTD.

lité. Voyez ce que sont devenues l'Espagne et l'Italie pour avoir négligé la profession des armes au profit de l'État monarchique. (Od rit!)

L'orateur suivant, M. de Salverte, niant que Fesprit militaire puisse être détruit chez les Français, Bugeaud répond : a: Sous Charles-Quint, l'Espagne était très militaire ; elle ne Ta pas été plus tard. y>

A la séance du 19 mai 1835, il demande l'enseignement de la gymnastique dans l'armée.

Notre armée est encore une institution que l'on attaque chaque année et qui, par cela même, ne répond pas à ce qu'on devait attendre d'elle ; car l'incertitude, l'instabilité arrêtent tout progrès, tuent toute émulation.

... Il y a sans doute des exercices de M. Amoros qui peu * vent paraître du charlatanisme... Mais certains exercices de gymnase seraient de la plus grande utilité pour les troupes. Dans les marches forcées, par exemple, M. Amoros exerce les hommes à faire trois lieues en une heure, le sac sur le dos, en courant, sans être essoufflés et même en chantant des chansons, qui excitent le moral guerrier et forment le cœur. (On rit.)

Oui, Messieurs, dans une foule de circonstances, à la guerre, la gymnastique peut être d'une grande utilité. S'agit-il de s'emparer d'un poste avant l'ennemi, on est obligé de faire courir des bataillons. Souvent il n'y a que le drapeau et quelques soldats énergiques qui arrivent; le surplus reste en arrière.

Eh bien 1 avec la gymnastique tout le monde arriverait.

Si des murailles étaient défendues, quelque mauvaises qu'elles fussent, il serait fort difficile d'y grimper. Mais on

Page 1