‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 121 sur 294 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

En Algérie toutefois, dans Faxmée et parmi les colons, ce langage fut goûté. Ce ton de brusque franchise, ce dédain des précautions oratoires, ce mélange de pensées originales, de conseils et d'idées pratiques, se retrouve en effet dans les proclamations du général Bugeaud, comme dans les discours du député d'Excideuil.

a Aujourd'hui, au mois de mars 1841, écrivait Veuillot dans son livre « les Français en Algérie », après dix ans d'occupation, c'est une chose triste à contempler que la carte de

agréable plabanterie et réponds : Oui, c'est la muraille de la Chine que je veux moins sa hauteur, sa largeur qui, nécessaires, je n'en sais rien, contre des Tartares, seraient superflues, j'en suis sûr, contre des Arabes. Je veux me 'garantir des déprédations des nomades par une ligne défensive continue, k l'exemple des Chinois qui élevèrent contre les Tartares , il y a plus de deux mille ans, une longue muraille de cinq cents lieues, appuyée d*un côté à la mer, de l'autre aux montagnes inaccessibles du Thlbet ; et qui plus tard, lorsque leur population croissante les obligea de chercher de nouvelles terres au delà de la grande muraille, enveloppèrent d'un retranchement continu leur nouvelle province de Leio-tou ; à l'exemple des empereurs Antonin et Adrien , qui, dans le nord de la Bretagne, élevèrent d'une mer à l'autre deux retranchements continus contre les Piotes ; à l'exemple du Bas-Empire qui construisit au travers du Caucase un mur du Pont-Euxin à la mer Caspienne pour préserver l'Asie méridioDcile des ravages de ces nomades redoutables , connus successivement sous les noms de Scythes , de Huns et enfin de Tartares. Ce qui ne serait que ridicule contre des armées européennes est à sa place contre des Arabes, jo {De la colonisation en Algérie et des fwtifications propres à garantir les colons des invasions des tribus africaines, par le général Bogniat; (1840.

Le vicomte Joseph Rogniat ( 1767-1840), général de division de l'arme du génie, était né à Vienne en Dauphiné. Il servait sous Moreau en 1800 et fit les campagnes de 1805 et 1807. Chef de bataillon au siège de Dantzig, il y prenait une part distinguée. Colonel en Espagne, il concourut aux sièges de Saragosse , de Tortose , Tarragone et de Valence , et rentrait en France général de division. Il passait en 1813 à la grande armée et fortifiait les ville de Dresde. En 1814 commandait le génie à Metz, inspecteur général du génie et pair de France y en 1830. On lui doit quelques ouvrages, entre autres des relations du siège de Wiragosse et de Tortose et des considérations sur l'art de la guerre. Mais hous ne pensons pas que le général Bogniat, général du génie, passe jamais k la postérité pour avoir trouvé l'ingénieuse conception du petit fossé algérien I

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nos possessions en Afrique. Sans donte la teinte par laquelle il plaît à nos géographes de les indiquer se développe sur une belle étendue de côtes , et il ne tient qu'aux Parisiens de s'y promener du doigt et de TœiL Regardons de plus près; marquons en noir ce qui nous appartient véritablement, et tâchons de faire bien petits ces points qui vont être si peu nombreux. Posez la plume sur Alger : Alger est à vous et même, pourvu que la nuit soit encore éloignée, vous pouvez vous promener à une lieue aux environs.

Trois ou quatre autres points dans un rajon de trois & quatre lieues ; ce sont vos postes ou camps de Maison Carrée j du Fondouk, de VHabra^ etc. Vous possédez la surface qu'ils occupent et les alentours jusqu'à portée de fusil, mais à condition de n'y rien semer, de n'y rien bâtir ; à condition d'avoir derrière vos fossés suffisamment de vivres et de munitions pour attendre la colonne de ravitaiUement. Lorsqu'il n'y a pas d'eau dans l'intérieur du camp, les soldats ne vont à la fontaine qu'en force suffisante ; ils sont dévorés de vermine, excédés de fatigue et d'ennui, décimés par la fièvre, par le soleil, par les exhalaisons pestilentielles des marécages. Heureux ceux qui peuvent lire quelques lambeaux d'un vieux journal I J'ai entendu des officiers enfermés dans ces prisons brûlantes, dire que l'esprit le mieux trempé ne peut résister à trois ou quatre mois d'un pareil supplice. Beaucoup s'adonnent aux liqueurs fortes, demandant à l'abrutissement de les sauver de la folie.

Mais poursuivons : un point à Douera, un pointa Boti^arik, autre à Blidah; deux points pour Coleak^i Ckerchell, Vous entretenez dans chacun de ces endroits un certain nombre de troupes et quelques cabaretiers qui empoisonnent ce que la fièvre et l'Arabe ont laissé vivre. Voilà votre province d'Alger! Quant à tout ce que vous n'avez pas marqué, il

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