‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 126 sur 294 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

chaussures de rechange, seulement ses vivres, ses munitions et ses armes. La viande sur pied accompagnait la colonne. Les bagages suivaient ou restaient en réserve. Les soldats durent avoir des vêtements larges, la plupart du temps flottants sur ]a poitrine; le col fut supprimé et remplacé par la cravate de cotonnade. Le képi léger et mou devint la coiffure générale.

L'ordre de marche des colonnes était presque toujours ainsi réglé : la cavalerie, le gros de Tinfanterie, Tartillerie, Tambulance, le convoi, le troupeau et une solide arrière-garde. On campait en carré, Tinfanterie sur les quatre faces, la cavalerie, Tartillerie, l'étatmajor et tous les bagages au centre en dedans de rinfanterie. La nuit, des grand'gardes de surveillance étaient établies en avant des faces du carré. On partait, suivant la saison, de trois à six heures du matin ; toutes les heures il y avait une halte de vingt minutes pour la tête de la colonne , qui ne repartait que quand T arrière-garde avait rejoint.

Arrivés à la moitié de la journée de marche, on faisait une grande halte d'une heure environ que Ton appelait le café^ parce que c'était la seule préparation que les troupiers eussent le temps de mener à bien. Dans les journées de marche ordinaire on s'arrêtait au bivouac à deux ou trois heures de l'après-midi, on abattait de suite la viande et le soldat faisait cuire pour le soir la soupe et le bœuf. — Le matin, avant le départ, il prenait le riz.

Lorsque, pendant la marche, il était nécessaire de

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pousser rapidement une pointe, il arrivait quelquefois que le commandant de la colonne, après avoir laissé dans une bonne position tous les bagages et le convoi, sous la garde d'un ou deux bataillons, partait avec la cavalerie et le restant de l'infanterie, auquel il avait fait déposer les sacs au même endroit que les bagages. Le fantassin, qui n'avait plus à porter que son fîisil, sa giberne et des paquets de cartouches dans la tente I roulée en bandoulière, partait allègre et plein d'ar- I deur, entonnant une chanson de bivouac.

Tous ces détails de l'équipement du soldat, les mille soins qu'exige une marche en campagne, aussi bien que les innovations importées dans notre façon de combattre les Arabes et d'occuper le pays, absorbèrent entièrement le nouveau chef de la colonie. Jusqu'alors, il faut bien le dire, les gouverneurs qui s'étaient succédé en Algérie, tout étant animés d'excellentes intentions, étaient loin de posséder ce patriotisme ardent, ce dévouement entier, absolu à leur œuvre, à leur tâche, dont le général Bugeaud donna le rare exemple. Toutefois, si les prédécesseurs du général Bugeaud n'avaient point possédé ces hautes qualités si nécessaires pour administrer et gouverner les hommes, il est juste de dire que lorsqu'il arriva en Afrique, au mois de février 1841, le nouveau gouverneur eut la fortune de trouver autour de lui, et en sous-ordre, une réunion d'officiers et déjeunes chefs de corps qui, chacun dans leur sphère , avec des aptitudes et des caractères différents , étaient déjà des soldats remarquables et devaient presque tous devenir d'illustres

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